31/05/2024
Résumé de l'avant dernier match des vétérans:
« Ca plane pour les vétérans »
« Soyez à l’heure les gars ! » avait martelé Fabio qui lui-même arriva en re**rd mais toutefois le premier. « On joue Safran et on est souvent long au décollage ». Chacun y alla de son explication, plus ou moins recevable. « Mon tuteur n’a pu me conduire qu’à 9 heures 30, se justifia Fonfon toujours privé de son permis. »
« J’ai dû attendre l’ouverture de Auchan car je n’avais plus de Nutella à mettre dans ma galette au beurre matinale, expliqua le ventripotent Kevin Boudegras. »
« Moi, je ne sais pas lire l’heure, bégaya Lalanne » qui visiblement ne connaissait pas encore ses jours car il n’était pas convoqué ce jour-là.
Maxence Gervais, qui n’est ni petit ni Suisse contrairement à ce que son nom semble indiquer, se permit même d’arriver à la demi-heure de jeu. Cela n’eut aucune incidence sur le onze de départ car
quoi qu’il en soit, il n’aurait pas été titulaire. Nous n’étions donc que onze au coup d’envoi. Enfin… douze si l’on compte Fabio. Mais il compte pour du beurre, ou plus exactement pour de la margarineA propos de gras, j’aimerais défendre mon ami Mehdi Chati qui est souvent la risée de ses camarades pour ses tares. Il est facile de se moquer de quelqu’un qui n’a pas la possibilité intellectuelle de se défendre.
Avant même d’aller s’échauffer, le pauvre Mehdi était victime de crampes. C’est terrible de voir son corps dépérir à ce point. Il est désormais contraint de s’échauffer avant d’aller s’échauffer. Jérôme
Pointel, médecin auto désigné du club car il a fait de la SVT jusqu’en 6ème, tenta d’expliquer aux ignares qui lui tournaient le dos la cause de ce physique déplaisant. « C’est parce que Mehdi manque de… » Il n’eut pas le temps de prononcer « magnésium » que les réponses fusèrent de partout.
« Il manque de… talent ! » « Il manque de… finesse ! » « Il manque… de qualités humaines ! » « C’est un pauv’ type ! » « A mort ! Qu’on lui jette des lardons ! » entendit-on même pour les plus extrémistes. On demanda aussitôt à Omar de se calmer.
Certes, toutes ces réponses respiraient la vérité, mais auraient pu vexer Mehdi si celui-ci avait laissé son sonotone ouvert. Nicolas, seul joueur censé (avec Stan qui est 100 C aussi, mais de bonnet),
reprit les choses en main et demanda à ce qu’un échauffement collectif ait lieu. « Les gars, on se met en deux colonnes. » Ben répliqua du tac au tac « de Colonne ? Ca tombe bien : c’est la seule eau que je bois. »
Le match débuta étonnement, car Scoop, joueur désopilant malgré lui, chuta en bout de course mais parvint à redresser le ballon. Finissant sur le dos et hors du terrain, on eut pu le confondre avec un tétraplégique tombé de son fauteuil de souffrance. Quoi qu’il en soit, le ballon frappé par sa prothèse orthopédique trouva une trajectoire improbable et trompa le gardien adverse, gêné par ses
larmes d’amusement. 1-0. Nous résistions sans trop être en difficulté jusqu’à la mi-temps et l’entrée en jeu de Maxence.
La seconde période commença et rapidement, le pataud Mehdi Pointel concéda un énième pénalty sur une main. A sa décharge, il est vrai que ses pattes simiesques prennent de la place.
Naturellement, Stan ne bougea pas sur ce pénalty pourtant mal frappé. 1-1.
La partie était tendue et indécise. A propos de partie, le malheureux Kévin s’entrechoqua avec un adversaire et souffrait à l’endroit précis du début de phrase. Heureusement, tout est relatif et
proportionnel, ce qui fit que la douleur était minimaliste. Pensons plutôt au joueur adverse qui fut coincé dans le nombril de Kév’.
Jérôme Pointel se tourna vers son accesseur Guillaume Thieulent pour vérifier si les 90 minutes de jeu étaient effectuées. Ne voyant plus Guillaume sur la touche mais à la buvette, il en conclut qu’il
pouvait siffler la fin du match sur ce score de parité.
Dans le vestiaire, Fabio félicita ses joueurs « Bravo, les gars. Mais on rejoue dans trois jours, j’espère que vous en avez gardé sous le coude. »
« Coach, on dit sous le pied, pas sous le coude. »
« Non non, sous le coude. Car mercredi, il y a barbecue géant ! Que chacun pose un RTT jeudi ! »
Chaque semaine, notre journaliste interview un acteur majeur du club (joueur, dirigeant…).
Aujourd’hui, exceptionnellement, c’est l’équipe vétérans entière qui est mise à l’honneur.
Le journaliste : La saison touche à sa fin, quelqu’un souhaite nous raconter son meilleur souvenir ?
Fabio : Oh… moi, vous savez… je ne me rappelle déjà pas d’hier soir…
Lalanne : Sacré Fabio et ses trous de mémoire !
Fabio : Bah raconte toi !
Lalanne : C’était quoi la question déjà ?
Le journaliste : A l’image de « I will survive » de France 98, y-a-t-il une chanson qui pourrait faire
office d’hymne dans votre vestiaire ?
Stan : « J’aime la saucisse et le jambon » de Licence 4.
Ben : Comme aujourd’hui c’est l’anniversaire de ma fille, je verrai bien le titre phare de Thiéfaine « La
fille du coupeur de joint. »
Fonfon : Spontanément je pense à « Elle venait d’avoir 18 ans. » de Dalida.
Le journaliste : Je crois que le titre exact c’est « Il venait d’avoir 18 ans. »
Fonfon : Ah ? De toute façon en Thaïlande on prête peu d’importance à cette différence. Ce qui
importe, c’est que mon avocat ait réussi à jouer sur la prétendue majorité de l’enfant.
Le journaliste : Vous avez fait montre de solidarité tout au long de l’année. Avez-vous un exemple ?
Guillaume : Je me souviens qu’une fois, alors que j’arrivais à la buvette, Fabio venait de prendre le
dernier sandwich au saucisson à l’ail. Et bien en voyant mon désarroi, il a partagé. C’était un magnifique moment. Voyez, j’ai encore les larmes aux yeux en vous en parlant.
Fabio : Et le mardi au boulot, on en reparlait également quand on a fait notre pause de 9 heures à 16 heures.
Le journaliste : Le lundi vous voulez dire ?
Fabio : Non. Le mardi. Tous les lundis je suis en RTT pour raison médicale.
Le journaliste : Votre président Polo cherche toujours ce qui pourrait être ajouté pour améliorer le
club. Une idée ?
Arnaud : Si l’on pouvait mettre du papier toilette double épaisseur, ça arrangerait mon unique slip.
Le journaliste : Et qu’est-ce qui vous semble inutile ?
Omar : Ce qui me semble inutile, c’est le shampooing de Polo.
Kévin : Et le peigne de Polo.
Maxence : Et Polo.
Mehdi Ahmadat : Puis-je ajouter une remarque raciste sur les origines asiatiques de notre président ?
Le journaliste : Je ne préfèrerais pas.
Mehdi Ahmadat : Mince. Du coup au lieu de paraphraser mon ami Eric Zemmour, je me contenterais
d’un sobre « Dehors Polo ! »