20/10/2026
- "Alors, ça va ?"
- ma tête : "Oui.Pas vraiment. Ça dépend de ce qu'on appelle "ça va". Je ne sais pas trop."
Inconfort, pression, j’ai la sensation de me liquéfier… mais que m’arrive-t-il ?
Quelques secondes, devant la machine à café ou avant une réunion. Une question d’un collègue qui appelle une réponse simple :
"Ça va ?"
→ "Oui, ça va."
La question peut être sincère et traduire une véritable attention.
Mais elle fonctionne aussi souvent comme une convention sociale : elle permet de prendre contact, de maintenir le lien, sans nécessairement ouvrir l'espace pour une réponse détaillée.
Pour l'autre, c'est une question banale. Pour soi, quand on traverse une période où quelque chose a changé dans sa manière de vivre son travail, la réalité intérieure peut s'avérer plus compliquée qu'une case à cocher : oui / non.
On peut par exemple: ressenti quelque chose qui ressemble à de l'inconfort. Continuer à aimer son métier et ne plus être satisfait de ses conditions d'exercice. Ne plus être certain de vouloir continuer de la même manière, sans vouloir partir pour autant. Ou savoir ce que l'on ne veut plus, sans savoir ce que l'on veut à la place.
Alors à partir de quand peut-on dire « non, ça ne va pas » ? Et à partir de quand « oui, ça va » sonne-t-il faux ?
Dans cette période de questionnement, on peut avoir perdu ses propres repères pour savoir si "ça va".
De plus, j'ai constaté que l'on s’ajoute souvent une ou plusieurs pressions, sans toujours les voir :
Une pression à rassurer → "Je ne veux pas inquiéter."
Une pression à être cohérent → "Je continue à travailler, donc je devrais aller bien."
Une pression à relativiser → "Ce n'est pas si grave."
Une pression à savoir → "Je devrais savoir ce qui ne va pas."
Une pression à décider/agir → " Si je reconnais que ça ne va pas, il faut bien que je fasse quelque chose."
Une pression à rester maître de la situation → "Je ne veux pas me retrouver à devoir expliquer quelque chose que je ne maîtrise pas encore."
Et peut-être une pression encore plus fondamentale :
« Je devrais être capable de répondre simplement à une question simple. »
Mais si la question reste simple. Notre situation, elle, n'est pas encore lisible.
Alors, chaque réponse a son coût :
→ dire « oui », c'est peut-être minimiser ce que l'on ressent ;
→ dire « non », c'est ouvrir une conversation que l'on ne maîtrise pas forcément ;
→ dire « je ne sais pas », c'est reconnaître que l'on n'a pas encore de réponse ;
→ commencer à expliquer, c'est prendre le risque d'être confus.
Quand on est très investi dans son métier, la réponse peut également avoir une autre portée.
-Dire que ça ne va pas, c'est craindre de ne plus être perçu comme le professionnel que l'on a toujours été : fiable, compétent, quelqu'un sur qui l'on peut compter.
- Dire que ça va, c'est continuer à tenir cette place alors qu'elle demande aujourd'hui bien plus d'efforts, et que personne ne le voit.
Entre "oui" et "non", il y a parfois tout ce qu'on n'a pas encore réussi à nommer pour soi.
Si vous vous reconnaissez dans ces lignes, un « moi aussi » en commentaire suffit.
C'est ce que le coaching peut accompagner : partir d'une sensation, l’écouter, l'explorer, la clarifier, faire émerger les mots pour la dire.
Je suis Estelle, coach de la vie professionnelle, fondatrice de Maison Résentio. J'accompagne des personnes très investies dans leur métier qui, après un événement de vie, sentent un décalage avec leur façon habituelle de travailler.
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Si ce que vous traversez devient lourd ou s'installe, parlez-en aussi à votre médecin ou à un professionnel de santé : un accompagnement en coaching ne remplace pas un suivi médical ou psychologique.