31/08/2026
À toi, mon Iéna,
Je ne sais pas vraiment comment écrire cette lettre. Il y a des au revoir que l'on prépare, et puis il y a ceux que l'on repousse jusqu'au dernier moment parce qu'au fond, on espère encore ne pas avoir à les vivre.
Aujourd'hui, je t'ai dit au revoir. Et maintenant que tu vas partir, je réalise que je ne te reverrai probablement jamais.
Tu n'as jamais été simplement un poney pour moi. Tu étais là au début. Tu étais l'un des poneys de cette transmission que René m'a laissée. Le dernier étalon d'Audes. Celui qui a continué, à sa manière, à porter un peu de cette histoire après lui.
Avec toi, j'ai vécu tellement de premières fois. Mes premiers concours tout seul. Mes premières décisions. Mon premier Championnat des 3 ans Sport. Ton classement. Ton approbation PFS.
À cette époque, je débutais. Je ne savais pas encore tout ce que je sais aujourd'hui. J'apprenais, et toi, tu étais là. J'aurais aimé pouvoir revenir à cette époque avec l'expérience que j'ai aujourd'hui. J'aurais aimé avoir davantage confiance en toi. En moi aussi. J'aurais aimé faire certains choix différemment et peut-être t'offrir la carrière de performer que tu méritais.
C'est probablement le regret que je garderai toujours. Je sais pourtant que j'ai fait comme je pouvais, avec ce que je savais à ce moment-là. Mais ça ne m'empêchera jamais de me demander ce qui aurait pu être différent.
Alors, pardonne-moi. Pardonne-moi pour les choix que je n'ai pas su faire au bon moment.
Et merci. Merci d'avoir été là lorsque je commençais à avancer seul. Merci pour ces premières expériences. Merci de m'avoir appris, parfois sans même que je m'en rende compte, à devenir l'éleveur que je suis aujourd'hui.
Je n'oublierai jamais non plus ceux qui ont pris le relais lorsque je n'ai pas su tout faire seul. Yannick et Julie, qui t'ont accueilli et accompagné pendant ces trois dernières années, et tous ceux qui ont contribué à ton histoire. Je leur en serai toujours reconnaissant.
Aujourd'hui, je dois accepter que ton histoire continue sans moi à tes côtés. Mercredi, tu prendras la route de l'Espagne. Je sais que je ne te reverrai probablement jamais. Cette pensée me fait mal, mais je veux essayer de ne pas garder uniquement la tristesse.
Je veux être fier. Fier de toi. Fier de ce que tu as représenté dans mon histoire. Fier de savoir qu'une nouvelle page va s'écrire pour toi.
Je crois que René aurait compris. Je crois même qu'il aurait probablement fait le même choix. Parce que l'élevage, ce n'est pas seulement garder. C'est aussi savoir transmettre, savoir laisser partir et accepter que certains poneys continuent leur histoire loin de nous.
Alors va, mon Iéna. Va écrire cette nouvelle page. J'espère que tu seras heureux. J'espère que tu seras aimé. J'espère que ceux qui croiseront ta route comprendront la valeur du poney que tu es.
Aujourd'hui, je t'ai dit au revoir. Et je sais que je ne pourrai jamais vraiment tourner cette page. Tu resteras dans mes souvenirs, dans l'histoire d'Audes, dans tout ce que tu m'as appris et dans cette part de moi qui s'est construite avec toi.
Bonne route, mon Iéna.
Merci pour tout.
Et pardonne-moi pour tout ce que je n'ai pas su faire.
Je t'aime suffisamment pour te laisser partir. Et je crois que c'est probablement la chose la plus difficile que j'aie eu à faire pour toi. ❤️
🇫🇷 Iéna restera disponible en IAC en France pour les prochaines années.