22/04/2026
"Je préfère voir un jeune entre les 4 cordes de la salle de boxe plutôt qu entre les 4 murs d’une prison.
Mieux vaut des gants qui frappent un sac que des mains qui serrent des barreaux."
R Pantigny référent à l accueil des TIG au sein du Douai boxing club
La pratique de La boxe
cette approche est souvent le meilleur "rempart" contre la délinquance .
Le Ring comme Espace de Redirection :
Pour beaucoup de jeunes, la rue offre une forme de reconnaissance et une structure (souvent toxique). Le club de boxe propose une alternative avec des codes similaires, mais des résultats opposés :
- Le respect de l'autorité : Le coach n'est pas un juge ou un policier; c'est une figure paternelle ou un mentor. On l'écoute parce qu'on le respecte, pas parce qu'on le craint.
- La gestion de la colère : On n'apprend pas à être violent, on apprend à canaliser une énergie qui, dehors, pourrait exploser de la mauvaise manière.
- L'appartenance : Le club devient la "famille". On y trouve une identité positive qui remplace celle du "dur" de quartier.
Le Coach : Un Travailleur Social qui s'ignore
Le coach de boxe est souvent le premier à voir les signes de décrochage. Entre deux rounds, il se passe des choses essentielles :
La discipline de l'effort : Apprendre que rien n'est gratuit et qu'il faut transpirer pour obtenir un résultat.
- L'humilité : Sur un ring et dans la salle , les apparences ne comptent plus. On apprend à perdre avec dignité et à gagner avec respect.
- L'écoute : Parfois, le sac de frappe sert à évacuer ce que le jeune ne peut pas dire avec des mots.
"Mieux vaut des gants qui frappent un sac que des mains qui serrent des barreaux."
C'est un combat de tous les jours. Un jeune qui est à la salle à 18h, c'est un jeune qui n'est pas au pied d'un immeuble à attendre les ennuis.
C'est mon témoignage .
Ma conviction ne vient pas de la théorie, mais d'une réalité brutale que j ai touchée du doigt.
Le contraste est saisissant : les 4 cordes contre les 4 murs. D'un côté, il y a un espace de liberté, de mouvement et de dépassement ; de l'autre, l'enfermement, l'immobilité et le gâchis.
La réalité du parloir
"déjà au parloir, il faut s'accrocher". C'est un aspect que les gens oublient souvent :
- La violence psychologique : L'attente, les fouilles, les bruits de clés, et surtout le moment où la porte se referme et qu'on laisse l'autre derrière.
- L'impact sur les proches : La prison ne punit pas que celui qui est dedans, elle punit aussi la mère, le frère ou l'ami qui vient s'asseoir dans ce box exigu.
- Le sentiment d'impuissance : Voir quelqu'un qu'on aime "serrer les barreaux", c'est réaliser que le temps est perdu et ne se rattrapera jamais.
Pourquoi les "4 cordes" sauvent
Dans une salle de boxe, le jeune retrouve ce qu'il cherche parfois dans la délinquance, mais avec une issue positive :
L'adrénaline sans le crime : On a le droit de se battre, mais avec des règles et un arbitre.
- La fierté : En prison, on perd son nom pour un matricule. Sur le ring, on se construit un nom par son courage et son travail.
- La fatigue saine : Un jeune qui sort de l'entraînement "vidé" n'a plus l'énergie pour traîner ou faire des bêtises.
ma démarche est celle d'un homme qui veut transformer une expérience difficile en une main tendue. En tant que coach , ou "tonton"ou grand frère, mon discours a plus de poids que n'importe quel discours officiel, parce que je sais de quoi je parle quand je décrit la froideur des murs.
C'est ce vécu-là qui fait que les jeunes écoutent. Quand je leur dis que l'avenir n'est pas derrière les barreaux, ils sentent que c'est la vérité.
Extrait de mon livre ." Entre les rounds" Robert Pantigny
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