13/04/2026
Fidélité et constance : les clés d’une progression juste et durable
À une époque où tout va vite et où l’on change facilement de cap, la fidélité semble parfois être une qualité d’un autre temps. Et pourtant, c’est elle qui donne toute leur profondeur aux relations humaines, comme à la progression équestre. La fidélité, ce n’est pas seulement revenir : c’est s’engager dans la durée, accepter le temps long, faire confiance au processus.
Cet hiver, au Haras du Levain à Besançon, cette fidélité a pris tout son sens. Grâce à l’organisation de Thibault Letoublon, nous avons pu nous retrouver deux fois par mois, dans une ambiance à la fois studieuse et chaleureuse. Très vite, un noyau de cavaliers s’est formé, fidèle au rendez-vous, porté notamment par l’impulsion de Thibault, mais également de Muriel Leneutre, qui a su entraîner avec elle élèves et amis. Parmi les participants, le cavalier du haras, Tanguy Grandjean, mais aussi beaucoup d’autres que je ne peux tous citer ici, mais que je remercie sincèrement. C’était un groupe merveilleux, et observer leurs progrès, aussi bien des chevaux que des cavaliers, m’a apporté une énorme satisfaction.
Ce qui rend ces moments précieux, c’est la régularité. Elle permet d’installer un véritable travail de fond. Nous avons commencé par approfondir le dressage, affiner les bases, revenir sur les détails. Puis, progressivement, les barres au sol ont jalonné notre progression, avant d’aboutir naturellement à l’enchaînement de parcours à l’approche de la saison de concours. Rien de spectaculaire à première vue, mais une construction patiente, cohérente et solide.
Car progresser, ce n’est pas brûler les étapes. C’est accepter de douter, de se remettre en question, de travailler encore et encore ce qui semble acquis. L’hiver est une saison idéale pour cela : loin de la pression des compétitions, elle offre un espace pour réfléchir, corriger et évoluer. Elle demande aussi de l’humilité — cette capacité à reconnaître que l’on peut toujours faire mieux, autrement, plus juste.
Au fil des stages, j’ai vu naître quelque chose de plus grand qu’une simple progression technique : une philosophie. Celle d’un travail sincère, d’un respect du cheval et d’un engagement personnel. Une manière d’être autant que de monter. Et cela n’aurait pas été possible sans cette fidélité, sans cette constance dans l’effort et dans la présence.
Je tiens également à souligner l’accueil exceptionnel qui nous a été réservé à chaque stage. Les parents de Thibault nous ont offert bien plus que des repas : de véritables moments de partage, avec une mention toute particulière pour les desserts du papa, pâtissier à la retraite. Ces instants rappellent que l’équitation est aussi une aventure humaine, faite de liens, de simplicité et de générosité.
J’aime ces moments où chacun retrousse ses manches, où l’on travaille avec sérieux mais aussi avec enthousiasme et passion. C’est dans cet équilibre que naissent les plus belles progressions.
Alors oui, la fidélité est une richesse. Elle ne fait pas de bruit, elle ne cherche pas à briller, mais elle construit, elle élève, elle transforme.
Elle apporte aussi cette stabilité indispensable à toute progression, qu’elle soit équestre ou humaine. Elle permet, avec le temps, de créer de véritables repères, des relations solides sur lesquelles on peut s’appuyer, dans les moments de doute comme dans les moments de réussite. Et, presque toujours, elle finit par être récompensée.
À vous tous qui avez été présents, assidus et engagés tout au long de cet hiver, que ce soit au Haras du Levain ou dans d’autres structures qui, année après année, m’accordent leur confiance, je veux dire encore merci et vous souhaiter une saison de compétition 2026 à la hauteur de votre travail : juste, confiante et pleinement accomplie.
Car les plus belles réussites ne naissent pas d’un instant… mais de tous ces moments partagés, patiemment construits, dans la fidélité et la confiance.
Sportivement vôtre,
Éric
En photo: Muriel Leneutre et Tanguy Grandjean