22/04/2023
EMOTIONS, STRESS EN COMPETITION… MENTAL?
Il est bien évident que l’émotion, le stress, ce sont des éléments importants de la performance.
Le danger, c’est quand on est dans le déni de certaines choses.
Si on est dans le déni de l’émotion, on est en danger, si on est dans le déni de la notion de stress : on est en danger également.
Si on est dans le déni de la notion de concentration, c’est-à-dire dans le déni de la nécessité de la qualité de la préparation, notamment dans le domaine cognitif et mental, alors on se met en danger.
Je suis convaincu que le mental est une dimension essentielle de la performance sportive.
C’est complexe parce que le mental ne se voit pas. Comme dans le sketch : « Le problème quand on devient con, c’est que cela ne se voit pas sur le visage »… On ne se regarde pas devant une glace en se disant : « Pu**in, je suis en train de devenir complètement con, là ». Et ça c’est une très belle image quand on fait référence au mental.
Parce que ceux qui disent : « La préparation mentale ne sert à rien parce ce que j’ai tout à l’intérieur, je maîtrise, je domine, et je sais en tirer le meilleur », je ne suis pas certain qu’ils aient raison.
Prenez une mère de famille et demandez-lui de faire un 100 mètres : elle va le réaliser en 15 secondes. En soi, rien d’exceptionnel. Maintenant, prenez la même mère de famille et demandez-lui de réaliser la même course mais, avec son gamin au bout d’un précipice à l’autre bout de ces 100 mètres… vous allez vite voir la différence sur le chrono! Donc, quand on arrive à se mettre dans un état « particulier », on peut parvenir à obtenir des résultats parfois très inattendus👍.
Vous vivez déjà une très belle aventure en tant qu’Athlète, mais si vous voulez la rendre encore plus belle il faut qu’à des moments décisifs, vous ayez cette capacité, cette compétence, à aller attraper le truc qui passe devant…
Je pense qu’on a tellement progressé dans les domaines de la préparation physique, du médical, de la technique - parce qu’on fait travailler les jeunes de plus en plus tôt de manière très efficace - que techniquement, tactiquement et physiquement, on est pas très loin d’atteindre le maximum. Je dis « pas très loin » parce que quand on pense qu’on a atteint le maximum, il faut s’arrêter. Si on pense que ce qu’on fait n’est plus améliorable, il faut arrêter : on cesse d’être bon quand on renonce à être meilleur. Si on n’est pas dans cette dynamique-là, on ne peut pas survivre.
Mais là où il y a encore la plus grande richesse, là où il y a encore la plus grande complexité, derrière laquelle se cachent encore des ressources inexploitées, à mon avis, c’est le domaine du mental. Le XXIe siècle, dans le sport, est un siècle dédié au développement du travail sur le mental.