07/27/2020
Jour 18
C'EST FAIT ! Après 1689 km et 18 jours de voyage à vélo, je suis arrivé à Rivière-Rouge, avec un jour d'avance, pour retrouver mes amis au canot-camping. Les derniers 42 km étaient très tranquilles, sur la piste du P'tit train du Nord, mais m'ont paru interminables tant j'avais hâte d'en finir !
Cette étape était ma dernière. J'avais initialement prévu de rentrer en vélo à Montréal après mon week-end, peut-être par fierté mais aussi faute d'une autre solution pour ramener Michel. Cependant, ce dernier n'était plus en état de faire le retour, car un nouveau rayon a lâché peu avant mon arrivée, voilant une nouvelle fois la roue. Mon expérience m'a montré qu'il ne tiendrait sûrement pas jusqu'à Montréal. Je l'ai donc confié à un pote, qui habitait dans le secteur et qui me le ramènera sous peu à Montréal, et mes amis ont pu me ramener en voiture au bercail.
Résumons un peu tout ça. Sur le plan sportif, je suis assez fier de ma progression, avec un rythme d'environ 94 km par jour, avec un vélo surchargé. Cette avancée était assez uniforme, même si j'ai parcouru plus ou moins de distance chaque jour. L'enjeu était d'avancer le plus rapidement possible, afin de prévenir les problèmes et les contretemps, mais aussi de garder du temps pour profiter du voyage et pour se reposer. Physiquement, j'ai pu tenir le coup, ce qui n'était pas certain vu mon manque de préparation. Après quelques dures journées d'adaptation, mes jambes se sont renforcées en conséquence, et j'ai pu trouver mon rythme.
Au niveau mental, le fait de réaliser cette aventure en solitaire était assez éprouvant. Certes, cela présente certains avantages, comme de choisir moi-même mon itinéraire, de partir quand je le désire et d'adapter mes efforts à ma seule forme physique. Cependant, partager l'effort avec quelqu'un est infiniment meilleur pour le mental, et permet de se soutenir mutuellement. J'ai pu m'en rendre compte lorsque j'ai fait un bout de chemin avec mes amis rencontrés sur la route : la sensation de se faire tirer par les autres rend les choses beaucoup plus faciles, et on peut se relayer en première position. Sans compter l'élément le plus important : en voyage, le partage et les échanges nous permettent de vivre pleinement l'expérience.
Il est temps de conclure sur cette belle aventure. Elle m'a permis de voir des paysages incroyables, mais le fait de les découvrir à vélo rend les choses bien plus intenses. En voyageant ainsi, on fait bien plus attention aux détails, à la beauté de la route, et on découvre des lieux qui nous sont cachés lorsqu'on utilise la voiture. J'espère aussi avoir montré qu'on peut aller loin sans recourir aux moyens de transport polluants. Savoir que je n'émettais presque pas de gaz à effet de serre, et que je laissais le moins de déchets possible derrière moi, a rendu ce voyage bien plus beau à mes yeux.
Enfin, l'aventure m'a permis de me dépasser, en trouvant la force de continuer chaque jour. Je pense qu'il n'y a pas de vant**dise à le dire, j'y ai aussi trouvé un certain courage, car au début, je me suis lancé là-dedans assez inconsciemment. Le courage, finalement, c'est pas de foncer tête baissée : c'est de savoir que c'est difficile, mais de continuer.