08/31/2026
La fin d’une saison sur l’île Grande Basque.
Une saison de plus qui se termine, là-bas, au large de Sept-Îles.
Vivre sur une île, c’est accepter la solitude. Les journées peuvent être longues, le silence immense, et la météo décide souvent du rythme de la vie.
Mais cette solitude n’est jamais vraiment totale.
Il y a les visiteurs qui arrivent pour quelques heures, les sourires échangés, les discussions improvisées sur les sentiers. Il y a les campeurs qui viennent passer quelques nuits, avec qui on partage un petit bout de cette île, avant qu’ils repartent vers le continent.
Et puis, il y a ceux qui restent.
Ceux qui ne prennent jamais le bateau pour repartir.
Au fil des semaines, j'ai retrouvé les mêmes présences, jour après jour. Le phoque qui apparaît au même endroit, le héron qui surveille tranquillement le bord de l’eau, le balbuzard qui tourne au-dessus de l’île, les corneilles toujours quelque part à proximité, et le vison qui traverse furtivement le paysage.
À force de les observer, de reconnaître leurs habitudes, leurs déplacements, leurs petits rituels… ils ont fini par faire partie de mon quotidien.
Mes colocataires.
On ne partage pas le même langage, mais une forme de présence s’installe. On finit par savoir où les chercher, à quel moment ils apparaissent, et parfois même par sentir leur absence.
C’est peut-être ça que je retiendrai le plus de cette saison.
Au milieu de la solitude, j’ai finalement été rarement seul.
L’île se vide maintenant. Les visiteurs sont partis, les campeurs aussi. Bientôt, il ne restera que le vent, les vagues, les oiseaux… et ceux qui continueront leur vie ici, comme si rien n’avait changé.
Moi, je vais reprendre le bateau.
Avec quelques souvenirs, beaucoup d’images… et l’étrange impression de laisser derrière moi une petite famille sauvage.
À l’année prochaine, mes colocataires. 🌊🦭🦅
Le gardien....... Tourisme Sept-Îles