05/31/2026
Nakayama Hakudo sensei sur le Zanshin en Iaido
Le Zanshin en Iaido
Dans chaque kata des formes de dégainage, il faut d'abord effectuer le « chiburui » (secouer le sang) avant de rengainer le sabre. Bien que le chiburui seul ne permette pas d'éliminer complètement toute trace de sang, il signifie « une restauration temporaire de la pureté ». L'ensemble du processus, du chiburui jusqu'au rengainage complet, est considéré comme le zanshin de cette technique et constitue une partie essentielle du battojutsu (l'art du dégainage). Chaque école d'iaido prescrit sa propre méthode de chiburui ; voici quelques exemples notables :
Kanshin-ryu : On prépare et utilise un kaishi (mouchoir en papier) ou un autre matériau pour essuyer la lame.
Munen-ryu : La pointe du sabre est dirigée vers le bas pour laisser le sang s'égoutter, puis on la fait pivoter vers la gauche en un mouvement circulaire pour l'évacuer.
Mashin-ryu : Le sabre repose sur l'épaule gauche et est essuyé contre celle-ci.
Fuchishin-ryu : Le pouce et l'index sont pincés à la base de la lame et tirés vers la pointe.
Hayashizaki-hon-ryu : D'une main (la droite), la lame est légèrement balayée vers la gauche, puis ramenée en un large arc de cercle vers la droite avant d'être rengainée.
Autres écoles (Omori-ryu, Kikusui-ryu, Kaishin-ryu, Tamiya-ryu, Shingan-ryu, Tesshin-ryu, Hasegawa-ryu, etc.) : chacune présente ses propres spécificités.
Certaines écoles n'effectuent aucun chiburui. Dès que le sabre est dégainé, la main gauche jette le fourreau derrière elle. Ce geste incarne l'esprit selon lequel « chaque coup est une question de vie ou de mort » : une fois le sabre dégainé, il n'y a pas de retour en arrière ; c'est une frappe exécutée avec un engagement total et la volonté de se sacrifier. Cette méthode fut jadis démontrée à Kyoto par un membre de l'école Takayama-ryu, mais elle doit être considérée comme une exception.
Même au sein d'une technique en apparence identique – une « coupe directe vers le bas » – aucune école ne l'exécute exactement de la même manière. La trajectoire du sabre peut varier : directement au-dessus de la tête, depuis le haut à droite, depuis le haut à gauche, depuis l'épaule droite, depuis l'épaule gauche, et dans des cas extrêmes, jusqu'à un mouvement ressemblant à la posture hassō. De même, le jeu de jambes, la flexion de la jambe arrière, la direction des orteils, l'inclinaison du buste vers l'avant, la posture droite et l'inclinaison du corps vers l'arrière – aucun de ces éléments n'est identique d'une école à l'autre.
Parmi les exemples, citons la posture semi-dressée du Munen-ryu, le kiriotoshi de l'Ittō-ryu (différent de la forme courante), l'inclinaison extrême du buste vers l'avant du Yagyū-ryu et la posture ryōashi-torae, les pieds écartés et pointant dans des directions opposées – la variété des postures est innombrables.
Malgré toutes ces différences entre les écoles, le zanshin doit impérativement être présent tout au long du processus, du chiburui au rengainage. Il s'agit du cœur même de cet art – et pourtant, c'est précisément ce qui a tendance à être sous-estimé et négligé. Veuillez y prêter une attention particulière et l'étudier en profondeur.
Bien que l'iaido comprenne parfois des coupes accompagnées d'un kiai (cri vocal), il est généralement pratiqué en silence. Ceci est considéré comme une qualité spirituelle exceptionnellement importante dans cet art, connue sous le nom de « hara no koe » – « la voix du ventre » (la voix intérieure). L'ordre d'entraînement approprié est le suivant : quelle que soit l'école, il faut commencer par s'entraîner en criant ; ce n'est que lorsque le mouvement de l'épée et la voix sont parfaitement synchronisés qu'il faut commencer l'entraînement en silence.
Vient ensuite le « tenchi no kamae » – la posture du ciel et de la terre. Lors du dégainage et de la levée de l'épée, la pointe doit projeter une énergie vers le ciel ; lors de la coupe vers le bas, elle doit projeter une énergie vers la terre. Ceci découle du tenchi no kamae du Jikishin Kage-ryu. Enfin, une fois la coupe terminée, il faut revenir à l'immobilité – et c'est précisément ce retour à l'immobilité qui représente l'aspect le plus crucial du zanshin. Seul celui qui y parvient peut être considéré comme ayant véritablement réalisé le zanshin.
Le mot « zanshin » est simple à prononcer, mais sa signification est d'une profondeur extraordinaire. Lors d'un combat au shinai (épée de bambou), une frappe sans zanshin est dénuée de sens – ce n'est qu'un jeu d'enfant. Ceux d'entre nous qui s'entraînent doivent y prêter une attention particulière et continuer à se perfectionner.
Nakayama Hakudo (1869-1958) fut l'un des maîtres japonais les plus distingués de kendo et d'iaido au XXe siècle, et une figure fondatrice de l'iaido moderne en tant que discipline martiale et spirituelle.