10/14/2026
Nos pasteurs sont des hommes, pas des surhommes
Le plus souvent, nous imaginons que nos pasteurs sont des personnes créées autrement que nous. Ce n'est pas le cas. Dieu n'appelle pas ceux qui sont qualifiés : il qualifie ceux qu'il appelle.
Paul et Barnabas ont dû le rappeler eux-mêmes à une foule qui voulait leur offrir des sacrifices : « Nous aussi, nous sommes des hommes de la même nature que vous » (Actes 14:15, LSG). Jacques dit la même chose d'Élie, ce grand prophète : « Élie était un homme de la même nature que nous » (Jacques 5:17, LSG).
Quand nous plaçons un homme sur un piédestal, sa chute devient un séisme. Un pasteur tombe, et c'est la polémique, le scandale, parfois la perte de la foi chez des membres qui avaient mis leur confiance en lui plutôt qu'en Christ. Ce message n'a pas pour but de défendre les hommes de Dieu tombés en disgrâce, ni d'excuser le péché. Il veut nous faire prendre conscience d'une chose : ce sont des hommes de chair et de sang, exposés aux mêmes combats que nous.
L'Écriture parle de David comme d'un « homme selon son cœur » (1 Samuel 13:14, LSG). Pourtant, il a commis l'adultère et organisé la mort d'Urie. Mais quand le prophète Nathan l'a confronté, il s'est repenti et a prié : « O Dieu ! Crée en moi un cœur pur, renouvelle en moi un esprit bien disposé » (Psaume 51:12, LSG). Un ministre qui tombe n'est donc pas forcément un ministre perdu. Avec un cœur sincère, il peut se relever : « Car sept fois le juste tombe, et il se relève » (Proverbes 24:16, LSG).
On parle souvent de la sagesse de Salomon, de sa prière, de son temple. On parle moins de sa fin. À l'époque de sa vieillesse, « ses femmes inclinèrent son cœur vers d'autres dieux » (1 Rois 11:4, LSG). Les dons, la sagesse et l'onction ne protègent pas contre la chute. Seule la vigilance, jusqu'au dernier jour, le fait.
Au lieu de voir nos pasteurs comme des êtres extraordinaires, devenons leurs intercesseurs. Choisissez un jour de la semaine pour prier nommément pour votre pasteur. « La prière fervente du juste a une grande efficace » (Jacques 5:16, LSG). Paul lui-même demandait à l'Église : « Priez pour moi » (Éphésiens 6:19, LSG), lui qui se disait « ambassadeur dans les chaînes » (Éphésiens 6:20, LSG).
Respectons aussi ses limites. Imaginez un pasteur qui écoute les peines de tous, présent à toute heure, et qui n'a personne à qui confier les siennes. Laissons-lui du temps pour sa famille, son repos et sa vie avec Dieu. Offrons-lui de la proximité : une parole d'encouragement, un message de remerciement, un repas partagé. Les hommes de Dieu ont besoin de soutien, pas seulement de critiques.
Et s'il tombe, restaurons-le avec douceur : « Frères, si un homme vient à être surpris en quelque faute, vous qui êtes spirituels, redressez-le avec un esprit de douceur. Prends garde à toi-même, de peur que tu ne sois aussi tenté » (Galates 6:1, LSG).
Chères épouses, chers époux : le conjoint d'un pasteur porte souvent le poids du ministère dans l'ombre. Soutenez-le par la prière et l'attention. Chers pasteurs : vous n'avez pas à jouer au surhomme. Soyez transparents, entourez-vous de personnes à qui rendre compte, et acceptez l'aide quand elle se présente. Et à toute l'Église : vous avez un rôle à jouer dans la vie de ceux qui vous conduisent. Le ministère n'est pas facile.
Que l'Éternel nous aide à comprendre ces choses, afin que nous vivions pour sa seule gloire. Amen.
Daniel K. Hanvi
Coach-prédicateur, expert en accompagnement intégral et en leadership