12/10/2025
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On entend parfois qu’il faudrait rendre l’Aïkido plus “féminin”.
Mais qu’est-ce que ça veut dire exactement ?
👉 Pour certaines, c’est homogénéiser l’Aikido en allant vers une pratique plus rugueuse, plus physique, en gommant les différences avec les hommes.
👉 Pour d’autres, c’est au contraire affirmer leur singularité, leurs particularités physiques, leur rapport différent au corps et au mouvement.
Mais féminiser l’Aikido, c’est aussi prendre une place dans son club, dans sa ligue ou dans sa fédération.
Et quand on parle de « prendre une place » dans l’Aïkido, il ne s’agit pas seulement d’intégrer les instances dirigeantes ou d’assumer des responsabilités administratives — souvent peu attractives, parfois difficiles d’accès, notamment par manque de temps ou de disponibilité.
Prendre une place, c’est aussi très concrètement :
👉gérer la communication du club,
👉animer des cours,
👉se voir confier un créneau spécifique,
👉être encouragée à passer ses grades ou ses diplômes d’enseignement,
👉ou encore bénéficier d’espaces spécifiques, comme des cours non mixtes.
Féminiser l’Aïkido, c’est permettre aux femmes de jouer un rôle dans le développement de notre discipline et de se positionner comme une part indispensable de son équilibre : sans elles, l’Aïkido reste construit par et pour des corps masculins ; avec elles, il intègre d’autres gabarits, d’autres sensibilités et d’autres façons d’enseigner.
Rappelons-le, les différences entre hommes et femmes existent. Elles sont physiologiques, mais aussi sociales. Et comme le tatami est un miroir de la société, les mêmes problématiques s’y retrouvent.
Plutôt que de balayer la question, demandons-nous : quels sont les vrais enjeux à mettre en lumière quand on parle des femmes et de l’Aïkido ?
À mes yeux, tant que le mot féminisme restera connoté négativement, et tant qu’on cherchera à gommer les différences entre hommes et femmes, on risque de passer à côté de l’essentiel.
Or c’est précisément dans la reconnaissance de ces différences que l’on peut redonner tout son sens à l’harmonie, qui est l’essence même de notre discipline.
Yéza