26/08/2026
🐾 LA VIOLENCE NE LAISSE PAS TOUJOURS DE TRACES SUR LA PEAU 🐾
J’ai connu dans mon entourage un homme qui exerçait une pression constante sur sa famille. Sa femme et ses enfants ne pouvaient pas faire un geste sans être répréhendés. Il contrôlait tout, dirigeait tout. Il exerçait sa petite dictature sans aucune sanction physique. Mais c’était tout de même une dictature.
Cet homme a fini par tout perdre, car sa famille n’a plus supporté cette tyrannie du quotidien. Malheureusement, ce genre de situation, extrêmement courante, ne se finit pas toujours bien pour les victimes. Beaucoup de femmes et d’enfants subissent une pression permanente pendant des années sans rien pouvoir faire, parce qu’il faut finir de payer la maison, parce que Monsieur a pris le contrôle du compte en banque de Madame, ou tout simplement parce que les victimes craignent des représailles suite à leur départ. Il n’y a pas de coups, certes, mais il s’agit tout de même d’une forme de violence conjugale : c’est de la violence psychologique, et c’est punissable par la loi.
De nombreuses femmes et de nombreux enfants subissent régulièrement de la part de l’homme de la maison une ou plusieurs des situations suivantes :
- Un contrôle des interactions, des sorties, un jugement porté sur les fréquentations (« Celle-là, je ne l’aime pas, je préférerais que tu ne la voies plus »)
- Un contrôle sur le compte en banque, le téléphone, l’accès à la maison
- Un usage de la peur pour exercer son pouvoir
- Des coups de colère répétés avec hurlements et objets brisés (c’est la récurrence et l’aspect unilatéral de la situation qui la distingue d’une « simple » dispute)
- Des reproches et critiques permanents (« Tu conduis mal », « Tu es grosse », « Tu es nul à l’école »), etc.
Cette liste non exhaustive décrit différentes formes de violences psychologiques. Elles sont terriblement destructrices pour la personne qui les subit, même si cette dernière n’a aucun bleu sur la peau.
Beaucoup de chiens subissent la même situation. C’était d’ailleurs le cas de celui du Monsieur sus-cité : je me souviens que le pauvre animal urinait chaque fois que son propriétaire rentrait du travail. Bien sûr, il se faisait hurler dessus et urinait d’autant plus à chaque retour de son maître. J’étais jeune à l’époque, et si cela me mettait mal à l’aise, je n’étais pas consciente du fait que la situation vécue par l’animal et par sa famille humaine était grave. Je suis heureuse que ces derniers aient pu prendre le large.
Un chien qui n’a jamais le droit de bouger de son panier, qui ne connaît rien d’autre en promenade que la marche au pied, qui se fait hurler dessus à la moindre incartade, qui doit une obéissance bête et aveugle à son maître, qui n’a pas le droit de renifler, de grogner, de s’exprimer… lui aussi subit de la violence psychologique. Et elle est aussi destructrice que celle qui fait mal physiquement. Tout animal évolué a besoin de contrôle sur son environnement. Et quand un autre individu prend le contrôle à sa place et lui enlève tout pouvoir de décision, le mal-être psychologique s’installe inévitablement.
On est obligé de prendre des décisions à la place de son chien, c’est une évidence. On est contraint de lui imposer des limites, c’est nécessaire pour tout animal social et encore plus pour un animal qui vit dans un monde d’humains. Mais nos chiens sont déjà tellement soumis à nos choix au quotidien (nous décidons quand ils sortent, quand ils mangent, ce qu’ils mangent, quel congénère ils peuvent ou ne peuvent pas rencontrer…) qu’ils méritent qu’on les laisse respirer le reste du temps.
L’éducation est un accompagnement. Toute forme de coercition est à proscrire. Aucun individu ne vit pour nos beaux yeux : enfant, femme, animal, chacun a l’objectif commun de mener une vie heureuse, pas de sacrifier son bien-être pour un dictateur. Et cela, je le répète, même s’il ne fait pas preuve de violence physique. Car ce n’est pas parce qu’on ne frappe pas un individu qu’on le traite bien.
(Pour ceux qui seraient choqués que je compare la violence faites aux femmes et aux enfants et celle faite aux animaux, sachez que la corrélation entre les deux est prouvée depuis longtemps : https://www.revue-rsda.fr/articles-rsda/7544-les-moyens-juridiques-d-agir-correlation-entre-les-violences-sur-les-personnes-vulnerables-et-les-violences-sur-les-animaux.
Et enfin, pour ceux qui ne comprennent pas pourquoi je parle de bourreaux de sexe masculin, c’est parce que les chiffres parlent d’eux-mêmes. 85% des auteurs de violence conjugale sont des hommes : https://www.interieur.gouv.fr/actualites/communiques-de-presse/violences-conjugales-enregistrees-par-services-de-securite-quasi-stabilisation-en-2024).
Elsa Weiss / Cynopolis Formations
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