30/03/2026
“L’amour dure 6 mois.”
Ou 3 ans. Ou 3 jours, mais pas longtemps.
Du moins c’est ce que je croyais…
Jusqu’à ce que je comprenne que ce n’est pas l’amour qui s’arrête… c’est le rôle que je jouais.
La passion c’est le début. Les papillons, les frissons, l’extase d’un mot, l’intensité d’un regard. On pourrait ne se nourrir que de la présence de l’Autre.
Celui qui nous renvoie l’image de nous-même qui nous fait taaaaant de bien.
Parce que dans cette phase, qui est très influencée par notre système hormonal, tout est flou, tout est fou ! Mais… tout est aussi, en grande partie, faux.
Faux parce qu’on s’adapte à l’autre.
Pour plaire, séduire, être aimé.
On se sacrifie pour l’autre.
On s’oublie pour l’autre.
On se réinvente pour l’autre.
« La musique latino tu détestes ah oui ?
Ah non non en effet je n’aime pas non plus… »
« Harry Potter c’est toute mon enfance ! »
« Quoi, le truc nul là avec les sorciers ? »
« …Oui bon euh d’ailleurs j’en veux à mes parents de m’avoir montré cette horreur ohlala ! »
(*histoire véridique entre nous, sortons les dossiers !)
On se met à aimer ce que l’autre aime, à manger ce qu’il mange, à découvrir son univers… on écoute avec enthousiasme tous ses points de vue, ses avis, opinions… avec le filtre de la passion !
Et puis ça marche plutôt bien.
Chacun fait un pas vers l’autre et « oh c’est incroyable, on se correspond tellement bien ! »
L’alchimie est là.
Que c’est délicieux de se sentir aussi compris et aimé.
Mais quelques temps plus t**d…
On redevient soi-même, naturellement.
(Et tant mieux, non ?) »
Et là… la friction commence.
Comme des adolescents en rébellion quelque part. Nous qui nous sentions si pleins de l’autre, soudain le vide s’installe.
On se manque à soi-même.
Il n’y a au final que ce qui nous appartient, nous correspond qui peut nous combler.
L’erreur c’est de ne pas en avoir conscience, et de rejeter la faute de ce mal être sur l’autre. On commence à se juger, à s’en vouloir de ne plus être notre fantasme réciproque.
Et sans s’en rendre compte…
On commence à vouloir changer l’autre.
Peut-on alors parler d’amour quand on attend de l’autre qu’il soit autrement que ce qu’il est ?
N’est-ce pas absolument narcissique de vouloir que l’autre soit comme nous ?
N’est-ce pas finalement la preuve de notre propre désamour que d’attendre que l’autre nous aime, au final pour ce que nous ne sommes même pas…?
Et si nous acceptions que la passion est aussi éphémère que les papillons…? Alors nous pourrions véritablement aller à la rencontre de l’autre.
Et si nous réalisions qu’un « je t’aime, je suis désolé » après une dispute de fatigue ou une bataille d’égo est la plus belle preuve d’amour qui soit.
J’ai vu le visage d’Albane en colère, triste, honteux aussi. Elle a vu aussi mes facettes intimes, celles qu’on expose pas sur Instagram.
Et pourtant nous revoilà ensemble après 2 ans de séparation, à nous aimer sans fard et sans filtre, à nous dire qu’on s’aime là où on est pas jolis jolis.
Qui d’autre que notre amoureuse peut nous enseigner l’Amour de soi, en nous admirant là où il fait sombre ?
En nous aimant là où nous-mêmes on se juge et se flagelle.
S’aimer en costar cravate ou en robe à paillettes, c’est facile ! Mais qui nous aime réellement en pleine nuit, quand les masques tombent…
Celle et celui que l’on a aimé passionnellement, et que l’on aime désormais véritablement…
Alors au lieu de vouloir changer l’autre…
Voyons plutôt ce qu’il active en nous que nous n’aimons pas, et embrassons le encore plus fort à ce moment là.
Que le couple soit un espace où nous pouvons apprendre, grandir et nous épanouir.
Parce qu’au fond…
L’amour, ce n’est pas trouver quelqu’un qui nous ressemble.
C’est accepter que c’est justement nos différences…qui nous rendent complets, ensemble.