17/08/2025
Fédération Française de Cyclisme
À l’attention de ses dirigeants
AUGMENTATION DU PRIX DES LICENCES
Messieurs, Mesdames,
Je prends aujourd’hui la plume non pas pour demander une faveur, mais pour exprimer une indignation grandissante que partagent de nombreux organisateurs de courses, bénévoles et clubs à travers la France. Le cyclisme que nous défendons chaque jour est en train de s’éteindre, et vous, qui devriez en être les garants, semblez être devenus les premiers fossoyeurs de ce sport.
Des coûts exorbitants sans contrepartie
Permettez-moi de rappeler une réalité concrète. Pour l’organisation d’un simple week-end de course fédérale U19 et U17, deux étapes par catégorie, le montant versé à votre institution s’élève à 8 993 €. Droit d’engagements, frais d’arbitres, assurances, engagements des coureurs… La facture est claire, précise, et surtout muette. Car en retour, pas la moindre assistance, pas un mot de reconnaissance, pas même un simple coup de pouce administratif ou logistique. Rien. Le néant.
Il faudrait peut-être rebaptiser ce système : non pas « fédération », mais « taxe d’existence », car c’est bien de cela qu’il s’agit.
Des licences toujours plus chères…pour « aider » les organisateurs ?
Récemment, vous avez annoncé une hausse du prix des licences afin d’« aider » les organisateurs. Quelle ironie ! Les familles peinent déjà à assumer le coût d’une saison : prix du matériel devenu affolant, rareté croissante des courses obligeant à parcourir des centaines de kilomètres, frais annexes toujours plus lourds. Vous prétendez soutenir les organisateurs en pressant encore davantage les coureurs, alors que la pyramide est déjà en train de s’effondrer par la base.
Des frais de fonctionnement indécents
Je ne peux m’empêcher de sourire, un sourire amer, lorsque j’observe vos pratiques internes. Pour une simple réunion nécessitant un seul représentant, vous parvenez à dépêcher cinq personnes, chacune dans un véhicule estampillé Fédération ou Comité. Le covoiturage ? Manifestement un concept réservé aux anonymes qui paient leurs licences. Quand on se veut exemplaire, on commence par l’être soi-même.
Une fédération déconnectée
Les bénévoles s’épuisent, les organisateurs baissent les bras, les municipalités ne suivent plus, les dirigeants des comités départementaux se battent comme ils peuvent et les coureurs disparaissent peu à peu. Pendant ce temps, vos hauts dirigeants se congratulent, paradent sur les grandes épreuves et se satisfont de beaux discours d’autosatisfaction. Une posture digne de nos politiques les plus déconnectés : beaucoup de paraître, peu de faire.
Le vrai visage du cyclisme français
La réalité est ailleurs. Le cyclisme français ne survit que grâce à des passionnés, souvent dans de petits clubs de villages, qui donnent sans compter leur temps, leur énergie, et parfois même leur argent personnel pour que les jeunes continuent de rouler. Ce sont eux, et eux seuls, qui portent ce sport à bout de bras. Mais jusqu’à quand ?
À force de mépris, d’exigences financières injustifiées et d’absence totale de considération, vous êtes en train de tuer la seule richesse véritable du cyclisme : ses hommes et ses femmes de terrain.
Messieurs, Mesdames,
Il est urgent de redescendre sur terre. Urgent de revenir aux bases : l’entraide, la solidarité, la passion partagée. Le cyclisme mérite mieux que des factures et des augmentations en cascade. Il mérite du respect.
Aujourd’hui, j’ai honte de ma fédération. Et vous devriez en avoir honte également.
Avec une froide colère, mais une passion intacte pour ce sport que vous abandonnez,
Lilian Ruet
Organisateur de courses cyclistes
Auvergne-Rhône-Alpes FFCFFédération Française de Cyclisme (FFC)C)