03/08/2026
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Je ne connaissais pas Marie-Anne, ni son entreprise et sa philosophie qui, comme elle le dit elle-même, est plutôt « hors de la boîte ». En effet, Équilibre Urbain n’est pas un gym standard avec des machines. La grande salle où sont offert des cours d’entraînement, de conditionnement physique et de power yoga, comporte seulement des poids, des tubes, des élastiques et des ballons.
Et, il y a des toiles partout.
«Équilibre urbain est né de l’idée de donner aux gens la capacité d’apprendre non pas juste à s’entraîner, mais bien à comprendre comment bien le faire», me résume l’entrepreneure de 43 ans, qui est d’abord physiothérapeute.
L’entraînement, au cœur d’une vie
Le but de la démarche de la professionnelle de la santé est d’allier la physiothérapie de réadaptation avec l’entraînement pour apprendre aux gens à devenir de plus en plus en santé dans l’objectif de vieillir en santé.
Ses cours s’adressent à tout le monde, les plus jeunes ont d’ailleurs une dizaine d’années et les plus vieux comptent 78 ans. Mais Marie-Anne me précise qu’il faut vouloir mettre l’entraînement au cœur de sa vie. Sans devoir nécessairement consacrer beaucoup d’heures par semaine, il faut néanmoins être prêt à travailler fort, très fort.
«Actuellement, la plupart des gens bougent. Et quand tu bouges, tu as un essoufflement qui est léger. S’entraîner, c’est avoir de la douleur. C’est être très essoufflé tout au long de l’entraînement, c’est avoir chaud, et ressentir une brûlure musculaire. Il faut de la constance et travailler à répéter sans cesse».
Le corps humain a besoin énormément d’activité physique. Pour prendre soin de sa santé et diminuer les risques de développer des maladies cardiovasculaires, il faut être essoufflé au moins 20 minutes par jour. Marie-Anne me précise que, pour prétendre être en super forme, c’est 120 à 180 minutes qu’il faut s’entraîner chaque jour. Ouf! Je comprends que l’entraînement, c’est très difficile et l’appui d’une communauté comme chez Équilibre Urbain doit apporter beaucoup d’énergie lors des cours en groupe.
Les cours qu'offre Marie-Anne Laperrière s’adressent à tout le monde, les plus jeunes ont d’ailleurs une dizaine d’années et les plus vieux comptent 78 ans.
Les cours qu'offre Marie-Anne Laperrière s’adressent à tout le monde, les plus jeunes ont d’ailleurs une dizaine d’années et les plus vieux comptent 78 ans. (Sylvain Mayer/Le Nouvelliste)
Donner au suivant
Amatrice d’œuvres d’art depuis toujours, c’est lorsque son entreprise a célébré ses 15 années d’activités qu’elle a eu l’idée de redonner en encourageant les artistes québécois. Partie de rien, la jeune femme, alors mère d’un petit bébé, avait tout fait par elle-même, sans subventions ni aides. Seule une tante lui avait prêté de l’argent pour lancer son centre d’entraînement.
«Aux 10 ans, la façon que je voulais redonner suite à la fidélité de ma clientèle pendant le COVID, a été de faire un défi-escalier, même si je déteste les défis, pour amasser des sous pour les itinérants. Et là, ç’a été d’acheter des œuvres d’art», m’explique-t-elle avant de me confier qu’elle aurait aimé avoir cette capacité, cette patience de développer la rigueur que demande l’art.
Au montant total que Marie-Anne a investi, elle aurait pu se concentrer sur des artistes dont la revente aurait engendré davantage de profits. Au lieu de chercher à faire des placements, c’est plutôt dans un objectif de beauté et d’entraide qu’elle a commencé à collectionner à petite échelle ses toiles coup de cœur.
«Et là, j’ai vu la réaction de mes participants. Les gens se sont mis à aimer ça, à trouver ça beau» constate-t-elle.
Consciente que ce n’est pas sa fille qui va reprendre le gym un jour, Marie-Anne a déjà sa petite idée pour redistribuer les œuvres de sa collection. À son décès, ou si un jour elle ne peut plus travailler, chacun de ses clients pourra prendre une toile et partir avec un morceau d’Équilibre Urbain.
Intégrer l’art dans son quotidien
Celle qui a dédié sa vie à l’entraînement retire une belle fierté à voir ses clients devenir de plus en plus lumineux au fil des cours qu’elle leur donne. Ils se posent des questions sur leur santé globale et essaient de donner plus de leur temps.
Marie-Anne a également remarqué que les nombreuses toiles qui sont exposées sur les murs de son gym incitent les gens à découvrir un artiste d’ici, à acheter eux aussi une œuvre ou à aimer l’art, tout simplement. Surtout, les participants réalisent qu’ils n’ont pas besoin d’être dans un musée ou dans une galerie pour en profiter. L’art, intégré dans le quotidien, fait du bien.
«C’est énorme ce que ça amène, l’art, dans nos vies», ajoute-t-elle.
Seules les personnes qui s’entraînent chez Équilibre Urbain ont la possibilité de profiter de la vaste collection de l’entraîneuse. Entre deux séances intensives, les participants peuvent admirer des œuvres de Sophie Wilkins, Eric Robitaille, Yann Lemieux, Lise Racine, Roseline Houle, Laura Foort, Alex Parisot, Mali, Steve Lagacé… pour ne nommer que ceux-là.
Depuis peu, il y a aussi ma toile Bouleau au sommet accrochée dans la cage d’escalier.
Marie-Anne Laperrière poursuit ses enseignements à son centre d’entraînement axé sur le bien-être et l’équilibre entre le mental et le physique. D’ici quelques mois, celle qui porte déjà les chapeaux de physiothérapeute, entraîneuse et fondatrice d’Équilibre Urbain, ajoutera une nouvelle corde à son arc.
Avec sa grande alliée, la Dre Marie-Hélène Déry, elles préparent ensemble une conférence à Trois-Rivières qui sera présentée gratuitement au grand public.