04/09/2026
Ce texte n'est pas de moi, je cite l'auteur à la fin, mais je suis entièrement d'accord avec lui.
Vous découvrirez l'application concrète de ce texte demain au final de notre démonstration de notre discipline qui débutera à 11h10.
A demain !
"Le problème dans de nombreuses méthodes ou systèmes dits de self-défense, c’est qu’ils préparent le combat avant même que le combat existe.
On apprend une posture, une distance, une défense contre une saisie ou un coup, une réaction à une attaque précise, avec souvent le principe suivant « S’il fait ceci, tu fais cela. »
A force d’accumuler des techniques, la self-défense peut finir par ressembler à un catalogue « Contre ceci, faire cela. » « Contre cela, faire ceci. »
Mais dans une agression réelle, personne ne consulte mentalement un catalogue.
Cela ne signifie pas qu’il faut abandonner les techniques.
Elles sont des outils.
Mais elles ne doivent pas devenir des réponses figées à des scénarios préétablis.
C’est pourquoi il faut faire la différence entre apprendre une réponse et développer une capacité d’action. Une personne agressée ne se demande pas forcément « Quelle technique dois-je appliquer ? »
Elle doit d’abord comprendre ce qui se passe, prendre une décision et agir en fonction de la situation.
Sur le papier, cela peut sembler logique. Mais une agression réelle ne se présente pas comme un exercice.
Il n’y a pas forcément de garde, de distance définie ou de scénario prévisible.
L’agresseur peut agir autrement, la distance peut changer, l’environnement peut modifier la situation et le stress peut perturber notre perception et nos mouvements.
La réalité ne respecte pas le scénario que nous avons répété.
La répétition est indispensable à l’apprentissage, mais si l’on répète toujours la même attaque, à la même distance, avec la même réponse, on risque surtout de devenir performant dans un contexte que l’on connaît déjà.
C’est pourquoi l’entraînement doit aussi introduire de la variabilité et de l’incertitude.
Il faut apprendre à bouger, percevoir, décider, agir et surtout s’adapter lorsque la situation change.
On perçoit.
On décide.
On agit.
Puis on s’adapte.
La self-défense ne commence pas forcément par un combat.
L’évitement, la désescalade ou la fuite peuvent être les meilleures réponses.
Si la confrontation physique devient inévitable, l’objectif n’est pas nécessairement de gagner un combat, mais de sortir de la situation.
Pour moi, le véritable objectif de la self-défense ne devrait donc pas être de préparer un combat qui n’existe pas encore, mais de préparer une personne à faire face à l’imprévisible.
Préparer le combat, c’est préparer une situation que l’on croit connaître.
Préparer à la self-défense, c’est préparer quelqu’un à agir alors qu’il ne sait pas encore ce qui va arriver"
Daniel Giovanni