10/09/2026
Pendant ces six derniers mois, je n'ai pas écrit un seul post.
Non pas parce que je n'avais plus rien à dire.
Mais parce que j'étais occupée à vivre ce dont je parle si souvent : écouter ce qui était vraiment important et juste pour moi.
(Concrètement, j'ai quitté la Normandie, où j'ai vécu 10 ans, pour m'installer en Franche-Comté, où je ne connaissais personne.)
Avec ce déménagement, j'ai compris quelque chose sur ma façon de fonctionner : je ne suis pas forcément faite pour rester longtemps dans une situation inconfortable en attendant que ça passe (bien qu'en 10 ans, vous vous doutez que j'ai essayé plein de choses, plus ou moins fructueuses).
Pour certaines personnes, rester, patienter, s'adapter encore un peu peut être la meilleure solution. Pour moi, ça peut devenir extrêmement coûteux. Ça me demande beaucoup d'énergie, ça finit par prendre de la place dans ma tête… et surtout, je perds peu à peu ma joie et mon espérance.
Alors oui, déménager, changer de vie, quitter ses repères, reconstruire un cercle d'amis et de connaissances, recommencer ailleurs… c'est énormément d'énergie. Il faut se mobiliser, accepter de ne pas tout maîtriser, traverser ses peurs ainsi que des moments de solitude et parfois se demander si on a fait le bon choix.
Et pourtant, pour moi, cette énergie-là est différente. Parce qu'elle me fait avancer vers quelque chose. Elle est au service d'un projet, d'une envie, d'une possibilité. Elle est parfois fatigante, mais elle est fertile.
À l'inverse, rester dans une situation qui ne me convenait plus aurait peut-être demandé moins d'énergie en apparence. Mais intérieurement, je savais que c'était devenu stérile. J'aurais continué à m'épuiser à essayer de faire fonctionner quelque chose qui, au fond, ne me nourrissait plus.
Alors j'ai choisi de bouger.
Est-ce que tout est devenu merveilleux depuis que je suis à Besançon ? Non. Je passe encore beaucoup de temps seule, alors que c'est justement une des raisons pour lesquelles j'ai quitté la Normandie. Il y a encore des moments de doute, des journées où je me demande quand cette nouvelle vie va vraiment prendre forme.
Mais quand je regarde le chemin parcouru, je sens que ça avance. Parfois lentement, mais toujours dans le bon sens :-)
Et finalement, c'est peut-être ça, pour moi, s'écouter : pas forcément choisir ce qui est le plus facile, mais apprendre à reconnaître ce qui nous met en mouvement, ce qui nous donne de l'élan, et ce qui, au contraire, nous éteint peu à peu.
Quand on a grandi dans un environnement dysfonctionnel, on apprend souvent à écouter les besoins des autres avant les siens. On remet ses projets à plus t**d. On attend "le bon moment". On cherche la permission...
Pour moi aussi, ce déménagement a été une façon de m'écouter. Pas parce que c'était confortable, mais parce que c'était juste.
Écouter ses besoins n'est pas un acte égoïste, c'est une manière de se remettre en mouvement et de réinventer sa place dans sa propre vie.
Et vous, qu'est-ce qui vous demande aujourd'hui le plus d'énergie : avancer vers quelque chose qui vous appelle, ou rester dans une situation qui ne vous convient plus ?
Dans quelques jours, j'aimerais vous parler de Marie-Anna Morand, une femme dont le travail m'a beaucoup touchée. Nos approches sont différentes, mais elles se rejoignent sur un point essentiel : lorsqu'on a grandi dans une famille dysfonctionnelle, il est possible de réinventer sa place et de construire une vie qui nous ressemble, tant sur le plan personnel que professionnel.
À très bientôt :-)