10/06/2026
Ils ont découvert que leur fils de 20 ans prenait des antidépresseurs depuis près d'un an.
Ils ne le savaient pas.
Mais ce n'est pas ce qui les a le plus bouleversés.
Ce qui les a touchés, c'est de réaliser le chemin parcouru seul.
Au cours d'un accompagnement parental que je mène actuellement, un père m'a confié cette découverte.
Lui et son ex-conjointe venaient d'apprendre que leur fils de 20 ans suivait un traitement antidépresseur depuis plusieurs mois.
Puis une autre réalité a émergé.
Pendant une grande partie de sa scolarité au collège, il avait également subi du harcèlement.
Là encore, dans le silence.
Sans véritablement demander d'aide. Sans partager l'ampleur de ce qu'il vivait.
Comme beaucoup de parents, ils n'auraient jamais imaginé que leur enfant puisse traverser autant d'épreuves sans les solliciter.
Et pourtant...
Plus j'accompagne des familles, plus je constate que la souffrance la plus difficile à détecter est souvent celle qui ne s'exprime pas.
Par peur d'inquiéter. Par peur de décevoir. Par habitude de tout gérer seul.
Ou simplement parce que certains jeunes ne trouvent pas les mots.
Alors les parents avancent avec les informations dont ils disposent.
Souvent avec amour et sincérité.
Mais parfois très loin de ce qui se joue réellement.
Cette réalité nourrit chez moi une conviction de plus en plus forte.
Bien sûr, les jeunes ont besoin d'être accompagnés.
Ils ont besoin d'espaces pour se comprendre, renforcer leur confiance, clarifier leur direction et développer leurs propres ressources.
C'est ce qui m'anime profondément dans mon travail auprès d'eux.
Mais j'ai également compris qu'un jeune ne se construit jamais seul.
Il grandit au contact des adultes qui l'entourent.
De leurs mots. De leurs attitudes. De leurs réactions.
De leur capacité à rester des repères lorsque la vie devient confuse.
C'est pourquoi je ne vois pas l'accompagnement des jeunes et celui des parents comme deux démarches concurrentes.
Je les vois comme complémentaires.
Plus un jeune développe ses ressources intérieures, plus il gagne en autonomie.
Plus les adultes qui l'entourent gagnent en clarté, en cohérence et en stabilité, plus ils deviennent capables de lui offrir un cadre sécurisant pour traverser les défis de la vie.
Lorsque ces deux dimensions avancent ensemble, leur impact est souvent bien supérieur à celui de chacune prise isolément.
Les jeunes n'ont pas besoin de parents parfaits.
Ils ont besoin d'adultes capables de rester des repères lorsque la vie devient confuse.
Et je crois profondément que c'est l'un des enjeux éducatifs majeurs de notre époque.
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