17/09/2026
Beaucoup de messages, en commentaires ou via Messenger, me demandent des tutos ou me disent que mes vidéos sont utilisées comme support. C’est gentil, motivant, gratifiant (🔝🔝🔝🔝🙏) et c’est aussi révélateur de cette époque où, depuis son canapé, on peut devenir expert en 90 jours à raison de 15 minutes par jour… ou apprendre la guerre urbaine via WhatsApp.
Je sais que je suis un prof qui va au-delà de la simple reproduction des techniques. J’insiste sur la mise en place, l’optimisation des ripostes, la lutte contre la sidération, le rattrapage du temps de ret**d, la gestion de la distance, l’adaptabilité, les espaces confinés, le mental, le côté reptilien, la gestion de l’environnement, la férocité des ripostes, etc. Tout cela, je l’enseigne à mes élèves. Et justement, je me dois d’être honnête avec ceux qui viennent régulièrement aux cours et aux stages.
Je ne peux pas leur dire que leur investissement ne fait aucune différence. Parce qu’il en fait une. Un élève qui vient régulièrement en cours, qui participe aux stages, qui répète, qui se confronte aux situations proposées, qui accepte les corrections et qui travaille sur la durée n’est pas au même endroit que quelqu’un qui regarde quelques vidéos et reproduit les mouvements chez lui.
Ce n’est pas une question de valeur humaine. Mes vidéos peuvent montrer une technique. Elles peuvent donner une idée du travail. Mais elles ne montrent pas tout ce qui est travaillé en cours et en stage :
La mise en place.
Le timing.
La distance.
Les réactions.
La pression.
Les erreurs.
Les corrections.
L’adaptation.
La capacité à continuer quand ça ne se passe pas comme prévu.
Et surtout, tout ce travail se fait avec moi, avec les autres élèves et dans des situations que l'on ne peut pas reproduire simplement en regardant un écran.
Et il y a aussi une chose qui me paraît importante concernant les stages. Venir à un stage, quel que soit l’enseignant en face, quel que soit son niveau ou son expérience, c’est venir avec de l’humilité. Pas avec le « boulard ». Malheureusement, j’ai pu constater que certains sont venus avec un sacré boulard. Et parfois, c’est justement lorsqu’ils ont été corrigés que ça s’est le plus vu. Une correction n’est pas une attaque contre votre niveau. Vous êtes là pour apprendre. Si vous venez à un stage en pensant que vous n’avez rien à apprendre, vous avez déjà raté une partie du stage. Jamais, au grand jamais, je n’ai adopté une telle attitude lorsque je suis allé en stage chez quelqu’un. Et je n’accepterai pas non plus qu’un de mes élèves se comporte comme ça.
On peut avoir de l’expérience. On peut avoir un bon niveau. On peut enseigner soi-même. On peut avoir des années de pratique derrière soi. Mais venir pour se tester ou pour nous tester, alors que nous sommes dans le partage et la bienveillance… c’est de l’ordre du « mindset de coq ».
Alors oui, je suis content que mes vidéos circulent et qu’elles intéressent du monde. Mais je veux aussi être très clair sur un point : je valorise énormément les élèves qui viennent souvent en cours et qui participent aux stages. Ils donnent de leur temps, de leur énergie et de leur implication. Je ne vais donc certainement pas faire comme si quelqu’un pouvait regarder mes vidéos à distance et arriver au même niveau qu’un élève qui travaille avec nous régulièrement. Ce serait manquer de respect à ceux qui s’investissent réellement.
Et si un jour je dois comparer leur niveau à celui d’autres pratiquants, je serai le premier à reconnaître le travail de ceux qui ont été présents, qui ont bossé et qui ont accumulé les heures. Parce que dans notre discipline :
Regarder n’est pas pratiquer.
Pratiquer une fois de temps en temps n’est pas la même chose que s’investir régulièrement.
Et un stage n’est pas l’endroit où l’on vient démontrer ce que l’on pense déjà savoir. C’est l’endroit où l’on vient apprendre.
Silat ultime syl
Ultimate coaching