25/05/2026
ABREUVER UN NOUVEAU SABRE. Dans le Japon médiéval, il existait une tradition étrange et presque oubliée, qui amenait des samouraïs à craindre leur nouvelle lame. Après la forge d’un sabre, certains guerriers croyaient qu’il demeurait « affamé » tant qu’il n’avait pas goûté au sang humain. À cause de cela, des samouraïs apparaissaient sur les routes la nuit : le « meurtre aux carrefours » (tsujigiri) où le samouraï attaquait soudainement un passant choisi au hasard afin de tester la qualité d’un nouveau. Les victimes étaient souvent des paysans, marchands ou voyageurs qui ne portaient aucune arme. Certaines routes étaient même considérées comme maudites, car on y retrouvait régulièrement des corps.
Un rônin nommé Tsuji Gennai acquit une réputation effrayante : pendant plusieurs semaines, il erra sur les routes la nuit avec un nouveau katana et tua des passants jusqu’à ce qu’il décide que le sabre avait enfin été « satisfait » ; il ne fut arrêté que par un autre samouraï qui lui tendit une embuscade près d’un pont qui se termina par la mort de Gennai ; son sabre fut détruit, car les gens croyaient que la lame avait absorbé trop de sang et qu’elle apporterait le malheur à son propriétaire.
Au Japon, on croyait que certains sabres possédaient une volonté propre. Cela se disait particulièrement des lames forgées par le maître Muramasa. Les gens affirmaient que ces sabres « exigeaient du sang » et poussaient leurs propriétaires au meurtre.