Au Coin du Foin

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Parce que j'ai pour projet de passer une formation pour me professionnaliser en tant que coach auprès des cavaliers et cavalières, je souhaite tout de même créer ma propre page et pouvoir montrer ce que je fais déjà.

30/07/2025

Ma première vraie longue balade à la monte avec Sigur, tout ça sans mors et avec un cheval plus que parfait ! ✨
Il y a trois ans je n'y aurais pas cru. Sigursteinn était un cheval qui ne savait même pas avancer plus de trois mètres, aucune confiance en lui ni en moi vu que c'étaient nos débuts, mais on a tellement travaillé à pied que la monte devient forcément plus aisée. Pour cette fois Sigur n'avait pas ses copains habituels mais un cheval totalement inconnu, et franchement c'était une très bonne expérience pour lui.
J'avais préparé la tonne de carottes "au cas où", au final ça ne m'a servi que très peu de fois tellement il était génial... A l'écoute de mon corps, de ma voix, et pour les passages plus durs il observait trois secondes et c'était parti !
Il a su se montrer patient quand il le fallait, on a vraiment amélioré notre communication quand je le monte et ça se sent et ça se voit. 7km ce n'est peut-être pas beaucoup pour bon nombre de gens, mais pour nous c'est une énorme étape... Moi qui veux me lancer dans l'endurance dans une ou deux années, ça me permet de déjà tâtonner le terrain ! Et là j'avais un cheval au top, donc je sens que les 10km seront très largement possibles en continuant de s'entraîner correctement.

J'ai eu un "débat" récemment sur tiktok. Quelqu'un disait qu'il fallait absolument bannir la cravache, et moi j'expliqua...
23/07/2025

J'ai eu un "débat" récemment sur tiktok. Quelqu'un disait qu'il fallait absolument bannir la cravache, et moi j'expliquais que je pouvais l'utiliser totalement autrement. Bien sûr on m'a juste répondu "La cravache a été conçue pour frapper, il faut utiliser un stick." Quand il n'y a aucun argument ou que le seul tient sur cette idée, je sais d'avance que de toute façon on ne va pas pouvoir mener ce débat correctement jusqu'au bout...

Qui dit que je ne vais pas frapper mon cheval avec le stick ? Est-ce que dès que quelqu'un a un stick dans les mains il se dit instantanément qu'il ne peut/doit pas frapper avec ? Je ne pense pas. Je peux accepter le fait que donner une cravache à quelqu'un peut lui faire penser assez facilement à l'idée de pouvoir frapper et corriger car c'est ce qu'on nous enseigne, mais je peux frapper avec un stick et ne pas frapper avec une cravache.

Le problème ce n'est pas l'outil, c'est ce qu'on en fait. Il serait donc intéressant de montrer petit à petit de nouvelles manières d'user de celui-ci, et ne pas s'empêcher d'utiliser une cravache si on le souhaite... Tant qu'on ne fait pas de mal au cheval

J'avais demandé sur Instagram aux personnes ayant des chevaux ce qu'elles ont pu apprendre auprès de ceux-ci. Ces messag...
24/06/2025

J'avais demandé sur Instagram aux personnes ayant des chevaux ce qu'elles ont pu apprendre auprès de ceux-ci.
Ces messages j'espère qu'ils en inspireront certain'e's. Qu'ils pourront aider les autres à voir autrement, à avoir des déclics, à aspirer à une équitation différente (puisque vos réponses, si vous les lisez toutes, se basent sur la compréhension des émotions de chacun'e, sur le fait de miser sur une relation respectueuse).

Aujourd'hui je retransmets donc un des messages : "Le cheval m'a appris la patience", et je ne peux qu'être d'accord. Sans patience, vous n'aurez pas les résultats escomptés ou alors pas de la bonne manière. La patience est à mes yeux un des premiers leviers qui permet de commencer à limiter la coercivité. Si on fait preuve de patience on fait aussi preuve d'observation, on essaie de comprendre ce qu'il se passe et on peut prendre le temps de voir.

Être patient envers le cheval mais aussi soi. On ne peut pas tout réussir du premier coup, on ne peut pas être parfait'e dans tout, on peut faire des erreurs... Mais cela ne veut pas dire cesser de prendre du temps pour soi, bien au contraire. Il faut apprendre à connaître notre propre rythme, nos limites, nos zones de confort, nos émotions etc.

La patience elle est pour tout le monde et pour tous les corps de métier. Un'e moniteurice doit être patient'e envers ses élèves; un'e maréchal'e ou podologue doit faire preuve de patience envers les chevaux, etc. En fait, sans patience on n'a pas grand chose, ce pour quoi je relaie ce message en premier.

21/06/2025

— ET SI LAISSER PLUS DE LIBERTE AU CHEVAL PERMETTAIT D'AVOIR UN MEILLEUR CADRE AVEC CELUI-CI ? —

S'il y a bien un concept qui revient très régulièrement quand on travaille avec les chevaux, c'est le concept du respect, et ce respect il vient souvent avec plein de petites règles que le cheval doit respecter. Pour certaines d'entre elles on est plutôt sur un besoin de sécurité (le cheval ne doit pas me pousser, le cheval ne doit pas me mordre, etc.), mais d'autres règles sont davantage pour notre confort (le cheval ne doit pas manger de l'herbe tant que je ne lui dis pas qu'il le peut, parfois on entend que le cheval ne doit pas s'approcher de l'humain sans autorisation etc.).

Ces règles de confort elles sont là pour nous, pas vraiment pour le cheval. La règle de ne pas brouter c'est pour qu'il y ai un code qui permette au cheval de comprendre qu'à ce moment-là il a le droit de manger l'herbe, mais si je ne lui dis pas, alors il ne doit pas tirer pour l'herbe. S'il tire, on le reprend directement. Ca peut être fait autant gentiment que violemment, là n'est même pas la question : la question c'est celle du fait qu'on interdit le cheval de respecter un de ses besoins primaires (manger de l'herbe) et que c'est toujours très dur pour lui. Et si on parle du fait que le cheval doit garder une certaine distance avec l'humain, on traduit cette idée par celle de la "bulle humaine", ce qu'on nommerait en réalité proxémie : interdiction de rentrer dans mon espace intime sans autorisation. Concrètement ça mène à beaucoup de dérives, mais qui ne sont pas le sujet dans ce post.

Avec mon cheval Sigursteinn j'ai cependant dû réfléchir autrement. Nous avons une forte proximité physique, et comme il est dermiteux il est souvent dans la demande de recevoir des gratouilles car ça lui fait du bien. Ensuite j'ai réfléchi au problème de l'herbe dans l'autre sens : pourquoi donc, à part pour mon propre confort, il devrait attendre mon signal pour manger de l'herbe ? Et ma seule réponse c'était "pour moi, pour qu'il évite de tirer". Du coup j'avais toujours la longe assez courte, ou prête à être ramenée vers moi s'il se jetait sur l'herbe. Or, je ne voulais pas réfléchir pour mon confort mais le sien. Depuis je lui ai appris qu'il pouvait brouter quand il voulait, mais qu'il devait écouter ma demande orale de revenir ou d'avancer en broutant au minimum : du coup on s'amuse beaucoup plus ! Il broute, il revient au trot ou au tölt, il broute, il marche en broutant... On travaille les transitions l'air de rien. 😆 Mais il n'est plus frustré, et a même désormais fortement tendance à m'écouter de plus en plus loin, même à plusieurs mètres devant moi, ce que je n'arrivais pas à faire avant.

Ca ne conviendra pas à tous les chevaux, mais cette explication va me permettre de vous dire ma façon de penser sur ce sujet de mettre plein de règles.
Je pense qu'on essaie désespérément d'avoir le respect du cheval au travers de toute cette liste de règles, incompréhensibles pour le cheval (il ne peut pas comprendre pourquoi elles sont en place). On pense que le respect part de là, et que si on ne les met pas, on est forcément un cavalier ou une cavalière laxiste envers son cheval.

Et toutes ces règles font qu'on se tend nous-même. Je ne veux pas qu'il aille brouter sans que je lui dise, donc je reste avec la longe courte ou prête à être tirée. Je ne veux pas qu'il entre dans ma zone intime et "me manque de respect" donc je dois m'apprêter à le pousser à tout moment. Je ne veux pas ceci, je ne veux pas cela. On sait ce qu'on veut (le respect, concept purement humain), mais est-ce qu'il vient vraiment de tout ce qu'on ne veut pas ?

Tout ça, ça vient avec son lot de tension. On nous dit de tenir la longe courte pour se préparer au pire, mais après on nous reproche de stresser le cheval en faisant ainsi. On nous demande de garder le contrôle du cheval au travers des rênes, puis qu'on se tend trop dessus, etc. On instaure des règles, des attentes, qui ne peuvent pas détendre qui que ce soit, qui ne peuvent pas permettre ni au cheval ni au cavalier de s'exprimer et de vraiment travailler sur lui-même. Et pire, on dit que des comportements sont super graves quand en réalité ils ne sont rien. On nous a appris à penser négatif, on nous appris à restreindre un individu, et c'est tout.

L'éducation (pour garder ce terme, il est faux en interespèce mais pas le choix) ne vient pas de règles très strictes, uniquement de règles claires et justes pour l'individu. Quand on monte, on devrait pouvoir lâcher les rênes sans se mettre la pression. Quand on marche à pied, on devrait pouvoir avoir une longe lâche, autant que faire se peut. Et ça, on peut y arriver avec beaucoup de règles strictes si on veut continuer ainsi, mais on peut aussi y arriver en donnant plus de liberté dans le comportement naturel du cheval et créer un compromis.
Cependant tout est à adapter. Si je m'adapte à Sigursteinn : je le laisse brouter et il revient quand je lui demande; je ne tire jamais sur les rênes car c'est le tendre plus qu'autre chose, donc j'utilise mon corps et encore plus ma voix pour le guider. Il a le droit de venir me demander des gratouilles, il a le droit de choisir d'être monté ou non, etc.
Et je pense que pour plein d'autres individus on peut adapter énormément de choses avec différentes manières de penser, qui rendraient la communication plus fluide et largement moins étouffante pour le couple cavalier-cheval !

En finalité, le cadre qu'on pose ce n'est pas un ensemble de règles contraignantes, c'est un ensemble de comportements qu'on laisse le cheval adopter ou non, et trouver un moyen pour qu'il soit le plus juste et compréhensible possible. Mon cadre envers Sigursteinn n'est pas plus mauvais qu'un autre seulement car il a plus de liberté, puisque au contraire, on s'écoute davantage mutuellement et ça fonctionne pour nous. Le cadre est simplement ouvert pour qu'il puisse se comporter comme un cheval.

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