29/08/2026
🆘⛔QUI PROTÈGE LES HOMMES AU CAMEROUN ?
Je le dis d'entrée, clairement : Je ne justifie pas le meurtre. Un homme qui tue une femme est un criminel et il doit payer devant la loi. On ne tue pas. On part.
Ceci étant dit, posons la vraie question.
Au Cameroun, qui protège les hommes ?
On demande à l'homme d'être fort. Toujours.
À 5 ans, on lui dit : "Ne pleure pas, tu es un garçon."
À 15 ans : "Si tu n'as pas d'argent, tu ne vaux rien."
À 25 ans : "Si tu ne peux pas entretenir, ne te marie pas."
À 35 ans : "Supporte. Tu es l'homme."
Alors il supporte. En silence.
Il supporte quand on l'humilie devant ses propres enfants et qu'il doit se taire, sinon on l'accusera d'être violent.
Il supporte quand il apprend l'infidélité, et qu'il doit se taire, sinon on dira qu'il n'est pas un homme.
Il supporte quand il travaille 12 heures, qu'il rentre vidé, et qu'on lui dit qu'il ne fait jamais assez.
Il a mal dedans, il a envie de crier, mais il se tait. Parce que dis-moi, au Cameroun, où va un homme qui souffre psychologiquement ? Il y a quel numéro vert pour lui ? Quel centre d'écoute pour les hommes brisés ? Nulle part.
Nous avons, et c'est une bonne chose, appris à nos sœurs à dénoncer. Il le fallait.
Mais nous n'avons jamais appris à nos frères à parler.
Alors ils meurent en silence. À 45 ans d'un AVC. D'une tension qui explose. D'une dépression qu'on appelle paresse. D'une bouteille qu'on appelle vice. Ils ne se pendent pas tous avec une corde. Beaucoup se suicident en travaillant jusqu'à s'écrouler.
Regardez comment la société réagit.
Quand une femme dit "mon mari me trompe", tout le quartier se lève. C'est normal, il faut la protéger.
Quand un homme dit "ma femme me trompe et me fait élever un enfant qui n'est pas le mien", on lui répond : "C'est toi qui l'as mal choisie. Assume. Sois un homme."
Quand une femme pleure, on la console.
Quand un homme pleure, on le juge. On dit qu'il est faible.
Et pour certaines femmes aujourd'hui, je dis bien certaines, l'homme n'est plus un partenaire de vie, il est devenu un projet, un portefeuille, un guichet automatique. S'il perd son emploi, il perd sa valeur. S'il tombe, on le remplace par un "vrai homme".
Alors je repose la question : Qui protège l'homme qu'on insulte chaque jour ? Qui protège l'homme qu'on trompe, qu'on manipule avec ses propres enfants ? Qui protège l'homme qu'on frappe ? Oui, il y a des hommes battus au Cameroun, mais la honte les condamne au silence.
Pourtant la loi existe. Le Code Pénal camerounais, en son article 341, punit de 5 à 10 ans de prison la supposition ou la suppression de filiation. Faire croire à un homme qu'il est le père d'un enfant qui n'est pas le sien, c'est un crime. Mais combien de femmes ont déjà été condamnées pour ça ? Combien d'hommes ont été vraiment écoutés dans un commissariat quand ils disent "ma femme me détruit de l'intérieur" ?
Le 19 novembre, c'est la Journée Internationale des Hommes. Qui la célèbre chez nous ? Qui marche pour les hommes brisés ? Personne.
Alors on leur a appris une seule chose : FERME TA BOUCHE ET ENCAISSE.
Jusqu'au jour où l'un d'eux, à force d'encaisser pendant des années, disjoncte. Et ce jour-là, on l'appelle monstre. On oublie tout ce qu'il a porté seul pendant des années.
Je le répète : Rien ne justifie de tuer. Jamais. La trahison ne donne pas le droit de prendre une vie.
Mais si nous voulons vraiment qu'il n'y ait plus de féminicides au Cameroun, nous devons aussi arrêter de fabriquer des hommes humiliés, détruits et abandonnés en silence.
Vous voulez des hommes forts et doux ? Donnez-leur aussi un endroit où ils ont le droit d'être faibles sans être jugés.
Un homme respecté, aimé et en paix ne tue pas. Il protège.
Pris sur un mur...