20/04/2024
🤩🏁 Bonsoir à tous 🥰🤩En cet anniversaire (les 24h du Mans 2024 ont lieu ce week-end), nous repartageons symboliquement le post de notre apogée 2023😊 !
---..Après quelques jours de silence, voici un compte-rendu et quelques belles photos pour vous faire partager mon expérience du week-end dernier, lors du 🏁 𝗖𝗵𝗮𝗺𝗽𝗶𝗼𝗻𝗻𝗮𝘁 𝗱𝘂 𝗠𝗼𝗻𝗱𝗲 𝗱'𝗘𝗻𝗱𝘂𝗿𝗮𝗻𝗰𝗲 𝟮𝟬𝟮𝟯 👉 à 𝗹𝗮 𝗺𝘆𝘁𝗵𝗶𝗾𝘂𝗲 é𝗽𝗿𝗲𝘂𝘃𝗲 𝗱𝗲𝘀 𝟮𝟰 𝗵𝗲𝘂𝗿𝗲𝘀 𝗱𝘂 𝗠𝗔𝗡𝗦 🏁
Avant tout, je vous remercie sincèrement pour la vague de soutien que nous avons reçue tout au long de la semaine !
Bon... C'est 𝗜𝗡-𝗖𝗥𝗢𝗬-𝗔𝗕𝗟𝗘 : j'ai terminé les 24h du MANS et, sacré bonus, à la 12ème position du classement SUPERSTOCK ! Je balance l'essentiel d'emblée, pour enfin oser l'écrire NOIR sur BLANC. 📖
« 𝗡𝗲 𝗿𝗲𝗻𝗼𝗻𝗰𝗲𝘇 𝗷𝗮𝗺𝗮𝗶𝘀 à 𝘂𝗻 𝗿ê𝘃𝗲 𝗷𝘂𝘀𝘁𝗲 à 𝗰𝗮𝘂𝘀𝗲 𝗱𝘂 𝘁𝗲𝗺𝗽𝘀 𝗾𝘂’𝗶𝗹 𝗳𝗮𝘂𝗱𝗿𝗮 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗹’𝗮𝗰𝗰𝗼𝗺𝗽𝗹𝗶𝗿. 𝗗𝗲 𝘁𝗼𝘂𝘁𝗲 𝗳𝗮ç𝗼𝗻, 𝗹𝗲 𝘁𝗲𝗺𝗽𝘀 𝗳𝗶𝗻𝗶𝘁 𝘁𝗼𝘂𝗷𝗼𝘂𝗿𝘀 𝗽𝗮𝗿 𝗽𝗮𝘀𝘀𝗲𝗿. »
Je commence par citer l'auteur Earl Nightingale, qui symbolise très bien ce que j'ai vécu ces derniers temps, tous simplement parce qu'aujourd'hui j'ai du mal à trouver les mots. C'est vraiment compliqué de décrire ce que je ressens, et ce que j'ai vécu pendant cette aventure mythique.
Alors que passer dans la catégorie reine, en 1000cc, constitue déjà un énorme changement lors de cette saison 2023, j'ai en + l'honneur d'avoir été sélectionné, puis qualifié, pour l'ouverture du Championnat du Monde FIM Endurance World Championship EWC.
Bon sang ! Si l'on avait pu imaginé cela, en 2019, lors de ma première saison... Ce n'était qu'un mirage inespéré, et inespérable !
Et pourtant... Tout cela est visiblement bien arrivé ! J'y suis parvenu... Oui, on parle bien d'un véritable rêve réalisé, une case cochée sur la bucket list, un "truc à faire avant de mourir..."
J'en suis fier et heureux. Maintenant, soyons franc, c'est dur, tellement, tellement dur... ! Mais si c'était facile, ce ne serait pas le Championnat du Monde !
Cette épreuve, c'est le summum de la mise en contrainte de l'homme et de la mécanique, lors de laquelle on amène à la limite l'usure de tout et de tous, véritable défi humain et test de résistance grandeur nature, agrémenté bien sûr, d'importantes prises de risques.
Voici les grandes lignes de cette semaine de dingue.
Pour rentrer un peu plus dans le détail de la course: tout d'abord, il faut savoir que j'ai connu une première chute, lors des essais libres mardi après-midi, au cours d’une séance pluvieuse. Entièrement de ma faute, j'ai commis une erreur de trajectoire en plus d'un mouvement certainement brusque au changement d'angle. La moto n'a pas tant de dégâts que ça, tout comme moi, ayant seulement entamé légèrement ma confiance dans le virage du raccordement lorsque humide.
Jeudi était le premier GRAND JOUR puisque les qualifications se déroulaient dans l'incertitude de la météo pour tous les pilotes. La séance qui était la mienne (pilotes brassards ROUGE) s'est déroulée sur un circuit mi-détrempé, mi-sec ! Cela dépendait des secteurs sur le circuit. Je parts donc en PNEUS PLUIE et bien sûr, donne le maximum malgré ces délicates conditions. Ca passe !!! Je rentre dans la limite des "108%" qui nous impose un certain chrono maximum basé sur celui du 1er de notre série.
Jeudi, 17h20, c'est fait : 𝗷𝗲 𝘀𝘂𝗶𝘀 𝗾𝘂𝗮𝗹𝗶𝗳𝗶é 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝘂𝗻𝗲 𝗰𝗼𝘂𝗿𝘀𝗲 𝗱𝗲 𝗠𝗢𝗡𝗗𝗜𝗔𝗟, 𝗽𝗿𝗲𝗺𝗶è𝗿𝗲 𝗴𝗿𝗮𝗻𝗱𝗲 é𝗺𝗼𝘁𝗶𝗼𝗻 !
Une goutte d'eau parmi l'océan qui m'attends: affronter une course de 24h, à 3 pilotes, se relayant sur une seule et unique machine.
Mes 2 co-équipiers sont Benjamin CIVRAY et Frédéric BESSON, issus du Championnat WERC également.
Le départ à lieu samedi à 15h et c'est Benjamin qui est chargé de cette mission.
Nous enchainons nos relais de manière régulière et remontons progressivement dans le classement général, connaissant tout de même quelques problèmes techniques (platine de repose-pieds rompue, collecteur d'échappement HS)
L'équipe technique, professionnelle et réactive, réalise un boulot impeccable pour nous permettre de repartir au plus vite. La nuit tombe et les complications avec…
Cette édition, pleine de pièges, est décrite comme l'une des plus dures par les pilotes de renommée internationale. Nous avons connu un froid constant pendant la période nocturne, oscillant entre 3 et 5 degrés, mais aussi de nombreux dépôts d'huile sur le circuit ainsi qu'un brouillard opaque permanent dans différents secteurs du circuit.
Malheureusement, je fais partie des pilotes pris dans une chute collective, vers 4h30 du matin, à l'entrée du virage du raccordement. A ce moment, je suis en fin de relai, 31ème tour, je m'attends à bientôt rentrer au BOX pour trouver un léger répit, gelé et usé, ne voyant quasiment rien à cet endroit. Soudain, j'ai à peine le temps de voir devant moi 2 concurrents s'envoler en direction du bac à gravier que je me retrouve aussitôt éjecté à terre, comprenant que de l'huile se trouve sur la trajectoire. Bien que sonné, je réalise que je n'ai pas de blessures et fais le maximum pour ramener la moto bien amochée au BOX...
Toute l'équipe technique bondit et enchaîne directement un balai mécanique pour remettre la moto en état (le train avant était H.S, voir photo ci-joint)
23mn plus t**d, mon coéquipier Benjamin repart au guidon de la machine, nous avons dégringolé aux alentours de la 40ème place au général suite à cet important aléa.
Quant à moi, après un court passage chez l'osthéo, je fais une légère sieste de récup.
Au réveil, c'est la do**he froide: je suis endolori de partout, j'ai du mal à marcher, et j'avoue être bien "calmé" par cette chute brutale qui ne m'a pas prévenu.
Il faut pourtant se faire violence, hors de question pour moi de ne pas aller jusqu'au bout !
J'entame mon relai suivant au lever du soleil mais toujours dans un brouillard nébuleux. Je reprends progressivement confiance. Finalement, nous ne connaîtrons plus d'embûches techniques, les relais défilent et nous franchissons la ligne d'arrivée à 15h.
🤩 L'image semble onirique et irréaliste, pourtant je croise bien le regard d'autres membres de l'équipe qui me confirment que nous l'avons vraiment fait: FINIR les 24h du MANS, l'une des courses les plus dure, au sens large, du monde.
En + de leur fatigue, je vois la fierté et le soulagement dans les yeux de mon père et de ma femme.
Moi… je n'ai pas les mots, et j'ai envie de repos... [rire].
Le pessimiste en moi est bien sûr tenté de dire que sans ces quelques soucis techniques et ma chute, le top 10 était à notre portée, mais l'optimiste me rappelle que terminer 12ème, dans ces conditions, c'est juste formidable ! 🤩
Je remercie sincèrement le Team 50 & 212 Motors Events WERC de m'avoir fait confiance, Philippe Dobe pour tous ses précieux conseils, l'équipe technique pour son travail sans faille, et mes coéquipiers d'avoir été rapides et réguliers car cette course nous l'avons vaincue à 3 !
Je vais conclure par un simple constat personnel, professionnel et sportif. Ces derniers mois, j'ai appris que l'on pouvait: me voler de l'argent, me voler des idées, des projets, me voler des paroles, on peut nous voler de la liberté ou même ce que l'on a de plus rare: le temps !
𝗠𝗮𝗶𝘀 Ç𝗔, 𝗼𝗻 𝗻𝗲 𝗺𝗲 𝗹'𝗲𝗻𝗹è𝘃𝗲𝗿𝗮 𝗷𝗮𝗺𝗮𝗶𝘀 𝗲𝘁 𝗷𝗲 𝗺𝗼𝘂𝗿𝗿𝗮𝗶𝘀 𝗮𝘃𝗲𝗰 : 𝗷𝗲 𝘀𝘂𝗶𝘀 𝗙𝗜𝗡𝗜𝗦𝗛𝗘𝗥 𝗱𝗲𝘀 𝟮𝟰𝗵 𝗱𝘂 𝗠𝗔𝗡𝗦, 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝗹𝗲 𝗧𝗢𝗣 𝟭𝟱 𝗺𝗼𝗻𝗱𝗶𝗮𝗹 ! 𝗝𝗲 𝗻'𝗮𝗶 𝗽𝗮𝘀 𝘁𝗼𝘂𝗷𝗼𝘂𝗿𝘀 𝗿é𝘂𝘀𝘀𝗶 𝗰𝗲 𝗾𝘂𝗲 𝗷'𝗮𝗶 𝗲𝗻𝘁𝗿𝗲𝗽𝗿𝗶𝘀, 𝗺𝗮𝗶𝘀 Ç𝗔, 𝗷'𝗲𝗻 𝘀𝘂𝗶𝘀 𝘁𝗿è𝘀 𝗳𝗶𝗲𝗿, 𝗲𝘁 𝗷𝗲 𝗻𝗲 𝗹'𝗮𝗶 𝗽𝗮𝘀 𝘃𝗼𝗹é !
Cela est dit et scellé, je remercie du fond du cœur : mes parents Angelique Ballais / Angélique Ballais et Denis Ballais, ma femme Da Silva, ma famille, et bien sûr l'ensemble de tous mes partenaires qui sont les fondations de cette réussite. 🥰
Enfin, je me permets encore de solliciter d'éventuels nouveaux sponsors, et j'ai l'espoir que ce petit exploit saura attirer l'attention d'entrepreneurs / mécènes pour me permettre d'amortir "une partie du risque" que comporte cette aventure sportive et professionnelle.
𝗟𝗮 𝘃𝗶𝗲, 𝗰𝗲 𝗻’𝗲𝘀𝘁 𝗽𝗮𝘀 𝘀𝗲𝘂𝗹𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗿𝗲𝘀𝗽𝗶𝗿𝗲𝗿, 𝗰’𝗲𝘀𝘁 𝗮𝘃𝗼𝗶𝗿 𝗹𝗲 𝘀𝗼𝘂𝗳𝗳𝗹𝗲 𝗰𝗼𝘂𝗽é ! – 𝗔𝗹𝗳𝗿𝗲𝗱 𝗛𝗶𝘁𝗰𝗵𝗼𝗰𝗸
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Julien Ballais'