06/07/2026
Il y a des personnes dont on retient les résultats.
Et puis il y a celles dont on retient surtout la trace qu’elles laissent dans la vie des autres.
Arnaud Hingant fait incontestablement partie de cette deuxième catégorie.
Après plus de quinze années consacrées au développement du badminton normand, Arnaud s’apprête à ouvrir un nouveau chapitre de sa vie professionnelle. Une page se tourne pour lui… mais aussi pour la Ligue de Normandie, tant son empreinte restera durable.
Son parcours d’entraîneur professionnel débute en 2008 à Fougères. Il rejoint ensuite le Comité Départemental du Calvados avant d’intégrer la Ligue de Basse-Normandie. En 2015, il devient le tout premier responsable du Pôle Espoir normand, une mission qu’il fera grandir avec passion, exigence et une vision profondément humaine de la performance.
Le bilan sportif est évidemment exceptionnel.
Sous sa responsabilité, le Pôle Espoir a accompagné plusieurs générations de jeunes vers le plus haut niveau. Parmi eux, Alex Lanier, devenu l’un des meilleurs joueurs français, Lucas Renoir, Téa Margueritte, Anouk Nambot, Driss Bourroum, Arthur Vaugeois… et tant d’autres.
Mais aussi impressionnant soit-il, ce palmarès ne raconte pas tout.
Parce que lorsqu’on a demandé aux entraîneurs, aux anciens pensionnaires et aux polistes actuels ce qu’ils retiendraient d’Arnaud, aucun n’a commencé par parler de médailles.
Ils ont parlé d’un homme.
D’un collègue sur qui l’on pouvait toujours compter. D’un entraîneur passionné. D’un mentor. D’un modèle.
Yann Boulet résume parfaitement ce qui le caractérise : son goût du partage, de la coopération… mais aussi son âme de joueur. Arnaud aime les défis, les challenges, le jeu sous toutes ses formes. Une facette que tous les jeunes ont retrouvée dans sa pédagogie, lui qui savait transformer les situations d’entraînement en véritables défis ludiques, donnant envie de progresser sans jamais perdre le plaisir de jouer.
Hugo raconte qu’Arnaud lui a transmis bien plus que le badminton : « Aujourd’hui, nous sommes entraîneurs diplômés d’État en grande partie grâce à lui. Il a toujours été mon modèle… au point d’avoir toujours les mêmes raquettes que lui ! »
William, qui l’a accompagné ces dernières saisons au Pôle Espoir, parle quant à lui d’une personne « inspirante », du « meilleur entraîneur de badminton » qu’il ait côtoyé, saluant autant son professionnalisme que ses qualités humaines.
Au fond, c’est peut-être cela qui résume le mieux Arnaud : il n’a jamais simplement entraîné des joueurs. Il a fait grandir des personnes.
Et puis… il y a tous ces souvenirs qui feront sourire tous ceux qui l’ont connu.
Les kilomètres parcourus dans le minibus ou la Lodgy.
Les Championnats de France.
Les compétitions à l’étranger.
Les stages.
Les fous rires.
Les courses d’avant-déplacement où Corinne se demande encore comment il pouvait acheter autant de nourriture… mais avec une seule obsession : que personne ne manque de rien.
Le fameux check en deux temps pour se dire bonjour dont se rappelle Milo.
Le gage du carton que chacun redoutait de transporter après un oubli… Camille, après 15 jours à le porter était enfin débarrassée… avant d’oublier quelques minutes plus t**d son sac de bad au CSN…le fou-rire collectif qui avait suivi reste inoubliable!
Gabin n’a quant à lui jamais pu bénéficier de séances indiv’ malgré les nombreuses relances pour remplir AMS, et atteindre le « taux de remplissage » requis.
Driss Bourroum attend encore sa revanche…il avait passé un sacré mauvais moment sur le terrain et pris 11 et 11 en poule de l’Open de Normandie contre lui… et il ne s’en est jamais remis!
Les concerts improvisés dans le minibus où Beau-papa de Vianney semblait être la bande-son officielle des déplacements.
Les jeux du lundi soir… dont Nina avoue encore aujourd’hui n’avoir jamais compris les règles.
Charlotte garde en mémoire les matchs de hockey dans le gymnase, et les simples contre Arnaud, perdus d’avance parce qu’il connaissait déjà tous les coups… et parce que ses grands bras ne laissaient décidément pas beaucoup de place.
Le meilleur souvenir de Lucas reste le déplacement aux France Séniors en 2016 quand Lucas Corvée est monté sur la première marche du podium.
Arthur V. avait adoré la présence rassurante et le coaching efficace d’Arnaud lors de son déplacement en Suède avec le collectif France. Noémie se remémore les petits jeux qu’il inventait pour garder le contact pendant le Covid, et pour lesquels elle espérait toujours gagner, en vain! Ou le long moment d’échanges qu’il lui avait consacré à l’occasion des France 2026.
D’autres retiendront aussi des expressions devenues cultes :
Samuel préfère : « Il ne fait pas chaud, il fait bon ! » et « On ne va pas à l’entraînement… on va s’entraîner ! »
Et Martin se souvient de cette petite phrase, répétée si souvent : « Sors de ta zone de confort. »
Aujourd’hui, quand on regarde le badminton normand, on retrouve un peu d’Arnaud partout.
Dans les joueurs qu’il a accompagnés jusqu’au plus haut niveau.
Dans ceux qui poursuivent leur progression.
Mais aussi dans les entraîneurs qu’il a formés, conseillés ou inspirés. Certains étaient, il y a quelques années encore, les jeunes qu’il emmenait en stage. Aujourd’hui, ils transmettent à leur tour les valeurs qu’ils ont apprises à ses côtés.
C’est peut-être cela, sa plus belle victoire.
Avoir créé une chaîne de transmission qui continuera bien après son départ.
Alors merci, Arnaud.
Merci pour ton investissement sans compter.
Merci pour ta passion, ton exigence, ton humour, et ta bienveillance.
Merci pour les conseils, les encouragements, les kilomètres parcourus, les défis lancés, les soirées jeux de société, les chansons dans le minibus… et même les rappels AMS.
Tu as fait grandir des joueurs, des entraîneurs et le badminton normand.
Et surtout, tu as marqué tous ceux qui ont eu la chance de partager un bout de chemin avec toi.
Tu ne quittes pas vraiment la famille normande.
Tu en resteras, pour longtemps encore, l’un des visages.
Merci pour tout, Arnaud. Et à bientôt!