19/04/2026
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Un parc hôtelier à bout de souffle : Et si Collo apprenait à vivre au-delà de l'été ?
La presqu’île de Collo n’a plus besoin d'être présentée pour que l'on vante ses charmes balnéaires et ses féeries naturelles. Dame Nature l’a tellement gâtée qu’elle se suffit presque à elle-même, attirant des foules de vacanciers qui viennent frapper à ses portes à chaque saison estivale. Cependant, cet engouement, strictement limité à la saison chaude, ne suffit pas à rentabiliser l’activité des établissements hôteliers, qui ne vivent véritablement qu’une saison sur quatre. Autant dire qu’ils survivent. « Il est vrai que l’activité économique en général, et touristique en particulier, connaît son apogée durant 40 jours, soit du 25 juillet au 5 septembre », explique Mourad Kezzar, Colliote de souche et spécialiste en management hôtelier et touristique, lors d’un entretien qu’il a bien voulu nous accorder. Allant plus loin dans son constat, Kezzar observe qu’en dehors de la haute saison, l’activité économique tourne au ralenti, voire s’arrête totalement. « C’est le cas de certains établissements hôteliers qui ferment carrément leurs portes durant la basse saison », précise-t-il. Selon lui, la majorité des établissements hôteliers de Collo, y compris ceux qui ne sont pas homologués, ont été réceptionnés il y a une trentaine d'années. Ils connaissent aujourd'hui de sérieux problèmes liés à leur vétusté et à leur inadaptation, face aux nouvelles exigences de qualité de la clientèle nationale comme aux standards d’un management moderne tourné vers les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC). « Cet état des lieux ne permet pas à ces hôtels d’attirer une nouvelle clientèle en dehors de la saison estivale. Pour s’ouvrir aux marchés de basse et moyenne saisons, ces établissements doivent passer par une rénovation et une modernisation exigeant de lourds investissements que leurs finances ne peuvent supporter », ajoute-t-il. Évoquant le rôle des pouvoirs publics, qui devraient pourtant venir en aide à ces hôtels, véritables fers de lance du tourisme interne, Kezzar estime que les choses s'enlisent. Selon lui, les autorités « sont à ce jour perdues dans le bourbier de la rénovation-modernisation des hôtels publics ; un programme qui coûte cher à la collectivité nationale en finances et en temps, de l’avis même de la Cour des comptes ». Fort de ce constat, il estime que le moment est venu de « plaider pour une rénovation-modernisation de l’ensemble du parc hôtelier public et privé, mais dans le respect de l’orthodoxie financière et des exigences managériales hôtelières. Pour cela, il faut définir les objectifs de la rénovation-modernisation au cas par cas ». Joignant l'acte à la parole, Kezzar a annoncé l’organisation, samedi 25 avril à Collo, d’une journée d’étude. Cette rencontre réunira l’ensemble des hôteliers locaux ainsi que les différents partenaires du secteur touristique afin de débattre de ces enjeux. Organisée par l’Office Colliote des Initiatives Touristiques (OCIT), dont Kezzar est membre, cette initiative s’inscrit dans la dynamique culturelle que vit la presqu’île ces derniers temps. Une preuve supplémentaire, s'il en fallait, que Collo sait toujours compter sur ses enfants.
Khider Ouhab