Ninjutsu Kage Dôjô

Ninjutsu Kage Dôjô Bienvenu(e)s au Ninjutsu Kage Dôjô, Ecole lyonnaise du Ninjutsu. Passionné.e par les arts martiaux historiques? Venez essayer le Ninjutsu ! Venez essayer !

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21/06/2026

Les empereurs-mendiants

Le 18 juin 1517 naissait le prince Michihito, futur empereur Ôgimachi, le souverain qui fut obligé de traiter avec tous les grands seigneurs de la guerre d’Oda Nobunaga jusqu’à Toyotomi Hideyoshi. Sa politique prudente sauva probablement la famille impériale et mit fin à la période des empereurs-mendiants.

Le jeune prince était né dans une famille impériale appauvrie et sans influence. L’anarchie militaire du Sengoku Jidai avait vidé le sh**unat de son autorité. La famille impériale de l'époque, dépossédée de tout pouvoir politique, était placée sous la protection du sh**unat. Elle dépendait donc des dons et rentes attribuées par le sh**un et ses terres en provinces se trouvaient de fait sous le contrôle de seigneurs locaux.

Sans la protection du sh**unat affaibli, l'empereur ne pesait plus rien. Le propre arrière grand-père de Michihito, l’empereur Go-Tsuchikamado avait été ainsi contraint de vendre (en fait donner en échange d’un autre cadeau en or) ses calligraphies pour maintenir le fonctionnement de la cour. La plupart des grandes cérémonies du calendrier rituel durent alors être annulées faute de moyens.

A sa mort, sa dépouille dut attendre plus d’un mois pour que ses funérailles soient organisées, le corps laissé exposé et se putréfiant faute de moyens. Quelques daimyôs influents finirent par faire des donations pour les financer.

Son fils, Go-Kashiwabara, m***a sur le trône en 1500 mais ne put organiser une cérémonie d’intronisation que vingt ans plus t**d en 1521. La propre cérémonie d’intronisation d’Ôgimachi fut entièrement payée par Môri Motonari en 1560. Durant les années de disettes les paysans ne furent pas les seuls touchés, plusieurs chroniques mentionnent la mort de nobles de la cour du fait de la malnutrition.

Michihito et son père l’empereur Go-Nara se retrouvèrent même pris au piège de leur palais à moitié ruiné entre 1531 et 1536 quand la secte Hôkke pris le pouvoir à Kyôto avec l’aide des guildes et associations de quartier de la capitale. Il fallut attendre une reconquête militaire en 1536 de la part du clan Rokkaku et du Ikkô-Ikki pour mettre fin à cette « commune » bouddhiste de Kyôto.

Ce déclin de la cour impériale s’acheva en 1568 quand Oda Nobunaga prit Kyôto. Il cherchait à augmenter son prestige et sa popularité au niveau national et pour cela il restaura le palais impérial, attribua rentes et cadeaux aux membres de la cour. Cela permit à Nobunaga d’utiliser l’empereur, son client, pour organiser des médiations en sa faveur.

Nobunaga fit aussi l’étalage de sa fidélité à l’empereur, une manière de surpasser la fidélité qu’il aurait dû avoir envers le sh**un, gagnant ainsi une grande liberté d’action. Pour cette raison la cour récompensa Nobunaga de toutes les manières symboliques à sa disposition. La famille impériale disposait d'un tronc de bois parfumé appelé Ranjatai qui était sensé avoir une origine miraculeuse. Nobunaga comme d'autres grands noms du passé obtint un morceau de la précieuse relique, intégré à l'histoire même du Japon.

Nobunaga essaya cependant de forcer Ôgimachi à abdiquer en 1573 mais sans succès. Il souhaitait probablement installer un empereur-enfant plus facile à manipuler. D'autres historiens suggèrent qu’il souhaitait peut-être le trône pour lui-même mais c’est peu probable, le coeur de leur dispute était en fait la déclaration d'une nouvelle ère, un privilège impérial sur lequel Nobunaga voulait imposer son choix pour le nom de l'ère (il eu finalement gain de cause).

Après la mort de Nobunaga, Hideyoshi chercha le soutien d’Ôgimachi et eu de bonnes relations avec lui. Hideyoshi était fils de paysan sans aucun lien avec la noblesse ou les grands clans samurais. Ses origines modestes étaient un frein à ses ambitions et une honte. Il courtisa, protégea et couvrit de cadeaux l’empereur.

En échange il fut admis au palais impérial, dans les grandes cérémonies et on créa même pour lui une nouvelle lignée noble, les Toyotomi. Ce fut le seul et unique anoblissement de l’histoire du Japon. Ôgimachi accepta aussi qu’Hideyoshi se fasse adopter par la famille des régents afin de se voir attribuer le titre de régent kampaku.

Lorsque Ôgimachi abdiqua en 1586 il était parvenu à restaurer le prestige ainsi que la richesse de la cour impériale et était désormais allié à un pouvoir samurai qui respectait la cour et avec qui une collaboration fructueuse s’était mise en place.

Il décéda en 1593 dans un Japon redevenu globalement calme. Le règne d’Ôgimachi marque la fin du déclin impérial et le retour de la sécurité, même si l’empereur resta encore pour des siècles une simple figure religieuse et morale.

18/06/2026

Tuer l'espoir

Le 17 juin 1565 le sh**un Ashikaga Yosh*teru fut forcé de se su***der pour avoir tenté de restaurer l’ordre dans le Japon du Sengoku Jidai.

Yosh*teru n’était pas n’importe quel sh**un, il était le sh**un par excellence, ou du moins il essaya. Les sh**uns Ashikaga étaient devenus des hommes de paille aux mains des clans samurais se disputant le contrôle de Kyôto. Le propre père de Yosh*teru, Yoshiharu, avait passé sa vie en étant balloté entre différentes factions. Lorsque Hosokawa Harumoto sélectionna Yosh*teru pour devenir sh**un à 11 ans, il pensait garder celui-ci sous son contrôle.

Le Japon était alors entré depuis le début du XVIe siècle dans le Sengoku Jidai, la période des guerres civiles. L'autorité centrale et même régionale était balayée par les pouvoirs locaux. Les principaux clans se faisant eux-mêmes doubler par des vassaux ambitieux, des cadets agressifs et d'autres pouvoirs alternatifs (temples, ligues etc.)

A Kyôto, le temps des Hosokawa était cependant arrivé à sa fin, Harumoto fut doublé par un de ses vassaux, Miyoshi Nagayoshi qui prit le contrôle de Kyôto et expulsa les Hosokawa et leurs pantins Ashikaga. C’était une époque où la fidélité sans faille du samurai était plus une idée théorique qu’autre chose. Pendant ce temps, il n'y eu pas de sh**un à Kyôto et l'empereur ne pouvait rien faire d'autre qu'attendre en espérant que quelqu'un lui prêterait attention.

Yosh*teru termina son adolescence en exil, bien qu’officiellement sh**un. Il entreprit alors de devenir le grand sh**un que son père n’avait jamais pu être. Il était connu pour son entraînement intensif aux arts martiaux, il était ainsi particulièrement redoutable au sabre et s'attira le sobriquet de Kengô Sh**un (shôgun grande épée). Il devint un sh**un-athlète source d'inspiration, par son charisme et son ambition, pour ses vassaux.

Les descriptions vont jusqu’à dire qu’il était l’Ashikaga qui ressemblait le plus au fondateur de la dynastie, Takauji, un véritable guerrier capable de combattre directement ses adversaires. Il était aussi éduqué, lettré et conscient des difficultés auxquelles il faisait face.

Yosh*teru manquait cependant d’hommes et de moyens, il apprit à utiliser les outils à sa disposition, c’est-à-dire son titre. En étant encore le sh**un en titre il disposait d’une influence morale encore importante, il l’utilisa pour mener une diplomatie personnelle active, communiquant avec tous les grands clans du pays, se proposant souvent comme arbitre impartial (car sans pouvoir) des conflits locaux.

Théoriquement l’autorité sh**unale en fut renforcée et Yosh*teru n’hésita pas non plus à multiplier les récompenses honorifiques pour se gagner les faveurs des daimyôs. Il fut le dernier Ashikaga à avoir une réelle influence sur les évènements de son temps et ses compétences martiales le firent très largement respecter (et cela ne coûtait rien aux daimyôs).

Le but de Yosh*teru était cependant de reprendre Kyôto et restaurer une autorité centrale. Il parvint à négocier une paix avec les Miyoshi pour se réinstaller dans la capitale mais il devint rapidement clair que les Miyoshi voulaient seulement l’avoir sous leur contrôle. Yosh*teru n’acceptant pas les entorses aux symboles de son autorité, puisque c’est tout ce qui lui restait, les frictions avec les Miyoshi se multiplièrent et il fut chassé de la ville en 1558. Il y revint finalement soumis à Miyoshi Nagayoshi après avoir été vaincu.

La mort de Nagayoshi en 1565 lui offrit cependant l’espoir de reprendre son indépendance. Le clan Miyoshi était alors dirigé par un triumvirat d'oncles autour du successeur du clan, eux-mêmes manipulés par leur puissant vassal Matsunaga Hisahide. Ce dernier avait le caractère de son époque, opportuniste et ambitieux. Son propre chemin vers le pouvoir passait par l'usurpation du clan Miyoshi et le sh**un représentait un obstacle au pouvoir des Miyoshi.

On ne sait pas si Hisahide ou le triumvirat organisa le coup d'Etat pour déposer Yosh*teru et le remplacer par un cousin. L'histoire en rendit cependant Hisahide responsable. Les troupes sh**unales ne faisaient pas le poids face aux Miyoshi présents à Kyôto, la principale protection de Yosh*teru n'était pas des murs mais le prestige de son titre. Cela ne marchait que face à des hommes impressionnés par cela.

Les hommes des Miyoshi et de Matsunaga attaquèrent la résidence du sh**un où les quelques guerriers présents ne purent résister. Les témoignages racontent comment les hommes de Yosh*teru combattirent vaillamment jusqu’au dernier pour être finalement débordés. Yosh*teru lui-même fut pris et contraint au su***de par seppuku.

Son poème de mort témoigne de son desespoir : « La pluie de mai tombe, est-ce le brouillard ou mes larmes qui m’entourent ? Rossignol, porte mon nom jusqu’au-dessus des nuages ! » Une version critique des évènements dépeint souvent Yosh*teru mourant les armes à la main ou assassiné par le sabre mais il s’agit d’une confusion avec le sort de ses gardes.

Quoiqu’il en soit la mort pitoyable d’un homme aussi brillant fut le dernier clou au cercueil du sh**unat et discrédita la dynastie. Si un guerrier aussi accompli que Yosh*teru n’avait pas su redresser le régime et était mort sans aucune punition pour ses meurtriers, alors rien ne pouvait sauver la dynastie.

Il n’y eu ensuite pas de sh**un pendant trois années et aucun daimyô ne se pressa pour aider le prétendant en titre, Yoshiaki, le frère de Yosh*teru. Ce n’est qu’en 1568 qu’Oda Nobunaga prit Yoshiaki sous sa protection et l’utilisa sans pitié comme pantin pour sa conquête du pays. Il le déposa en 1573 sans gloire et ne le remplaça jamais. C’est dans l’indifférence que s’éteignit la dynastie Ashikaga.

Excellent séminaire ce week-end à Lausanne avec Kacem Zoughari. Au programme, Gyokko Ryû Ge ryaku no maki ( 3° niveau Gy...
31/05/2026

Excellent séminaire ce week-end à Lausanne avec Kacem Zoughari. Au programme, Gyokko Ryû Ge ryaku no maki ( 3° niveau Gyokko ryû), Manreki Kusari (chaîne lestée) et affinage des bases du Iai.
Un grand merci à nos amis Suisses, et à Kacem Zoughari. Nous sommes impatient de les retrouver pour le séminaire de fin juin.

26/05/2026

Ban the Man

Le 26 mai 1615 mourut au combat le samurai Ban Naoyuki (aussi appelé Danemon) pour ne pas avoir su réfléchir avant d’agir.

Ban Naoyuki était une tête chaude, un samurai avide de recevoir gloire et récompenses comme tout guerrier qui se respectait durant l’époque des guerres civiles du Sengoku Jidai. Il débuta sa carrière au service d’Oda Nobunaga mais fut renvoyé pour avoir tué un homme et resta rônin pendant plusieurs années. Ce n'était pas en soi extraordinaire, Maeda Toshiie, le futur daimyô Kanazawa connut la même mésaventure.

Sans emploi, il trouva ensuite une place comme l’un des commandants de Katô Yoshiaki avec le rang de teppô-taishô, commandant des arquebusiers. Il y resta des années, récompensé pour ses prouesses lors de l’expédition de Corée. Il prit alors le nom de Danemon.

En 1600, la guerre entre les Toyotomi et Tokugawa pour la domination du Japon mena à la bataille de Sekigahara. Katô Yoshiaki et ses 3000 hommes se rangèrent du côté des Tokugawa. Ban Danemon était parmi eux.

Danemon, voyant le combat engagé, craignait de perdre l’occasion de s’illustrer. Tous savaient que cette bataille marquerait l'histoire et que la paix s'ensuivrait probablement. Autrement, une autre guerre ne se représenterait probablement pas de sitôt. Ce n'était pas le moment d'être timide, Danemon abandonna purement et simplement ses hommes pour plonger dans la mêlée, rendant ses arquebusiers inefficaces faute de chef.

Apprenant son abandon de poste, Yoshiaki réprimanda furieusement son vassal après la bataille (gagnée) mais Danemon refusa la punition et déserta le clan Katô en laissa une lettre : « Moi, Ban Danemon, un héros de la campagne de Sekigahara, quitte l’emploi du stupide seigneur Katô, qui a échoué à se distinguer dans la grande bataille parce qu’il manquait des qualités d’un chef. »

Yoshiaki ne fut… pas content.

Dans les années suivantes, Danemon passa au service de plusieurs seigneurs sans pouvoir vraiment s’y maintenir. A chaque fois, Katô Yoshiaki envoyait un hokokamae (une lettre de mise en garde) poussant à le chasser. Sa réputation de désobéissance et d'irrespect ne lui faisait pas non plus d'amis. L'époque était aussi à la méfiance envers les rônins qui commençaient alors à être criminalisés.

Un rônin pouvait autrefois refaire sa vie plusieurs fois, c'était un passage très commun dans la carrière d'un samurai. Ce n'était désormais plus possible, le rônin était désormais en rupture de ban. Ban Danemon survécut d'expédients, devenant même brièvement moine bouddhiste.

Une autre chance inespérée se présenta. Au début de 1614, il fut recruté par le clan Toyotomi qui réunissait à Osaka des troupes en prévision du conflit final contre Tokugawa Ieyasu. Danemon fit le même calcul que beaucoup : il y avait plus à gagner en cas de victoire du côté des Toyotomi. Il fit partie des assiégés du château d’Osaka lors de la campagne d’hiver 1614.

Toujours le sang chaud, il réunit 20 hommes avec lui pour attaquer par surprise de nuit le camp le plus proche, celui du clan Hachisuka, il réussit dans la panique générale à couper la tête d’un vassal de haut-rang et la rapporta dans son camp. Danemon gagna par ce coup d’éclat la gloire à laquelle il aspirait depuis si longtemps et m***a en grade parmi les rônins d'Osaka.

Le campagne d’hiver s’acheva par la soumission formelle des Toyotomi mais ces derniers poursuivirent leurs efforts de fortifications et dès l’été 1615 les Tokugawa étaient de retour pour mener le siège final devant Osaka.

Devenu chef d’une troupe de 3000 hommes, Danemon se retrouva à combattre aux côtés d’Okabe Noritsuna, qu’il détestait parce qu’il voyait en lui un rival lui disputant sa gloire. Lors de la bataille de Kashii, il s’illustra par son hardiesse en restant en première ligne. Ban était sur tous les fronts, donnant l'exemple.

Le 26 mai 1615, Ban Danemon découvrit qu'à son réveil, Noritsuna et ses hommes s'étaient déjà mis en marche contre l’ennemi alors que ses propres hommes n’étaient pas encore prêts (un mauvais coup il faut bien le reconnaître). Danemon, furieux, chevaucha et rattrapa Noritsuna sans mettre attendre sa troupe. Il défia son rival (et théoriquement allié) dans un combat à la lance et le mit à terre.

Pris dans son élan et voulant avoir l’honneur d’être le premier au combat, il se jeta ensuite sur les lignes ennemies. Rien ne l'arrêtait mais c’est alors qu’il se rendit compte que ses hommes n’avaient pas encore eu le temps de le rattraper et que les hommes de Noritsuna n’avaient aucune intention de lui venir en aide.

Il mourut au combat face à pas moins de 4 adversaires. Noritsuna fut blâmé pour avoir laissé massacrer Ban Danemon mais soyons honnêtes : il n'avait qu'à s'en prendre à lui-même.

Ban Danemon resta un exemple de courage et de force mais il montre aussi combien les guerriers du Sengoku Jidai correspondait peu à l’idéal du code du guerrier promut à l’époque Edo qui plaçait la fidélité au seigneur, la discipline et la maîtrise de soi avant toute autre chose. Déjà lors du siège d'Osaka, il était d'une espèce en voie de disparition.

13/05/2026

Le Sengoku Jidai, la période des guerres civiles du XVIe siècle, reste pour beaucoup de Japonais l’époque de référence d

22/04/2026

Le 21 avril 1591 le Japon fut secoué par un évènement aussi retentissant qu'étrange. Le maître de thé Sen no Rikyû se faisait seppuku sur ordre du régent Toyoyomi Hideyoshi. Qu'un fils de marchand soit contraint au su***de comme un guerrier était déjà singulier mais l'évènement marque a...

15/04/2026

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