09/06/2026
50ans ça se fête et pour le coup 2026 marque le demi-siècle de « Loisirs ». Aussi loin que je me rappelle, je l’ai toujours connue cette boutique que mon oncle Claude et ma tante Chantal pilotaient jusqu’à notre retour dans le quartier Sandra et moi il y a déjà plus de 20ans. Je me souviens en particulier de cette première visite, je n’avais pas encore 5ans, qui m’avait mis des étoiles dans les yeux grâce au monte-charge hydraulique de la réserve… Space Mountain avant l’heure… Le statut de parc d’attraction pour petits et grands enfants de l’échoppe de la rue Jouchoux n’a pas changé dans mon esprit depuis!
Pour revenir à notre actualité ’Anniversaire’, l’équipe phosphorait sur le sujet depuis l’an passé. Mais pas simple d’imaginer ce qu’on peut faire dans le cadre pour un magasin qui est lui totalement hors cadre ! Comme en 1er jet, il convient de ne pas brider la créativité, toutes les propositions, mêmes les plus farfelues ont été posées sur la table : du défilé de mode en passant par le festival de diffusion de films d’aventure en présence de gloires de l’oxygène rare, ou du village de food-trucks sur le parking !
Mountain Expert est un terrain de jeu magnifique, on ne s’interdit rien là-bas, tout est possible pour peu qu’on ait un peu d’idée. Créativité, réactivité, agilité comme crédo face à d’autres concepts plus lourds et verrouillés, bien moins enthousiasmant à faire vivre… L’exercice est souvent sans filet, mais il a une saveur à nulle autre pareille.
Forcément, à un moment donné, il a tout de même fallu trancher et revenir sur terre en composant avec un budget raisonnable. Première question, pour quoi et pour qui monter cette opération ? Après tout qui se soucie de l’âge d’un magasin ? A l’ère du tout internet, le prix est la principale clef d’entrée serait-on tenté de penser… Seulement voilà, j’ai la faiblesse de croire qu’on peut encore avoir une relation qui soit aussi (au moins pour une part) construite autour de l’échange & l’accueil. Faire dans la qualité pour durer, c’est notre valeur ajoutée.
Partant de là, l’objectif était simple, « Créons un événement pour remercier nos clients et consolider notre relation avec eux ». Finalement, qu’est-ce que nous revendiquons : ni plus ni moins que d’être un endroit dans lequel ils trouveront de l’attention, de bons conseils et des produits de qualité le tout emballé dans de la bonne humeur, loin du stress des grands centres commerciaux. Notre événement en plus d’être attractif commercialement, se doit donc aussi d’être festif, convivial, rassembleur : quoi de mieux que la musique pour ça ?
Dites ainsi les choses semblent simples… « En vrai » comme disent les jeunes, pris par le quotidien, les multiples embrouilles, re**rds, absences et autres sujets urgents, nous avons fini par nous retrouver au pied du mur un mois avant notre ‘Happening’.
Premier accroc, la date. Initialement nous envisagions la fin mai à une date que nous avions fait valider à tous les commerciaux des marques qui nous suivaient pour l’événement. Bon fatalement ça n’a pas fonctionné comme prévu du fait d’une kyrielle d’autres réjouissances (dont les 80ans du Groupe et autres réunions de bilan), de la concomitance d’une anim’ d’un de nos concurrents et de la non-disponibilité du batteur de la formation sur laquelle nous misions notre performance. A moins de 3 semaines du week-end cible, on chamboule tout et on repousse d’une semaine à début juin… Rétrospectivement, une sage décision.
Havana Blue, groupe semi-pro rodé, bien connu de la scène locale et accessoirement compagnon de multiples et savoureuses soirées était la valeur sûre pour nous. Xavier, le leader a noté le truc dans son agenda surchargé, nous nous sommes tapé dans la main, « de combien de place tu as besoin ? », « 30m² environ », « si on fait le concert devant la façade, ça te va ?», « Ça doit faire, mais qu’est-ce qui se passe s’il pleut ? »
Ben oui, dans la région, on ne peut pas exclure l’hypothèse. Solution de repli : on démonte la moitié du magasin pour loger musiciens et clients au milieu des tentes et des sacs à dos. J’avoue que se créer des souvenirs d’anthologie après une bonne galère ne m’a jamais effrayé, mais de là à embarquer toute l’équipe du magasin dans mon délire, je sens bien que ça va être un poil compliqué ! Surtout qu’avec le décalage de la date, une partie du staff n’est carrément pas là (Opération épaule, ascension du Mont Blanc, repos programmé, concert…)! On fait donc appel aux ressources du Groupe pour récupérer quelques bras supplémentaires pour le jour J au cas où…
Second accroc (mineur) : Quitte à faire venir du monde en magasin, autant que nous ayons de la nouveauté à montrer. Première cible un tout nouveau ‘Corner Millet’. Seconde actu, un site internet tout neuf. Dans les 2 cas, re**rd à la clef et fin de chantier aux forceps pour début juin ! Entre la théâtralisation de la marque qui a pris ses aises en compactant les linéaires dévolus à ses concurrents et ses oublis de mobiliers… la mise en place m’a, je l’avoue, un peu crispé. En parallèle, pour le site Moutain-Expert.fr, que nous attendions depuis un an, les multiples réglages/relectures/corrections ont fait que la mise en ligne s’est faite quasi au jour de notre opération ! Ouf !
Troisième accroc, Tragique. La maman de Sandra, malade, plonge soudainement d’un « on ne voit plus rien sur vos analyses » à « il faut venir tout de suite, ça ne va pas du tout ». La situation se dégrade brutalement la semaine où nous avions au départ programmé notre fiesta. Il y a des priorités dans la vie. En pleine préparation d’anniversaire, d’achats pour le printemps prochain, de projection d’un nouveau magasin, d’AG de sociétés, nous montons en catastrophe à Nancy. Nous sommes vendredi 29 mai. Nous ne le savons pas encore, mais cette visite à l’ICL sera la dernière, Mariette nous quitte sans prévenir le lendemain matin. Tout le monde est dévasté dans la famille. Nous sommes à une semaine de la nouvelle date de l’anniversaire. Quoi faire ? Annuler ? J’y pense sérieusement, le cœur n’y est plus. Impossible de faire la fête dans ses conditions.
Sandra reste à Nancy pour préparer tout ce qu’il convient de faire en pareilles tristes circonstances. Après concertation, nous convenons qu’il faut tout de même lancer l’opération anniversaire par respect aux engagements et à l’investissement des uns et des autres. « The show must go on ». Dur. Il va falloir trouver de la ressource pour avoir la patate le jour ‘J’ surtout qu’à cet instant nous n’avons aucune visibilité sur la date des obsèques. La famille aimerait que les choses aillent vite… Pas de bol et dernier clin d’œil de ma Belle-mère que j’adorais taquiner, son enterrement aura lieu le vendredi 5 juin. Pile le jour de notre manifestation.
Dans l’intervalle et dans l’attente, il faut gérer l’intendance. Question : Combien de personnes vont venir nous voir vendredi et samedi prochain en sachant qu’à cet instant la météo est plutôt incertaine ? Nous avons fait plein de publications sur nos réseaux, envoyé des mails et plusieurs milliers de SMS, mais pour quel retour ? Je n’en sais rien, or nous avons imaginé de faire un apéro concert devant le magasin et entre 5 et 500 personnes, ça fait une petite différence sur les kilos de bretzels à acheter ! Coté boisson, nous nous sommes mis d’accord avec un de nos client qui gère la brasserie ‘Threebu’ : 3 futs de bière APA et un fût de citronnade… ajoutons quelques flacons de Mazurd Village…On verra bien s’il y en a trop ou pas assez.
Pour le matériel du show, j’ai dégoté, en location, des éléments de praticable à monter pour faire une scène digne de ce nom : 5 mètres par 6 qu’il faudra assembler sur les places PMR du magasin (celles qui ont le moins de pente !). Un détail : il faut aller chercher ces modules chez ‘Espace Concept’ à Chalezeule. On saute dans le camion jeudi matin avec Théo et nous voilà sur place en compagnie de Pierre Charles en train de compter des pieds télescopiques (60 !) et d’écouter religieusement les consignes de montage avant de charger une palette de 16 éléments avec un Fen’ asthénique dans une finesse toute relative. Comme les fourches de l’engin sont moins longues que les 2 mètres de long de la palette, il faut pousser l’ensemble dans le coffre, ce qui pousse également le camion malgré son frein serré et sa vitesse enclenchée !
Pour pourvoir à toutes les petites animations que nous avons imaginées, Thibault a sollicité nos fournisseurs pour des petits lots à faire gagner. Beaucoup ont joué le jeu et nous avons plein de trucs sympas à distribuer du sac à dos Millet au gazpacho lyophilisé ! Nicolas, Théo et Fabienne répartissent l’ensemble dans des cartons (1 par heure !) pour faciliter les manips. Les choses prennent tournure, mais le temps est toujours aléatoire, on nous annonce des averses le matin, 15°C au mieux l’après-midi…
Début de la journée de vendredi à 5h. Départ pour Lunéville. Le chien de Théo qui n’est jamais malade en voiture vomi au moins 2 kg de croquette dans le coffre.
Cérémonies. Émotion. Recueillement.
15h Retour vers Besançon. 17h45, kiki a retrouvé son panier et nous découvrons les vitabris campés par les marques et la scène assemblée par Gérald et Cassandra. Les musicos ont commencé à mettre en place lumières et sono: franchement ça a de la gu**le ! Par miracle, le temps est au grand beau et en plus il fait bon ! On dirait que les choses s’arrangent…
A 18h30, il y a déjà un monde fou dans le quartier. Gérald s’efforce de faire la circulation et envoie les gens se garer sur le parking du restau des ‘Halles’ à côté. C’est rapidement un souk total, des voitures partout, à la banque, chez les peintres, c’est l’anarchie sur les trottoirs, si bien que la Police de passage s’inquiète quelque peu… pour finalement se raviser en apprenant de quoi il s’agit et nous dire qu’ils passeront boire un coup avec nous !
19h00, il est temps de mettre en place ce qui va devenir la buvette. Les premiers tâtonnements de tirage ne sont pas concluant : trop chaud, trop de mousse ! Jamel, un copain du Groupe vient prêter main forte. On finit par trouver le bon réglage, l’ami ne va pas lâcher le manche de la tireuse de toute la soirée ! Les plus de 200 verres dont nous disposons ne suffisent pas il faut rapatrier en catastrophe des gobelets en carton ! Fabienne et Louane sortent les chips, pâtés, cahouettes et autres bricoles sur les tables que nous avons disposées autour de la scène... pas de perte ce soir, tout sera englouti, il ne restera rien ! (ceinture pour le staff et les musiciens !)
A l’intérieur du magasin, c’est la folie aussi, la queue s’étend jusqu’au milieu du rayon textile. William, récent retraité de passage pour la soirée est appelé à la rescousse dans son ancien rayon ! Les commerciaux présents aident comme ils peuvent également. Pour simplifier et fluidifier les choses, nous optons en catastrophe pour une remise unique textile et chaussure alors qu’au départ nous avions planifié des ventes flash différentes par rayon toutes les heures.
19h30 le concert d’Havanna Blue débute. Chaude ambiance et accueil enthousiaste d’un public conquis par la prestation et le répertoire (et malgré des vocalises pathétiques de votre serviteur sur ‘Soulman’ de Ben l’oncle Soul…Merci Xavier !). Le set s’enchaine, les clients chantent et dansent devant la façade du magasin !
Bascule dans un autre espace-temps ensuite… On n’a pas tout compris. Après une mini coupure où quelques jeux ont permis de faire gagner des cadeaux au public (Aaahhh le jeté de casquette ou de chaussette dans la foule !). Quelques solos de Jean Pierre, de duos avec Lou Jeanne, Lolo, Christophe, Philou, Alexis au taquet, un Xavier plus habité que jamais et nous nous sommes retrouvés à 22h, hagards au milieu d’un parking en train de se vider.
Manifestement, le truc a plu à voir la banane des gens et leurs remerciements !!! La vraie soirée entre amis ! Top, vraiment Top !
Il est 23h30 quand les coffres remplis d’instruments et d’éléments de scène se referment enfin… Quelle journée !!!
7h30 Samedi, on remet ça ! Démontage de la scène, chargement au plus près de la porte du coffre du camion. Un peu de rangement, de vaisselle et les premiers participants aux tests vélo et running arrivent dans le quartier.
Le temps est toujours de la partie contre toute attente. Antoine qui est rentré à 5h d’un concert se charge du café et s’éclaircie les idées avant d’embarquer ses troupes en Gravel du côté de Chailluz. Liva drive pour sa part les tests chaussures avant d’emmener tout le monde trottiner en haut de Planoise. Un peu avant que les troupes ne soient de retour, le vent se lève et une partie des Tuc et chips posés sur les tables s’envolent sur le parking ! Heureusement pour les sportifs, il reste encore un peu de citronnade et de quoi tirer quelques bières !
L’après-midi, place à l’animation en magasin. Micro en main, Xavier fait ses débuts en la matière. Aujourd’hui, c’est cadeau, « Personne ne perd à Mountain Expert ! » ainsi ses nombreuses variantes vont raisonner jusqu’à la fermeture pour faire gagner une foultitude de lots aux clients. Certains clients un peu réticents au départ se prennent au jeu et cèdent au bagout de l’animateur au cours de challenges de vitesse de démousquetonnage ou de pesages d’un antique sac de randonnée ! Bonne humeur communicative, fou-rires, tutoiement de rigueur avec Jojo (Josianne), Chico ou plus exotique avec Jemina, et Mérové… les gens en redemandent !
19h, tous les cadeaux ont été distribués même l’improbable évier portable ou les portions de thon à la basquaise lyophilisé ! Toute l’équipe est rincée mais ravie…Ça fait du bien quand ça s’arrête, mais c’était tellement bien quand on était dedans !!! On n’a pas 50ans tous les ans, mais qu’est ce qu’on fait l’an prochain ?
Epilogue : Lundi matin retour à Chalezeule pour rendre la scène. Une voiture brule un feu rouge sur le boulevard, je pile et tous les modules traversent le coffre du camion et s’arrêtent contre la cabine… Bref, c’est encore raté, on ne se sortira pas la palette d’un coup de chariot élévateur, opération biscotto de bon matin ! Décidément dans un sens comme dans l’autre, rien n’est jamais acquis !
Merci à tous, pour votre présence et votre soutien !
OC😅