04/08/2026
Je ne vais pas parler ici des erreurs de gestion monumentales du président, de son bureau ou du directeur général que de toute façon ils considèrent comme une simple formalité, sans aucune vraie décision ni valeur ajoutée, vu que le président décide tout tout seul.
Personne ne nie qu’un travail a été fait ces deux dernières années sur la structure administrative du club.
Mais franchement, on aurait pu faire bien mieux. Surtout que le plus important dans la structuration d’un club professionnel, c’est la direction sportive. Et là, à mon avis, le président a complètement échoué. Sa gestion a été très mauvaise, voire catastrophique.
Tout a commencé avec la signature de Mokwena. À ce moment-là, il n’y avait pas de direction sportive (le président faisait le job tout seul) alors qu’un club comme le Wydad a besoin d’un vrai directeur sportif pour les grands défis. Et c’est là que les ennuis ont commencé.
Mokwena jeune entraîneur modern et ambitieux, avec des idées et une formation en management sportive, Mais la grosse erreur, c’est comment il a constitué son projet et surtout staff technique : Un adjoint sans expérience, pas d’adjoint marocain, pas d’interprète (alors que l’entraîneur a des idées complexes et a besoin de quelqu’un pour les faire passer) Résultat : c’est un membre du staff médical qui jouait les traducteurs. Un préparateur physique sans aucune formation académique et scientifique solide. Un analyste de performance qui ne connaissait pas le championnat. Un nutritionniste qui est parti en cours de saison sans être remplacé. Et en plus, les conditions de travail étaient indignes (Le centre wellness était en plein gros travaux, sans aucune solution et alternative). Pas de salle de musculation, pas de moyens de récupération, presque pas de lumière dans les installations, pas de bureau pour le staff. La seule bonne chose, c’était la pelouse et encore, elle aurait eu besoin d’entretien parfois.
En cours de saison, on a changé bcp de choses dans l’équipe, n’importe comment, sans vision stratégique. Résultat : des performances en dents de scie, et Mokwena lui-même a mal géré la période creuse, qui a duré longtemps pour plusieurs raisons.
Ensuite, ils ont pris Benhachem comme directeur sportif. Mais le mec n’a ni formation, ni expérience, ni compétence pour ce poste très sensible. Quelques jours plus t**d, ils se séparent de Rulani, et Benhachem hérite d’une période très importante. Avec l’aide d’Achami (qui a fait du bon boulot), Benhachem a réussi à changer la dynamique de l’équipe en peu de temps : trois victoires d’affilée. Puis on lui a donné les pleins pouvoirs pour préparer la Coupe du monde des clubs et la saison suivante. Et là, c’est le drame.
Au lieu de recruter un staff technique avec une vraie expérience, à la hauteur des ambitions du club, surtout pour une première participation historique à la nouvelle formule de la Coupe du monde, Benhachem a pris un staff débutant, sans aucune expérience. Et le pire, c’est le préparateur physique : pas de formation académique, pas de bagage scientifique, et en plus il avait déjà fait des dégâts par le passé. Quand il avait déjà travaillé avec l’équipe, on avait vu beaucoup de blessures et une baisse de régime dans les moments clés. (cerise sur le gâteau, il affiche ouvertement son appartenance à l’autre camp).
Personnellement, je pense que ces choix expliquent en grande partie la situation actuelle de l’équipe. Laissez moi vous détailler:
Après le dernier match contre ZMAMRA, les joueurs ont eu une petite semaine de vacances. Ensuite, le staff a programmé une préparation pour Les deux matchs amicaux contre Porto et Séville. Mauvais timing, à mon avis : sportivement, l’équipe n’a rien gagné, c’était juste du marketing et de l’argent.
Juste après, stage au complexe Mohammed VI à Rabat pour préparer la Coupe du monde. Des entraînements très durs, avec des blessures musculaires et aux genoux pour plusieurs joueurs.
Le 10 juin, départ pour l’Amérique : une seule séance d’entraînement avant un match contre une équipe amateur canadienne. Aucun intérêt, si ce n’est un 9-0. Et ce qui est dingue, c’est que Benhachem a préparé les deux affiches contre Manchester City – Juventus, avec un match contre des amateurs qui s’entraînent deux fois par semaine.
Résultat : une participation ratée à la Coupe du monde, trois défaites. Et je ne comprends toujours pas comment l’entraîneur a joué les amicaux avec un certain système, puis contre City et la Juve, il a tout changé comme s’il jouait à la Playstation.
Après cette déception, l’équipe a enchaîné avec des stages à l’ancienne, sans aucune base scientifique : séances épuisantes en forêt, à la plage, musculation n’importe comment.
La préparation a duré près de deux mois, étalée entre Wellness, Turquie, Qatar et Fès. La plupart des choix étaient mauvais : le Qatar en août avec son humidité et sa chaleur étouffantes, Fès en plein été. Résultat : les joueurs ont été lessivés physiquement et mentalement, et à part un bain de glace, pas de moyens de récupération.
Le calendrier a plutôt bien commencé : premier match contre le promu Kawkab Marrakech et Yaâcoub El Mansour, qui ont mis l’équipe en difficulté. Ensuite, en six semaines, le Wydad a joué douze matches (championnat, Coupe de la CAF, amicaux). Puis une toute petite pause pendant la Coupe d’Afrique, avant de repartir pour un stage au Qatar, encore une fois infructueux : entraînements durs, trois amicaux contre des équipes amateurs qataris, aucun bénéfice technique, juste un peu de cohésion et d’intégration des nouveaux.
Au retour, enchaînement de matches à un rythme infernal. La condition physique a commencé à décliner. Le match contre l’AS FAR a été le révélateur : l’équipe était pâle, physiquement et mentalement à bout. Et là, les problèmes ont explosé.
Benhachem et son staff n’ont pas su gérer la fatigue. La rotation des joueurs était incompréhensible pour un grand club (une équipe différente à chaque match), des choix absurdes. Élimination en coupe contre une équipe qui traversait sa pire période de la saison.
Ensuite, changement de staff. Pas plus convaincant : l’école française ne colle pas au foot marocain, et le staff de Carteron n’est pas au niveau du Wydad.
Bref, l’équipe souffre d’une préparation chaotique, longue et épuisante, lors d’une saison exceptionnelle. Et surtout, il n’y a pas de département haute performance au club, alors que c’est la clé de la réussite dans tout projet sportif.
Le Wydad n’a pas de salle de renforcement ni de prévention des blessures à Benjeloun. L’ancien préparateur physique (une honte, franchement) n’utilisait le GPS que pendant les matches ou quelques rares séances, jamais pour réguler les charges à l’entraînement. Du coup, son utilisation était juste pour faire joli, sans aucun bénéfice.
Aujourd’hui, l’équipe n’a aucune base de données pour gérer la charge physique. Benhachem et l’ancien préparateur sont les seuls responsables. Et en plus, pas de nutritionniste, et plein de postes manquent dans le staff.
À mon humble avis, pour la dernière ligne droite, avec la pression des matches qui arrive, l’équipe a besoin d’un programme scientifique. Il faut se concentrer sur la récupération, plus que sur la préparation physique, et travailler surtout sur le plan tactique, mental et l’esprit d’équipe.
Le prochain match contre le Maghreb de Fès sera décisif pour la suite de la saison. Un faux pas pourrait tout faire basculer négativement.
Alors, pensez-vous que Carteron et son staff réussiront ce défi ?