Michaël Gendebien - Mini 6,50

Michaël Gendebien - Mini 6,50 L'ambition de traverser l'Océan Atlantique en solitaire par passion et détermination en 2023 dans le cadre de la Mini Transat.

Récit d’une transatlantique uniqueCette deuxième étape, je l’ai conceptualisée comme un match de football. D’abord le to...
21/11/2023

Récit d’une transatlantique unique

Cette deuxième étape, je l’ai conceptualisée comme un match de football. D’abord le tour d’honneur, puis deux mi-temps contre un adversaire qui était difficile à cerner. Son identité était floue : serait-ce moi-même, les concurrents voulant me dérober ma première place, la météo et la mer, les caprices des grains ? Ça a été un mélange de tout ça, je vous explique.

Le tour d’honneur commence à La Palma, après des préparatifs minutieux, aidé de ma généreuse maman. Jamais je ne suis parti aussi lourd en course, 17 jours de bouffe, 130 litres d’eau, de quoi réparer presque tout à bord. Cette fois c’est un départ vers l’inconnu, les papillons dans le ventre. Bon départ du premier coup, les conditions ne sont pas simples car le vent est très timide, et le parcours nous oblige à filer au Sud contourner l’île El Hierro. C’est ainsi que la flotte se livre une bataille pendant 24h où chaque mètre compte, et à ce jeu-là le premier qui s’endort a perdu. Insensé, improbable, et en même temps grisant, on se bat pour des mètres alors qu’il y a 2500 miles nautiques et probablement 15 jours de mer devant nous…

Fin du tour d’honneur au coin Sud d’El Hierro, je m’en sors que moyennement bien, mais je sais que la course sera longue. Ici, il est temps d’annoncer la stratégie long terme et vous avez pu voir sur la carto il y en a eu pour tous les goûts ! Les alizés décidemment timides cette année ont été coupés par un grand front froid. Dans cette situation, deux grands choix s’offraient à nous : 1. Filer au Sud, voire au Sud-Est à reculons pour aller trouver les alizés profonds, ceux qui sont trop au Sud que pour se faire casser par les fronts. 2. L’autre choix, foncer dans le front plein Nord au près pour aller à la rencontre de la transition derrière le front et être aux premières loges du retour des alizés. J’optais initialement pour ce deuxième choix, mais cette après-midi-là, la mise à jour météo quotidienne nous annonce que la transition promise au Nord allait être timide et le vent attendu à 20+ nœuds dans la prévision initiale se serait essoufflé à seulement 5 petits nœuds. C’est donc une stratégie intermédiaire que je suis contraint de choisir, la route en travers ne vaut plus la chandelle à mon sens. Je coupe le fromage et je fais de la route vers l’Ouest tant que possible.

Nous sommes une bonne partie de la flotte à prendre cette décision, et pendant plusieurs jours, j’aurai la chance de partager mes doutes, réflexions, idées, et quelques conversations VHF avec deux copains d’entrainement. Comme les samedis à Concarneau, Ulysse (1025) est en lièvre, et Fred (895) en poursuivant. Un jeu de vitesse si haletant que j’en ai rempli des pages entières de mon carnet de bord avec la distance et relèvement de leurs positions. Si je rattrapais Ulysse ou que je me défaisais de Fred, c’était que le réglage était bon !! C’est ensemble que nous nous sommes faits cueillir et avons découvert les alizés. Je me souviendrai d’une journée où les grains tant redoutés ne nous ont laissé que peu de répit. D’abord le gros nuage qui se forme au loin, qui arrive sur nous, le sentiment qu’il va se passer quelque chose, et la difficulté à le prévoir. Nous essayons de théoriser par la pratique et de se placer au mieux, jusqu’à se retrouver par 30 nœuds avec notre grand spi dans une mer devenue plate comme un étang par la pluie torrentielle, malgré le vent déchaîné. 5 minutes plus t**d c’est la pétole. A ne plus rien y comprendre, on en rigole, mais je m’inquiète s’il va falloir faire avec ces grains encore 10 jours, car nous sommes à peine à la moitié du parcours.

Toujours dans l’ordre, mais alors que l’élastique des trois larrons d’entrainement s’est tendu, nous n’arrivons presque plus à se joindre par radio. Nous franchissons le waypoint de mi-parcours, la deuxième mi-temps du match commence. Celle-ci sera particulièrement dure. D’abord parce qu’à bord, malgré la conception qu’on peut en avoir, la vie est inhospitalière. Dehors dans le cockpit ou à la barre, il ne se passe pas 2 minutes avant de recevoir une vague sur la figure et d’avoir les fringues trempées. A l’intérieur c’est un autre problème, très peu de ventilation, et une vraie fournaise en journée. Je vous partage ma meilleure technique ? Vêtu d’un slip et d’un t-shirt, je passe un peu de temps dehors pour régler les voiles, puis en rentrant (trempé évidemment), je passe mes vêtements dans le seau d’eau douce, je les essore, et je les remets mouillés, de toute façon, à ma prochaine sortie ce sera rebelote. C’est ce que j’ai trouvé de mieux pour survivre à cette machine à laver salée. Imaginez l’état de ma peau après 15 jours de mer.

Ensuite cette deuxième mi-temps sera dure parce que je la passerai quasiment seul. Seul à devoir se confronter à la mer devenue croisée, un vrai champ de bosses. Imaginez-vous faire une course dans un terrain vague avec une Ferrari rabaissée. Il faut évidemment ralentir sous peine de tout casser. Et quand il faut ralentir en n’ayant aucun concurrent à sa portée, on se dit qu’il y en a forcément qui vont plus vite… On y pense, on y repense, on finit par ne plus savoir en dormir, devenir impatient avec soi-même, son bateau. Une nouvelle dimension à cette course en solitaire. Heureusement, dans cette tourmente, les grains nous ont laissé tranquille et niveau météo, une stratégie claire s’est dessinée pour la fin du parcours. A ce stade, la famille, amis, collègues, et plus généralement toute ma vie à terre commence à terriblement me manquer. Je me raccroche à tous les mots qu’on m’a écrits dans mon bateau, à tous les post-its et cartes variées qu’on a glissés dans mes sacs de nourriture. Chaque jour j’en pleure, mais chaque jour me rapproche de l’arrivée.

A l’approche de la Désirade, à une vingtaine de miles de l’arrivée, je me suis risqué à calculer si on m’avait dérobé ma première place. J’en viens assez vite à la conclusion que Luca (998) et Felix (1028) ont été impressionnants de vitesse et ont réussi, mais je ne vais pas beaucoup plus loin dans la réflexion, alors que je suis sur le podium général provisoire. La suite, vous la connaissez, par fatigue, inadvertance, je commets l’erreur de laisser les îles de Petite-Terre du mauvais côté… Malgré l’abnégation dont j’ai fait preuve en repartant en mer après une première arrivée assommante, je ne réussirai pas à faire reconnaître mon combat auprès du jury, et je me fais finalement sanctionner de 12 heures de pénalité supplémentaires à mon temps de deuxième arrivée. Je finis donc 29e de la deuxième étape et 14e du classement général de cette Mini Transat. Une performance tout à fait honnête qui répond aisément à mes ambitions de Top 15 quand on m’a interrogé aux Sables d’Olonne en septembre dernier. Elle est évidemment regrettable quand on s’est pris au jeu après une victoire d’étape et quand on commet une erreur si bête, mais qu’importe. Ce que j’étais venu chercher ici était un dépassement de soi, l’accomplissement d’un rêve dont j’ai écrit les premières lignes il y a 8 ans, et j’ai trouvé bien plus que ce que j’étais venu chercher.

Cette fois je peux l’écrire, j’ai fait la Mini Transat, et je suis fier de la manière ! Ceci, personne ne pourra me l’enlever. Par ailleurs et surtout, j’ai la chance d’avoir partagé ce projet avec vous tous qui m’avez soutenu, depuis maintenant des semaines, des mois, des années. Ça a été un plaisir immense que de vous lire tous et chacun. Je prends un peu de temps mais je vais vous répondre un par un, j’y tiens.

Je vous embrasse depuis les cocotiers, où je profite encore quelques jours avant le retour à la réalité et à l’hiver début décembre.

Mic

PS: je vais avoir du mal à vous illustrer le récit, la GoPro ayant filé au fond de l'eau lors de la manoeuvre de retour en mer en Guadeloupe...

Mais que s'est-il passé ce dimanche soir à Saint-François ?Je prends quelques minutes pour vous expliquer l'IMPENSABLE !...
14/11/2023

Mais que s'est-il passé ce dimanche soir à Saint-François ?
Je prends quelques minutes pour vous expliquer l'IMPENSABLE !

Alors que la terre de la Désirade est en vue et que je m'apprête à boucler ma première traversée de l'Atlantique, je tente de rester concentré à bord. Consciencieusement, je ressors les instructions de course et je mets à jour à la virgule près les coordonnées GPS d'une zone interdite à proximité de la ligne d'arrivée. Je referme le cahier en omettant de lire le détail fatidique qu'il faut passer à gauche de cette zone.

Après 15 jours très éprouvants en mer, je franchis la ligne d'arrivée en fin de journée. Alors que je débarque au port on m'apprend immédiatement ma faute et le coup de massue est difficile à encaisser. La transatlantique a été un challenge encore plus difficile que prévu, et terminer cette course par une telle erreur est trop grave, je ne peux pas accepter cela.

Je déciderai de repartir en mer pour retourner à Petite-Terre à la voile, faire le tour pour passer du bon côté, et refranchir la ligne d'arrivée conformément aux règles. Ce petit tour me vaut une sortie d'environ 3 heures et je rentre au port qui a lui aussi changé de visage. Désormais, c'est le sourire sur mes lèvres que le concert s'arrête, qu'on annonce mon arrivée, que le public crie mon prénom en boucle, et qu'on m'accueille avec embrassades, fumigènes, larmes de joie, et émotions indescriptibles. Ca y est, cette fois j'ai fait la Mini Transat.

Provisoirement avant classement officiel, je prends la 19e place de l'étape 2, mais surtout la 4e place au classement général de l'épreuve. C'est incroyable, je vous raconte en détails dès que je récupère mon téléphone et quelques idées claires.

[Dénouement dans un jour !! ]🤩Dans moins de 24h, Michaël bouclera la Minitransat, après 15 jours de mer ! Et quelle mani...
11/11/2023

[Dénouement dans un jour !! ]

🤩Dans moins de 24h, Michaël bouclera la Minitransat, après 15 jours de mer ! Et quelle manière de conclure ce projet....Puisque derrière sa 17è place actuelle, se cache un grosse bataille pour le PODIUM au classement général !!

⏱En effet, si Michaël arrive moins de 6h après Gregoire Hue, et moins de 16h après Felix Oberlé, alors il pourra très probablement avoir sa place sur le podium. Pour en gravir les marches, il faudrait arriver moins de 6h après Bruno Lemunier, et/ou moins de 15h après Luca Rosetti, actuellement leader de la 2è étape !
Tous ces skippers nous font vibrer, avec une course pleine de suspens, et des vitesses qui décoiffent !

🥇🥈🥉Il va donc falloir donner de son meilleur jusqu'au bout de la course pour ne rien regretter... Et qui sait, peut-être aussi pour gagner une médaille, toutes les couleurs sont permises !

On espère en tout cas qu'il profite à fond de ses dernières heures en mer ! La météo est bien musclée, avec des passages jusque 40 noeuds la nuit dernière...ambiance jeyser à bord💦. On lui envoie toute notre énergie pour ces miles de folie 🌅!

🥰Familles et amis sont sur place pour l'accueillir, on est prêts !

[Fin d'escale et nouveau départ]Toute bonne chose a une fin ! On referme ici doucement le chapitre de l'escale aux Canar...
27/10/2023

[Fin d'escale et nouveau départ]

Toute bonne chose a une fin ! On referme ici doucement le chapitre de l'escale aux Canaries. Une escale remplie de succès, de repos, de bonheur, de randonnées, de visites touristiques, de soleil, et de sérieux quand même avec la deuxième étape en ligne de mire.

Mercredi nous avons fait une sortie de parade sous un soleil radieux et un vent tranquille. L'occasion de re-tester que tout fonctionne, et de partager un moment particulier en emmenant ma maman à bord pour un tour. Le spectacle était canon et la journée s'est clôturée par la remise des prix officielle.

On s'attaque donc ce samedi 13h00 (locale, 14h sur le continent) au "gros" morceau de l'épreuve, un parcours dans les alizés de plus de 2500 miles nautiques (vs. 1350 sur la première étape) jusqu'à Saint-François en Guadeloupe. Une traversée initiatique pour moi ! Les alizés sont les vents saisonniers qui normalement sont bien installés et stables. La navigation se fait généralement au portant puisqu'ils sont d'Est en Ouest, et il fera de plus en plus chaud, jusqu'à être apparemment insoutenable à l'approche des Antilles.. Les journées ne seront pas pour autant monotones puisqu'elles seront très certainement ponctuées de grains, ces gros nuages qui viendront amener tantôt du vent fort, de la pluie, changement de direction du vent, ou encore du calme plat…

Je repars avec un bateau qui me semble à 100% de son potentiel. Les bobos de la première étape ont été réparés.

Quelques détails sur le parcours et la stratégie: Nous avons deux obligations sur la route d'ici à la Guadeloupe. La première, nous devons contourner l'île de El Hierro (la petite au Sud de La Palma) par l'Est avant de pouvoir s'élancer sur l'Atlantique. Rappelez-vous les embûches de l'arrivée sans vent ici à La Palma… Il s'agira de ne pas se faire piéger par les effets locaux de cette île haute de 1500m ! Je compte sur l'ami Nils Janssens, parapentiste aguerri, pour une analyse de brises locales afin de me sortir de ce casse-tête du mieux possible !
Ensuite, vous verrez apparaître sur la carto, un point virtuel à peu près au milieu de l'Atlantique. Sachez qu'il est obligatoire pour nous de passer au Sud. C'est une décision de la direction de course, pour notre sécurité vis-à-vis de vents forts potentiels. En tout cas, à partir de ce point, on a beaucoup moins de visibilité sur les prévisions météo, donc il faudra que je fasse ma route en fonction de la météo rudimentaire que je capterai à bord.

Les sacs sont pleins, les bidons sont remplis (100 litres d'eau !), l'iPod est chargé, Idefix et moi sommes prêts à traverser l'Atlantique. Et vous ? Je vous ai senti plus que jamais à mes côtés grâce à tous les messages d'encouragements reçus ces dernières semaines ! Incroyable ! Allons-y on se retrouve de l'autre côté dans max 17 jours, peut-être moins, mais n'espérons pas plus, sinon je risque de mourir de faim :)

Pas de changement pour la carto, RDV sur https://minitransat.geovoile.com/2023/tracker/?leg=2

Parce que si vous avez l'air davoir tant vibré sur la carto, c'est sans doute avec impatience que vous attendez mon réci...
07/10/2023

Parce que si vous avez l'air davoir tant vibré sur la carto, c'est sans doute avec impatience que vous attendez mon récit que voici. Depuis que vous me suivez, vous avez tous compris que ce maxi challenge sur ce mini bateau est complexe et difficile et que décrocher la victoire d'étape à La Palma est pour moi un succès personnel immense.

Le 25 septembre dernier, le départ est donné du premier coup et on est 90 bateaux à s'élancer sur la plus belle course Transatlantique qu'il soit, en toute objectivité.

La feuille de match avec laquelle on part est limpide et tracée à l'encre foncée. "Faire rapide jusqu'à un point passage obligatoire au nord de la côte Espagnole". L'exercice est haletant, passionnant, et je me sens comme un joueur qui remplit ses objectifs sur une pelouse. De nuit, à des vitesses qui affolent les compteurs 12/13/14/15 puis 17 nœuds!!!!, j'arrive au waypoint encore à l'accroche des favoris qui sont en tête.

Puis ce sera une "ruée vers l'ouest" pour aller deborder la pointe de l'Espagne en traversant une zone de vent fort, un front froid. Progressivement je réduis la toile passant de toutes voiles dehors à GV un ris, deux ris, foc un ris, et même mon petit tourmentin orange dans la phase la plus dure ! Habituellement le siège de gros écarts et de grosses bascules de vent, cette fois le front est un vieux front peu actif et malgré les rafales impressionnantes a son arrivée, derrière il y a très peu de vent... qu'importe, on s'y était préparé et on continue notre route entre la zone interdite et la cote Galicienne, désormais l'étrave est pointée vers le Sud !! C'est surtout ici le soulagement de penser que les cirés devraient pouvoir sécher un peu les jours qui viennent car les premiers jours auront mouillé mes vêtements jusqu'aux derniers centimètres carrés de mon slip.

Par contre, il semblerait que ce soit comme si l'imprimante ait oublié les dernieres feuilles du plan de match.... la stratégie est à écrire ! Comme vous le savez, pas de téléphone ni d'ordinateur à bord. Personne au moment du départ n'était capable de dire comment la météo allait évoluer après le cap Finistère...

Et c'est donc maintenant que pour moi le match intéressant a commencé. Au début, ne sachant pas trop, j'ai fait simple et sans risque. Aller vers l'objectif final tant que possible au plus court. Puis, au fur et à mesure des bulletins météo vocaux reçus par la direction de course, la situation des jours à venir s'est éclaircie, et j'ai voulu tenter ma chance à l'ouest. Une situation anticyclonique qui d'une part était agréable à naviguer ciel bleu le jour, tout étoilé la nuit, pas trop de vent, un bonheur, et d'autre part qui m'avantageait dans des allures où je sais aller vite.

Comme initialement espéré, l'anticyclone a bougé, le vent a finalement tourné et mon plan de terminer sur une grande ligne droite a pu se concrétiser. Quel plaisir de se retrouver en route directe vers les Canaries, sous spi, au soleil, pendant plus de 450 miles! C'est ici que j'ai réalisé que j'étais sur une véritable Transatlantique. L'eau s'est réchauffé et les poissons volants ont été aperçus jusqu'à atterrir dans le cockpit du bateau !

L'autoroute des Canaries est lancée, et je ne m'arrêterai plus avant l'île de La Palma. Les derniers jours se font dans du vent portant carrément tonique, une allure sur laquelle j'ai beaucoup travaillé cette année, et je suis incroyablement fier quand j'arrive à terminer de manger un repas lyophilisé chaud entier dans ma cabine alors que des centaines de litres d'eau passent sur le pont, et que mon bateau surfe sur des vagues barré par mon pilote automatique régulièrement à 13 nœuds, record 18 sous pilote ! Quels progrès j'ai fait ces derniers temps.

Le suspense est intense et la pression monte d'un coup quand à j-2 de la fin de course, je suis annoncé premier du classement. Une position que je n'ai jamais eue à gérer seul. Désormais, on n'est plus à l'affût des miles de ret**d sur les premiers, on regarde le matelas qu'on a sur les poursuivants et on s'excite sur les réglages pour ne pas les laisser en grappiller sur soi même. Un état d'esprit général qui a rendu le sommeil compliqué...

C'est donc avec seulement 2 à 3 siestes sur les dernières 48h de course que j'arrive à franchir la ligne dans un vent surprenant faible aux abords de l'île. Je suis vidé, presque impatient avec moi même, malgré le fait que je sais que je suis en train d'accomplir quelque chose de grand.

A l'accueil au ponton, la plus belle surprise me tombe dessus comme un cadeau du ciel, papa et Cécile ont fait le déplacement pour m'accueillir et me féliciter à l'arrivée ! Je suis comblé de bonheur et la fatigue me fait fondre en larmes. J'ai gagné la première étape de la Mini Transat. C'est incroyable de pouvoir écrire cette phrase.

Pas de quoi s'affoler non plus, restons calme. Ce n'est pas encore la moitié de la course qui est jouée (pour rappel, ce sera au temps cumulé après la deuxième étape) et dans 3 petites semaines on relance le chronomètre pour une seconde étape, la vraie traversée jusqu'aux Antilles. Je vais faire de mon mieux et essayer de garder mon classement, comptez sur moi !!

Je tiens à féliciter tous les concurrents de La Boulangère Mini Transat qui ont fait de cette étape une incroyable course. Bravo aux acolytes à mes côté sur le podium Justin Baradat / Mini Transat 2023 et Titouan Quiviger - Mini Transat 2023 et une mention spéciale à mon copain du Centre d'Entraînement Mini 6.50 de Concarneau Bruno Lemunier qui a mené avec brio une grande partie de la course.

Je vous embrasse bien fort et encore je vous remercie pour tous vos messages qui me font rire, me propulsent, me motivent, me surpassent, me font pleurer, etc... je vis un rêve éveillé.

Mic

Quelle émotion cette arrivée victorieuse de l'étape 1 à La Palma ! Je viens de récupérer mon téléphone et les arrivées d...
06/10/2023

Quelle émotion cette arrivée victorieuse de l'étape 1 à La Palma ! Je viens de récupérer mon téléphone et les arrivées de mes concurrents se succèdent. Avec beaucoup de joie je les accueille. Je vous raconte cette incroyable étape très vite. Merci déjà pour tous les messages reçus, je suis comblé de bonheur je vous réponds dès que possible.

7ème jour de course - 2ème position !!🤩Au bout de plus de 170 heures en mer, Michaël a réussi à faire pointer le bout de...
02/10/2023

7ème jour de course - 2ème position !!

🤩Au bout de plus de 170 heures en mer, Michaël a réussi à faire pointer le bout de son bateau à la 2ème position !!

--Comment en est-il arrivé là ? --
☀️💨D'abord grâce à des conditions météo qui lui vont bien : une course stratégique, peu de vent, et plutôt avec le vent dans la tête... Bref, des conditions qui ne sont pas forcément plaisantes, mais où Michaël est souvent assez performant. Et ça se vérifie pour cette fois-ci !
😲🎯 Grâce probablement aussi à un peu de prise de risque ! Michaël est presque le bateau le plus à l'ouest de la flotte, à 400km de la côte portugaise.
🎲 Reconnaissons-le aussi, grâce à une bonne réussite ! La météo très instable et peu prévisible a été (jusque là) favorable aux choix qu'il a fait.

-- C'est quoi la suite ? 🫣 --
🫶 On imagine la jubilation de Michaël à l'annonce du classement. Mais la recommandation à bord (de Stan Thuret - Cinéaste Navigateur) est : moral stable. On dépense beaucoup d'énergie à être malheureux, mais aussi à être heureux ! Alors il va falloir tenir sur la longueur... La fin de course sera sportive, avec quelques jours sous spi, dans 10-15 noeuds.

Ce sera une belle course de vitesse pour la fin !
Arrivée probable jeudi dans la journée 🍾

👌C'EST PARTIIII !!! ⛵️Michaël a pris le départ de la Minitransat ce lundi 25 septembre à 13h30 sur le 921 - Barillec Mar...
26/09/2023

👌C'EST PARTIIII !!! ⛵️

Michaël a pris le départ de la Minitransat ce lundi 25 septembre à 13h30 sur le 921 - Barillec Marine - Actemium ! 🤩🥳

🫶 Après un déménagement à Concarneau pour réaliser son rêve, 3 ans de préparation intense, un week-end chargé d'émotions avec amis, famille et collègues, Michaël était plus que prêt à partir, direction Les Canaries ! 👊

💨On lui souhaite bon vent, un mal de mer bien géré (houle + peu de vent = 😩), et beaucoup de gnaque pour cette première étape 🌍

=> Pour suivre la carto, c'est par ici : https://minitransat.geovoile.com/2023/tracker

📷Vincent Olivaud

Ça y est on y est, après un petit hic d’un jour de ret**d, demain c’est LE grand saut attendu depuis des semaines mainte...
24/09/2023

Ça y est on y est, après un petit hic d’un jour de ret**d, demain c’est LE grand saut attendu depuis des semaines maintenant ! Je charge le dernier sac de bouffe, je remercie tous ceux qui m’ont envoyé messages, encouragements, attentions en tout genre, j’embrasse ceux qui sont venus m’accompagner aux Sables d’Olonne. Je vous dis A BIENTOT AUX CANARIES !!

Pour me suivre, vous avez accès à la cartographie et nos positions https://minitransat.geovoile.com/2023/tracker
Les actualités de la course seront diffusées sur la page officielle de la course https://www.facebook.com/LaMiniTransat
Et il y aura peut-être une ou l’autre mise à jour plus personnalisée sur ma page Facebook grâce à Cécile https://www.facebook.com/michael.navigateur

PS : mon téléphone étant éteint et consigné dans un bateau de l’organisation de course, je n’arriverai plus à vous envoyer de nouvelles par Whatsapp avant mon arrivée aux Canaries.

Des nouvelles de ces dernières semaines se font nécessaires !Elles ont été longues et assidues pour mettre au point, fin...
11/09/2023

Des nouvelles de ces dernières semaines se font nécessaires !
Elles ont été longues et assidues pour mettre au point, finaliser, préparer, prendre des vacances à la montagne, travailler mes derniers jours chez Barillec, remonter, remettre à l'eau, baptiser, convoyer, et j'en passe...

MERCI à tous ceux qui ont contribué et soutenu mon projet ces dernières semaines ! Le bateau est maintenant amarré aux Sables d'Olonne dans les Starting-blocks pour le 24 septembre.

J-13 !!!

Case PADDOCKS pour Idefix!Sortie d'eau aujourdhui (devant le beau trimaran de François Gabart!) pour un gros mois et dem...
13/07/2023

Case PADDOCKS pour Idefix!

Sortie d'eau aujourdhui (devant le beau trimaran de François Gabart!) pour un gros mois et demi, il va falloir peaufiner, ajuster, bichonner, réparer, préparer, tout doit être parfait pour le grand départ de la Mini Transat le 24 septembre prochain.

J'ai encore un peu de mal à m'en rendre compte, j'y suis ça y est je vais traverser l'Atlantique en course tout seul sur mon bateau. Ça va être dingue !!!

Mic

Avec le soutien de mes partenaires
Barillec Marine
Actemium

« Qui voit Ouessant, voit son sang. » dit le dicton breton.Voici comment nous l’avons déjoué et remporté le Mini Fastnet...
19/06/2023

« Qui voit Ouessant, voit son sang. » dit le dicton breton.
Voici comment nous l’avons déjoué et remporté le Mini Fastnet 2023 !

😎Le départ est donné sous grand soleil et nous trouvons rapidement nos marques et notre vitesse avec Quentin Riché, lui aux réglages, moi à la tactique et à la barre, à tel point que nous sortons de la baie de Douarnenez deuxièmes, déjà à la poursuite de Da Gousket - 1056 Justin Baradat / Mini Transat 2023 Thomas Andre qui nous donnera du fil à retordre pendant le 6 jours à venir. 🌫️ La première péripétie sera sûrement le brouillard épais venu engloutir le passage du Four en fin d’après-midi, et c’est ainsi que la flotte de 84 bateaux remonte au près, et donc se croise à de nombreuses reprises, dans une ambiance de Mordor ! C’est à la sortie du passage du Four que sortiront de la brume comme par magie les concurrents italiens de Gintonic - 520, qui deviendront rapidement les féroces challengers sur cette course.

Bien positionnés avec les leaders de la flotte, nous remontons vers l’Angleterre avec un vent timide, sur une traversée de la Manche nocturne plutôt calme. Au lendemain soir, la flotte approche les côtes Anglaises, et nous avons l’idée d’aller essayer de profiter de l’ « effet de pointe », c’est-à-dire l’enroulement du vent autour d’un relief terrestre, quand on s’y approche de très près. A ce jeu, nous avons gagné par rapport à nos concurrents et passons la marque de parcours en deuxième position, laissant nos concurrents dans une mer d’huile et des courants de marée tout juste devenus défavorables. Le break avec le reste du peloton commence a être fait. Le clou du spectacle de ce passage à Land’s End, comme l’appellent les Anglais, aura été le croisement avec un sous-marin (qui faisait route en surface), étrange rencontre, une première !

🏮 Direction l’Irlande, maintenant ! Et à notre grand désarroi, le vent reste décidément timide, et en plus, il tourne pour être encore face à l’axe de notre parcours… La température de l’eau se refroidit, la couleur de l’eau devient elle translucide bleue, les nuits sont vraiment courtes, mais par contre gorgées d’humidité. Voilà pour le décor et l’ambiance dans lequel nous atterrissons en Irlande, un peu à l’Est de notre objectif, le phare du Fastnet. Nous sommes accueillis par un phoque et des globicéphales, preuve que la vie sous-marine regorge de ressources en mer d’Irlande, quelle beauté ! Nous prenons donc l’après-midi pour tricoter des bords de près à la côte, et savourer le fait d’arriver au Nord de notre parcours cette fois en tête devant le 520 et le 1056. Le catamaran accompagnateur en profite pour immortaliser quelques clichés grandioses de notre passage dans ce lieu chargé d’histoire maritime. Pour nous, même pas le temps de prendre une selfie nette, 🤣 en témoignent les feux de mât des concurrents en arrière-plan, prêts à tout pour nous dérober la place de leader.

🌀 Une fois n’est pas coutume dans cette course (nous le savions tout de même, ce n’était pas une surprise) le vent tournera pour venir maintenant du secteur Sud. Par contre, en l’absence de connexion internet ou satellite comme le veulent les règles de course, les infos météo du bord commencent à dater du départ de la course, et donc manquer de précisions sur ce qui nous attend pour la redescente et les jours à venir. Nous décidons de tout de même faire confiance aux informations initiales, et de contrôler nos adversaires en choisissant de passer près des îles Scilly. La zone de course est par ici quadrillée de zones d’exclusion, correspondant à des zones de trafic maritime dense. J’aurai tenté à plusieurs reprises de contacter pêcheurs, cargos, bateaux de travail, de croisière, pour mettre à jour nos infos météo par VHF, mais ils sont tous discordants… La situation météo n’a pas l’air très stable ni établie. 🤯

Et établie elle ne l’a pas été à notre passage en mer d’Iroise ! Alors que nous filions droit vers la bouée « Basse Vieille » en provenance de la zone d’exclusion du DST Ouessant, le vent est tombé d’un coup. Et le courant dans la zone a rapidement pris le dessus de notre trajectoire, comme un bouchon sur une mer d’huile se déplaçant tel un tapis roulant. 🚣‍♀️ Vous avez très certainement vu notre belle trajectoire (involontaire du coup !) jusqu’à visiter le Phare du Créac’h sur la côte Nord Ouessantine. Quelle désillusion nous avons vécu, alors que nous savions que nos concurrents et poursuivants subissaient des courants moins importants, et pourraient probablement couper la route au plus court, nous privant du podium. Pendant quelques heures, même si le courant de marée s’était renversé, et que nous faisions route vers le Sud, la déception a envahi notre mental fatigué. Pour rappel, nous n’avons pas d’informations sur notre classement en temps réel à bord. 😭

💪 C’est pourtant cette nuit de samedi à dimanche, entre le Raz de Sein et le goulet de Brest, que Quentin et moi avons décidé de sortir le meilleur de nous-même. Après 6 jours de course, tout allait se jouer à la manière d’un match race. Au final, notre stratégie au Sud de la flotte nous aura permis un meilleur positionnement par rapport au vent qui aura tourné (encore !) et nous arrachons la victoire au petit matin en baie de Douarnenez, seulement 6 petites minutes devant le Gintonic et Da Gousket, le trio de tête au Fastnet, réuni à nouveau à l’arrivée.

🏁 Le franchissement de la ligne d’arrivée restera un moment fort ! Quentin voulait prendre une revanche et montrer le meilleur de lui-même sur le circuit Mini 6,50, et moi je voulais réunir en une performance tout ce que j’ai appris sur les trois dernières années, à l’occasion de cette course qui est selon moi un des plus beaux parcours. A nous deux, nous avons rempli nos objectifs personnels et commun, quelle victoire ! 🥇

Il me restera à essayer d'en faire d’autant, en solo, à l’occasion de la prochaine Mini Transat qui va venir très rapidement en septembre prochain.

🙏 Si vous m'avez lu jusqu'ici je voudrais encore vous remercier pour tout le soutien reçu ces derniers jours. Votre engouement et intérêt pour les courses est un réel moteur de performances.

Merci à mes partenaires dans l'aventure:
BARILLEC MARINE
Actemium
Et au soutien technique de:
Olenergies
INO-ROPE.com
Guy Cotten
Technique Voile
Marine Mobile Diffusion
Accastillage Diffusion Concarneau - Cap 190

A très bientôt

Michaël

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