08/06/2026
L’ORDRE DANS LA PRATIQUE DES KATA
Texte compilé par : Justo Javier HERGUEDAS CANALES
Expert en Kata, 6e Dan Kodokan
Cours d’été des Kata au Kodokan
Août 2000
JIGORO KANO ET LA PRATIQUE DES KATA
| « Je recommande à tous les étudiants la
pratique des kata. »
Jigoro Kano (publié en 1921)
QUEL TYPE DE KATA FAUT-IL PRATIQUER ET DANS QUEL ORDRE ?
Il est approprié de commencer par le Ju-no-Kata, pour les raisons suivantes :
• Premièrement, afin d’apprendre l’aspect essentiel du Judo, c’est-à-dire comprendre la raison de l’entraînement consistant à s’adapter à l’adversaire et à apprendre à absorber son action.
• Deuxièmement, parce qu’il s’agit du kata du mouvement « non violent », ce qui le rend relativement facile à apprendre, en particulier pour les débutants.
Après avoir étudié le Ju-no-Kata, même sans en maîtriser nécessairement toutes les formes, les pratiquants peuvent acquérir les principes fondamentaux et la compréhension générale de la théorie et de la pratique du Nage-no-Kata, ainsi que des principes essentiels du Nage Shobu (combat de projection).
J’ai toujours pensé que, dans le Randori, l’importance du travail de projection était primordiale ; c’est pourquoi l’ordre d’apprentissage devrait être aussi simple que celui-ci.
Vient ensuite le Katame-no-Kata, puis le Kime-no-Kata.
Il convient de noter que certaines formes du Kime-no-Kata ne peuvent pas être appliquées dans le Randori. Cependant, dans le combat réel, on n’utilise pas seulement les techniques de projection (Nage) et de contrôle (Katame), mais également les frappes et coups portés avec les mains ou les pieds (utsu et tsuki), ainsi que les techniques de coupe (kiru) réalisées avec le daitō.
Bien que le Kime-no-Kata n’enseigne pas l’ensemble de ces techniques de combat, son étude approfondie permet d’en comprendre les principes généraux. Par conséquent, pour comprendre le Judo dans sa globalité, il est nécessaire d’étudier le Kime-no-Kata.
En plus de ces kata, nous enseignons au Kodokan d’autres formes, telles que le Koshiki-no-Kata et l’Itsutsu-no-Kata. Certains de ces kata sont encore imparfaits, mais nous envisageons à l’avenir de les intégrer à d’autres formes.
Le Koshiki-no-Kata est issu de l’école Takenouchi du Kito-ryu. Son étude vise à comprendre le caractère noble du Judo et à apprécier la beauté artistique à travers laquelle le Judo s’exprime. C’est pourquoi le Koshiki-no-Kata a été transmis fidèlement, sans modification, depuis son origine.
Pour comprendre pleinement ce kata, il est préférable d’avoir déjà acquis une expérience générale du Judo. Cependant, il ne constitue pas l’essence même du Judo Kodokan et il n’est donc pas indispensable de l’étudier de manière exclusive.
LE KATA PEUT ÊTRE APPRIS SANS PROFESSEUR
Il existe un autre kata appelé Kokumin Taiiku Atemi no Kata, qui peut être pratiqué seul.
Jusqu’à présent, ce kata a été largement enseigné au Kodokan. Nous souhaitons le promouvoir davantage parce qu’il peut être pratiqué sans partenaire, dans n’importe quel lieu, à l’intérieur d’une maison et avec n’importe quel type de vêtement. Il convient à tous les âges.
J’insiste sincèrement sur l’intérêt de ce kata, car il présente de grands avantages pour les jeunes en complétant le Randori, mais également pour les personnes plus âgées pour lesquelles le Randori peut être physiquement trop exigeant.
Bien entendu, j’ai toujours défendu la promotion des kata. Cependant, leur étude exige beaucoup de temps et une importante force mentale afin d’en comprendre la profondeur.
C’est pourquoi ils paraissent souvent moins attrayants que le Randori. Il existe donc peu d’enseignants capables de transmettre correctement les kata et peu d’occasions de les apprendre. Cette situation a conduit à un certain déclin de leur pratique.
À l’avenir, je souhaite prendre les mesures nécessaires pour faciliter la pratique et l’étude des kata au Kodokan afin que les étudiants de Judo s’orientent davantage vers leur apprentissage.
BEAUCOUP DE PERSONNES PRÉFÈRENT PRATIQUER UNIQUEMENT LES KATA
L’entraînement du Judo s’effectue selon deux formes principales : le Randori et le Kogi (enseignement sous forme de questions et réponses).
Cependant, ces dernières années, la pratique du Judo s’est concentrée presque exclusivement sur le Randori, en négligeant les autres formes d’étude.
À l’avenir, je souhaite que les étudiants de Judo pratiquent conjointement le Kata, le Randori et le Kogi Mondo (questions et réponses entre le professeur et l’élève).
Le contenu du Kogi est très vaste. Il couvre aussi l’explication d’une technique (waza) que la théorie du combat, la stratégie, la méthode d’entraînement mental et l’application des principes du combat à de nombreux aspects de la vie quotidienne.
Ainsi, la nature du Kogi doit varier selon le niveau et la catégorie des pratiquants.
Il est indispensable d’étudier à travers le Kogi, mais celui-ci ne suffit pas à lui seul à former le corps s’il n’est pas accompagné d’une pratique physique. Sans cette pratique, il est impossible de comprendre le véritable sens du Shobu (le combat, ou le Shiai dans son expression moderne).
Dans cette perspective, le Randori est nécessaire.
Cependant, le Kogi et le Randori ne suffisent pas à eux seuls pour parvenir à une formation complète. C’est pourquoi les échanges, questions et discussions entre les étudiants de Judo sont également indispensables, car ils permettent une élévation mutuelle du niveau de connaissance.
Tout ce qui précède est nécessaire, mais il ne faut jamais ignorer l’importance du Kata.
Autrefois, le Randori était peu pratiqué. On exécutait presque exclusivement des kata.
Ce n’est qu’un peu avant la Révolution Meiji (1868) que le Randori commença à être pratiqué plus régulièrement.
Pourquoi le Randori a-t-il ensuite connu un si grand développement ?
Le Kata possède un ordre d’exécution prédéterminé. Il ne contient pas le même travail physique et mental que l’entraînement à l’improvisation qu’offre le Randori.
D’un point de vue physique, le Kata comporte des techniques déterminées qui sollicitent certains groupes musculaires spécifiques. D’autres muscles, qui sont davantage sollicités en Randori, ne travaillent donc pas de la même manière.
Par ailleurs, pour les jeunes pratiquants, le Randori est particulièrement attrayant. Le développement des méthodes modernes d’enseignement après la Révolution Meiji a également permis de réduire considérablement les blessures, ce qui a rendu la pratique du Randori plus accessible et a largement contribué à son essor.
Cependant, cette mise à l’écart du Kata a entraîné l’oubli d’un autre aspect fondamental du Judo.
Depuis sa création, le Judo possède également un caractère martial comprenant des actions telles que kiru (couper), tsuki (frapper ou percer) et d’autres techniques destinées à contrôler ou à neutraliser un adversaire dans une situation réelle.
Comme ces actions présentent des dangers évidents, elles sont exclues du Randori mais peuvent être étudiées dans le Kata.
À première vue, on pourrait croire que le Randori permet d’explorer l’ensemble des mouvements physiques du Judo. Mais une analyse plus approfondie montre que cette idée est inexacte.
Pour compléter le Randori, il est donc recommandé aux étudiants de Judo de pratiquer également le Kata. Celui-ci apporte précisément ce qui manque au Randori dans les domaines du combat réel et de certaines formes de mouvement physique.
Ainsi, le Kata complète le Randori, et le Randori complète le Kata.
Texto recopilado por: Justo Javier HERGUEDAS CANALES. Especialista en Katas 6º DAN KODOKAN Curso de Katas de Verano en KODOKAN. Agosto 2000 SHIN - Jigoro Kano y la práctica de la Kata ”Yo recomiendo a todos los estudiantes la práctica de la kata" JIGORO KANO (Publicado en 1921) ¿Qué tipo de k...