16/07/2025
🪂 Vendredi 11 juillet 2025
Mathieu décolle de Houéville sans savoir qu’il va enfin réaliser un rêve qu’il porte depuis 3 ans : rejoindre Dijon en parapente, 130 km plus loin.
Toujours prêt pour le grand voyage, ce jour-là, toutes les planètes s’alignent : météo, motivation, et une bonne dose de persévérance.
👉 Voici le récit d’un vol marquant, du ciel jusqu’au retour à Houéville, avec le sourire et un rêve accompli.
"Nous sommes le vendredi 11 juillet 2025.
En me réveillant ce matin, je ne sais pas encore que je vais réaliser un de mes rêves de parapentiste : faire un vol de distance en parapente, mais pas n’importe lequel… Houéville-Dijon.
Cela ne paraît pas grand-chose, mais depuis mon envie de crosser, c’est LE VOL qui me donne tellement envie à chaque fois que je foule le décollage du site de Houéville.
Maintenant que j’ai accompli ce rêve, je me rappelle que ça fait 3 ans qu’à chaque fois que je vais voler sur ce site, ma seule ambition est de faire un vol jusqu’à Dijon.
Rares sont les fois où je suis allé là-bas juste pour faire un vol sur site. À chaque fois que je me suis mis en l’air, je me préparais pour « le grand voyage ». Toujours le plein d’eau, de nourriture, de quoi me couvrir si je posais à Dijon un peu plus t**d et que je sois obligé de prendre le train. De l’espèce, ma carte bancaire sur moi, une batterie externe pour pouvoir recharger mon téléphone, bref la totale.
J’ai réalisé un rêve, j’ai réussi une belle performance de 130 km, mon record depuis mes débuts en parapente, et comme prévu j’avais tout ce qu’il fallait pour être à l’aise en vol et pour rentrer jusqu’à Nancy.
Voici quelques détails de mon vol.
Comme très souvent, on est plusieurs à se rejoindre sur le site le jour J, après en avoir discuté la veille et en ayant examiné les conditions météo. Ce jour-là, Thierry, Florian, Seb, Mathieu R et Jérôme W sont présents.
Les autorisations de la base militaire pour une extraction ont été données pour 14h15. Nous ne tenons pas en place et rappelons la base à 13h45 pour leur demander de nous confirmer l’heure, et banco, ils nous disent qu’à partir de 14 heures, nous pouvons nous mettre en l’air.
Nous sautons vite dans nos sellettes et attendons un créneau qui arrive très vite : à 14h10, nous décollons tous pratiquement en même temps.
Nous arrivons tous très vite à un plaf intéressant pour pouvoir s’extraire, 1600 m pour certains. Pour ma part, je veux suivre les premiers qui partent pour ne pas être en ret**d, et je prends le risque de partir en étant moins haut, 1450 m d’altitude lorsque je quitte le thermique en allant tout droit. Je continue à monter un instant jusqu’à 1500 m.
Le fait d’être partis ensemble nous a tous bien aidés au début pour trouver les premiers thermiques. Mais comme à chaque fois, la grappe « vol » vite en éclat. Entre les rapides, comme Florian et Thierry ce jour-là, ou encore Jérôme, qui part chercher plus à l’ouest.
Je me retrouve donc derrière avec Mathieu R, mais tout en dépassant Seb, qui n’a pas eu de chance ce jour-là et se retrouve très vite très bas. Mathieu R finit par poser quelques kilomètres plus loin. Je me dis que ce n’est pas si évident que ça aujourd’hui.
Je fais le maximum pour aller vite et rattraper mes deux copains en me disant que ce sera plus facile à trois, mais ils ont pris un petit peu d’avance. Je continue donc mon vol tout seul, et j’apprends à la radio que Florian a posé quelques kilomètres avant Langres. Il ne reste plus que Thierry et moi.
À la radio, Florian me dit qu’il m’aperçoit passer au-dessus de lui et m’encourage à ne rien lâcher. Cela me donne de la force et me motive évidemment.
Je finis par retrouver Thierry, mais ce n’est pas évident du tout de rester en l’air. On essaye de se donner un coup de pouce tant bien que mal, puis Thierry retrouve quelque chose et repart.
Je suis en recherche de thermique. Je ne lâche rien, dans du rien du tout : +0,2, +0,4, juste de quoi ne pas perdre d’altitude, et je me dis qu’un thermique va peut-être déclencher. Tant que je ne perds pas d’altitude, je prends la décision de rester dans cette zone. Enfin, c’est ce que je croyais, mais avec le vent météo, même en enroulant du tout petit, j’avance quand même.
De Vrécourt jusqu’à Colombes-les-Choiseul, j’évolue dans du très petit et très galère. La patience a fini par payer : pour la première fois du vol, je me retrouve à une altitude plutôt sympa : 1750 m.
Je décide donc d’avancer, puis un autre plaf plus loin à 1700 m, un point bas à 800 m, puis un plaf à 1850 m. Plus j’avance, et plus les plafs sont hauts, comme les prévisions l’annonçaient.
Je me retrouve à 2020 m, mon plaf du jour, à Chatoillenot. Je continue avec une altitude très confortable jusqu’à Épagny, une ville à 10 km avant Dijon, où je me retrouve à 550 m d’altitude.
Je me bats de toutes mes forces pour ne pas poser ici et atteindre vraiment mon objectif. Je refais un plaf à 1550 m et ne cherche pas plus loin. Je sais que je vais atteindre Dijon en finesse. Je n’ai qu’une envie : c’est de poser, car les derniers thermiques ne sont pas très agréables. Le vent rentre fort, je décide donc de poser dans un champ à l’ouest de Dijon en faisant les oreilles et en accélérant. Je descends à la verticale sans même avancer.
Me voilà posé dans un champ très proche d’une route, à 10 minutes de la gare de Dijon en voiture.
Je réalise enfin que j’ai accompli un vol qui me faisait rêver depuis bien longtemps, puis replie mon matériel.
Je me retrouve au bord d’une route, je tends le pouce et me fais prendre au bout de quelques voitures par une dame très sympathique qui me dépose à la gare.
Pas de train ce jour-là avant 21h40, et le train met 4 heures pour arriver à Nancy, plus de temps qu’il m’a fallu pour venir de Houéville (3h40 de vol). Je décide donc de prendre un BlaBlaCar. En l’attendant, Jérôme W m’appelle et me dit que lui aussi est à la gare. Super !!! Nous nous rejoignons et plions sa voile sur la place de la gare.
Je me mets en route avec mon BlaBla qui est censé me ramener à Nancy, mais je leur propose de me déposer à une sortie d’autoroute à 10 min de Houéville pour récupérer ma voiture et éviter de devoir revenir la chercher demain.
Ils me déposent donc dans un endroit pas très fréquenté, mais une voiture s’y trouve arrêtée, un homme, une femme et un petit garçon à l’intérieur. Je leur explique que je dois me rendre à 10 minutes d’ici pour récupérer ma voiture après avoir fait un vol en parapente, et ils me disent avoir fait voler leur fille en situation de handicap il y a à peine deux semaines.
Je trouve ça incroyable et leur dis : « Ne me dites pas que vous avez volé avec Nancy Vol Libre ? » Ils me répondent que oui, il y a deux semaines, leur fille avait fait un vol avec Michel, le président du club.
Ils décident donc de me déposer jusqu’à Houéville, à ma voiture, arrivé à 21h42.
Je peux vous dire que le vendredi 11 juillet 2025, c’était MA JOURNÉE. La chance était mon amie, qui m’a accompagné du décollage jusqu’à mon retour à Houéville."
Trace: https://www.syride.com/fr/pilotes/Mathieu_M/3118107/3d