Le Kyusho expliqué par Peter Pinard (martial institut) instructeur kyusho international : extrait d'un livre en attente de parution
" Les points vitaux (kyusho jitsu/dimmak)
Détermination et fonctionnement scientifique primaire
Le corps humain possède différentes zones anatomiques extrêmement réceptives et sensibles (nerveuses, vasculaires, …), permettant d'influer sur le système int
erne du corps; c'est ce que l'on appelle "point vital", ou "point de pression". Ces zones sont généralement de petites tailles, et difficiles d'accès, car protégées adéquatement par le corps; de sorte que le seul moyen d'y accéder est d'adopter l'angle et la direction adéquate, ainsi que l'arme naturelle la mieux adaptée et la manière d'attaquer qui va avec...
Nous employions très souvent la nomenclature de la Médecine Traditionnelle Chinoise pour nommer et situer les points (estomac n°5, cœur n°2, ...), non pas par vérité absolue, mais par simplicité. Tout le monde peut aujourd'hui se procurer des chartes d'acuponcture afin de situer la localisation des différents points. Il faut savoir que les diverses cultures asiatiques (chinoises, hindoues,...) font toutes récit de ces fameux points, et leurs théories peuvent aujourd'hui êtres comprises en partie par la Médecine moderne occidentale. Le kyusho demande donc aussi la maitrise de l’anatomie à son plus haut niveau. Les points vitaux n'ont pas pour seul action « détruire ou contrôler », mais aussi « guérir et soigner ». Ils nous permettent par divers mécanismes, d'agir à l'intérieur de notre corps, et, ce qui fonctionne dans un sens fonctionne aussi dans l'autre. Il était important dans les temps anciens, aussi bien de pouvoir tuer son adversaire que de savoir soigner ses proches en temps de guerre. Il ne faut donc pas passer à côté de cet aspect. Le kyusho est donc plus un ancien savoir, d'une inestimable valeur, qu'une simple technique de combat. D’autre part, la volonté des quelques élus du passé et des grands Maitres d’Arts martiaux de garder cette technique la plus secrète possible, a eu pour effet une quasi-disparition de ce savoir, le rendant incroyable et inconnu pour la plupart. L’objectif de l’Institut des Arts martiaux est de refaire découvrir le secret du « toucher mortel » et de « la paume empoisonnée » au monde…
Détermination du Kyusho
Le Kyusho est connu comme étant l'art de toucher les points vitaux du corps humain, les explications du phénomène divergeant en fonction des cultures.Cependant, aujourd'hui, l'occidentalisation du kyusho développe l'emploi parallèle de la médecine traditionnelle chinoise (MTC) comme fondement scientifique du phénomène. Pour de nombreuses raisons, certains considèrent que le kyusho doit nécessairement passer par un apprentissage purement et simplement dichotomique, fondé sur la localisation des points et sur l'apprentissage de la médecine traditionnelle chinoise. Ce dernier point est bien souvent à l'origine de diverses controverses, en effet, la médecine traditionnelle chinoise n'est pas à proprement parlé, considéré comme quelque chose de réel ou de sérieux par la majorité du monde occidental, mais plutôt comme une science parallèle, voire une pseudoscience... Dès lors, expliquer le fonctionnement du kyusho par cette dernière devient inéluctablement voué à l'échec, et privé de toute possible crédibilité. C'est pourquoi la question ne sera pas ici de discuter de la validité et de la réalité de la médecine traditionnelle chinoise, mais de l'explication du kyusho sur des bases scientifiques. Toutefois, il ne faut pas considérer pour autant que la MTC n'est qu'un mythe, mais seulement qu'il n'est pas en soi spécifiquement nécessaire de la connaitre pour pouvoir comprendre et pratiquer le kyusho, et que l'apprentissage de la science des points vitaux est un apprentissage indépendant de la MTC, et qu'il n'a pas besoin de contenir les théories de cette dernière pour être applicable ou maîtrisé. Ainsi, le but de cette étude n'est en rien de critiquer ou valoriser la MTC, seulement de considérer que son apprentissage dans le kyusho n'est qu'un accessoire. D'autant plus que les anciens maitres ayant connaissance des points vitaux n'expliquait eux-mêmes pas en général le phénomène par la MTC, que ces maitres soient chinois ou okinawaiens. La MTC aujourd'hui est la cause du côté mystique attribué au kyusho, c'est pourquoi, indépendamment de sa réalité, nous traiterons le kyusho dans une approche purement scientifique. Le kyusho, encore connu sous le nom de dim mak, dian xue; est un savoir permettant de moduler les fonctions de l'organisme par la connaissance anatomique des zones du corps où il est le plus simple d'atteindre des muscles, des tendons, des nerfs, des artères, des organes, et d'autres tissus spécifiques du corps, afin d'agir de diverses manières sur le fonctionnement du corps et le contrôler. Ainsi, le kyusho n'a pas pour unique objet les arts martiaux par la destruction et l'atteinte de l'organisme,mais peut aussi servir dans un contexte thérapeutique, sexuel, etc. Le kyusho est avant tout un savoir, une connaissance, une science; la science d'interagir sur le fonctionnement de l'organisme, par la stimulation précise de certaines zones du corps appelées points vitaux, points de pressions, tsubo, etc. Ces zones sont les endroits du corps humain où l'anatomie offre les façon les plus efficaces de stimuler le corps par divers moyens (nerfs, tendons, etc.). Néanmoins, il faut souligner que la seule connaissance de ces points et la façon de les stimuler, peu importe l'objectif recherché, sera insuffisante pour obtenir les effets désirés, il faudra absolument s'entrainer à développer un arsenal de techniques et habiletés pour influer sur ces zones. Dans l'exemple des arts martiaux, il faudra apprendre à développer une frappe spécifique en fonction des zones attaquées, afin de générer l'énergie suffisante à la stimulation correcte de ces zones. Il faudra de plus en général, employer une arme du corps (jointure du poings, paume de la main, etc.) spéciale, sans quoi on ne pourra atteindre efficacement la zone visée. La maîtrise de ces habiletés est la maîtrise du kyusho. Ainsi, il n'est pas nécessaire ex nihilo d'en comprendre le fonctionnement pour que cela marche, il faudra seulement apprendre la façon de le faire. De même, vous n'avez pas besoin de comprendre comment fonctionne un téléviseur pour pouvoir regarder la télévision...
Le problème, concernant le kyusho, ce sont les théories qui l'expliquent, elles n'ont elles-mêmes pas encore été réellement approuvées par la science occidentale, seule vérité pour le monde civilisé; c'est pourquoi, il vaut mieux, si l'on veut prouver un concept, employer des méthodes scientifiques reconnues...
Fonctionnement scientifique primaire, explication des effets d'un point de pression basique
Prenons l'exemple, pour les besoins de la démonstration,d'un point situé sur la face interne du poignet, approximativement deux à trois doigts sous la base du poignet, bien au centre de ce dernier. En acupuncture,ce point est appelé "péricarde n°6/Neiguan/ Maître-cœur n°6". Une forte pression sur cette zone, ou encore une frappe, pourra provoquer un engourdissement de la main, une douleur,des fourmillements dans cette dernière, ainsi qu'une perte de force voire une paralysie de certains doigts et de la main. Il peut subsidiairement se produire un affaiblissement du corps du côté de la zone attaquée. Pour comprendre les conséquences d'une action sur ce point, il faudra en étudier les causes. D'un point de vue anatomique, c'est à cet endroit que le nerf médian se rapproche de la surface de la peau, et ne bénéficie plus de la protection des muscles de la partie interne de l'avant-bras; on peut donc facilement l'atteindre par une pression ou une frappe. Ce dernier poursuit son chemin jusqu'à la base du poignet (canal carpien). C'est par ce canal que passent le nerf médian de la main ainsi que les tendons des muscles fléchisseurs des doigts . Ces tendons relient les muscles aux os de la main;c'est par eux que sont relayés les mouvement des muscles aux os. Enfin, le nerf médian transmet les signaux par lesquels le cerveau contrôle les mouvements des doigts et des mains, ainsi que de l'information sur la température, la douleur et les sensations tactiles. Il contrôle aussi la transpiration de la main. On comprend donc plus facilement pourquoi une attaque sur cette zone du poignet peut provoquer dans certains cas, paralysies des doigts, fourmillements et perte de force de la main, ainsi qu'une influence sur la transpiration de la main. Pour être encore plus précis et plus rigoureux, rappelons que le nerf médian est moteur pour le court abducteur, le court fléchisseur et surtout l'opposant du pouce. Son territoire sensitif intéresse la face palmaire des 3premiers doigts et la moitié du 4ème, ainsi que la face dorsale des 2ème et 3ème doigts au niveau de la dernière phalange. C'est ainsi que bon nombre de répercussions peuvent se produire sur la main lorsque l'on attaque ce point. Remerciements à Peter Pinard instructeur international niveau 3 ( kyusho international - fédération Evan Pantazi)