08/07/2026
Et si la préparation mentale devenait une vraie partie de l'entraînement ?
Cette semaine à Lamotte-Beuvron, une chose m'a particulièrement interpellée : la place encore très limitée accordée à la préparation mentale.
Nous sommes aux Championnats de France. Les chevaux arrivent préparés physiquement pendant des mois. Mais les cavaliers sont-ils préparés avec autant de soin ?
J'ai vu des larmes après une barre. J'ai entendu des :
« J'ai fait de la m***e. »
« C'était nul. »
À l'inverse, certains sortaient de piste persuadés d'avoir réalisé le tour parfait.
Et si, finalement, le vrai sujet n'était ni l'un ni l'autre ?
La préparation mentale, ce n'est ni se dévaloriser, ni se convaincre que tout était parfait. C'est être capable d'analyser sa performance avec lucidité.
Se demander :
- Qu'est-ce qui a bien fonctionné ?
- Qu'est-ce qui est à améliorer ?
- Que vais-je travailler pour progresser ?
Sans dramatiser. Sans se mentir.
Un autre point m'a fait réfléchir : l'état physique de certains cavaliers en sortant de piste.
Oui, il faisait chaud.
Mais combien de cavaliers avez-vous vus sortir le visage rouge, le souffle très court ou les épaules complètement crispées ?
Le stress et l'anxiété activent naturellement le système nerveux sympathique. Le cœur accélère, la respiration devient rapide et superficielle, les muscles se contractent et la précision des mouvements diminue.
Or, en équitation, nous demandons exactement l'inverse : de la finesse, de la mobilité, de la coordination et de la disponibilité.
Notre cheval ressent chacune de ces tensions.
La préparation physique est indispensable.
La préparation mentale l'est tout autant.
Respirer efficacement, apprendre à gérer son dialogue intérieur, utiliser une routine, visualiser son parcours ou savoir revenir dans l'instant présent sont des compétences qui se travaillent. Elles ne sont pas réservées aux sportifs de haut niveau.
En bord de piste, on me dit souvent :
« Waouh, votre cavalière est calme ! »
Non elle n’est pas qu'elle est calme. Elle est prête.
Le stress n'a pas disparu. Elle a simplement appris à l'utiliser plutôt qu'à le subir.
Et c'est peut-être là la question que chacun de nous devrait se poser :
Combien de temps consacrons-nous à entraîner notre cheval... et combien de temps consacrons-nous à entraîner notre cerveau ?
Le mindset ne se construit pas le jour d'un concours, et encore moins celui d'un championnat.
Il se construit, séance après séance.