21/03/2026
Après 43000km à pied lors des 14 dernières années, c'est reparti en 2026 pour les 6 Mers : Atlantique – Méditerranée – Tyrrhénienne – Ionienne – Adriatique – Mer Noire. 2560 km, 94 000 mètres de dénivelés positifs de Gaztelugatxe au Pays Basque au cap Éminé en Bulgarie. Départ mardi 24 mars pour le premier épisode : Atlantique. Plus d'infos voir le lien ci-dessous.
La traversée de la Stara Planina (ou chaîne du Balkan) en Bulgarie, dernier massif important en Europe du Sud que je n’ai pas traversé. Le talon de la botte italienne, itinéraire que j’avais préparé en 2022, incertain de pouvoir mener à bout mon projet dans le Caucase et en Turquie. L’éclipse totale du soleil le 12 août dans le nord de l’Espagne. Quinze kilomètres en Albanie manquant sur le parcours complet à pied d’Istanbul à Lisbonne. Le Moncayo à 2314 m d’altitude et le Musala à 2925 m respectivement, les points culminants de la Cordillère Ibérique et de la péninsule des Balkans. Cheminer en continu et dans la même année de la Mer Noire à l’Atlantique.
Quand en septembre, la longue marche de l’année est derrière moi et quand vient le temps de penser à la suivante, une idée commence à germer. Je construis un itinéraire sur un massif ou un espace géographique défini. Mais pour poursuivre mes explorations de l’Europe du Sud, où aller en 2026 ? Je n’avais qu’une liste à la Prévert de possibilités. Les réunir pour en faire un ensemble cohérent ? Une chimère ? Non les « Six Mers ».
La traversée pédestre de l’Europe d’Est en Ouest d’un seul trait et en passant par les différents massifs montagneux est un immense défi. Je l’ai fait quasi entièrement par bouts, une fois dans sa version par les Carpates et une autre fois par les Alpes Dinariques. Je l’ai bien en tête mais je crains de ne plus l’avoir dans les jambes. Marcher 6600 kilomètres du printemps à l’automne est exigeant. Il faut être capable de tenir un rythme très soutenu : 220 jours, 7 mois de marche avec quotidiennement 30 kilomètres et sans jours de repos… Sur cet itinéraire montagneux, il faut aussi intégrer les aléas climatiques. Sur une période aussi longue, le mauvais temps, l’enneigement sont susceptibles de ralentir le rythme voire de contraindre à renoncer.
Je projette quand même cette année de traverser l’Europe d’Ouest en Est de l’Atlantique à la mer Noire, mais j’ai rusé. Je vais réunir les chaînons manquants de mes marches dans le sud du continent à pied mais aussi en bateau.
La première partie, de l’Atlantique à la Méditerranée relie Gaztelugatxe au Pays Basque à Peñíscola dans la région de Valence en passant par une partie de la Cordillère Ibérique que je ne connais pas et son point culminant, le Moncayo à 2314 mètres d’altitude. J’ai prévu de débuter au début du printemps au Pays Basque. Je garderai la partie en altitude pour l’été au moment de l’éclipse totale du soleil. Ma marche printanière se poursuivra mi-avril plus à l’est de l’Aragon à Peñíscola sur la côte méditerranéenne.
Une première traversée en bateau m’amènera ensuite de Barcelone à la ville sarde mais de culture catalane d’Alghero. Là, je marcherai, toujours d’Ouest en Est jusqu’à l’archipel de la Magdalena.
Après une nouvelle traversée en bateau, je débuterai sur la côte amalfitaine pour aller à pied de la mer Tyrrhénienne à la mer Ionienne, à la pointe du talon de la botte italienne. Hormis au début en Campanie où le relief est plus montagneux, je serai ensuite dans les Pouilles sur des plateaux et plaines. A priori, pas de difficultés majeures si ce ne sont celles de l’Italie du Sud : des sentiers qui n’existent plus, des clôtures et peut-être des parties longues et monotones sur du bitume.
Le dernier trajet en bateau de mon projet des 6 Mers m’amènera de l’autre côté de l’Adriatique, à Durrës en Albanie. C’est depuis l’antiquité, l’une des portes des Balkans. L’objectif est de terminer le «boulot» avec la liaison de 15 kilomètres. Des feux de forêt ne m’ont pas permis de le faire en 2025. Mais, en Albanie, je vais marcher un peu plus avec une traversée presque complète du pays d’Ouest en Est.
Je ne referai pas la partie en Macédoine du Nord parcourue en 2025. J’ai prévu de traverser le pays en bus et de reprendre à pied dans le massif du Rila en Bulgarie. L’itinéraire passe par le pic Musala, à 2925 mètres d’altitude, point culminant de la péninsule des Balkans pour rejoindre le massif de la Stara Planina (le Balkan). La fin est assez simple et linéaire : suivre la ligne de crête jusqu’à la mer Noire par le sentier assez populaire du Kom Emine.
Au cap Éminé, probablement début juillet, je n’en aurai pas tout à fait terminé. Je rentrerai en France puis au mois d’août, je terminerai au moment de l’éclipse du soleil dans la partie la plus haute de la Cordillère Ibérique.
Si j’arrive au bout de ce projet des Six Mers, j’aurai, depuis 2012, traversé tous les principaux massifs du sud de l’Europe, j’aurai marché en continu d’Istanbul à Lisbonne, je serai passé par un certain nombre de sommets comme l’Olympe, les points culminants de la péninsule ibérique, des Balkans, des Pyrénées…, j’aurai traversé les principales îles de la Méditerranée, j’aurai marché dans tous les pays du sud du continent, je me serai enrichi de toutes ces rencontres au fil du chemin, j’aurai énormément appris sur l’histoire, la culture des pays et régions traversés.
De l’Atlantique à la Mer Noire, cette longue marche me permettra aussi de faire de nombreux liens avec mes précédentes longues marches, celles de 2012, 2014, 2016, 2018, 2019, 2021, 2023 et 2025 et notamment dans trois péninsules qui ont constitué mon terrain de jeu privilégié de ces 15 dernières années : la péninsule ibérique, l’Italie et les Balkans. C’est finalement une synthèse de toutes ces marches. En sera-t-elle la conclusion ? Je ne sais pas, je repars en 2026 et « Carpe diem, quam minimum credula postero ».
Atlantique – Méditerranée – Tyrrhénienne – Ionienne – Adriatique – Mer Noire. Présentation et récit au jour le jour de la marche des « Six Mers »…