05/19/2024
Depuis quelques jours les réactions sont nombreuses suite à l’article d’Alexandre Picard. Dans ce texte, il dénonce les inégalités dans les temps de glace chez les jeunes hockeyeurs, suite à une expérience négative dans l’équipe de son fils. Je vous avoue que depuis que j’ai lu cet article, beaucoup de choses me trottent dans la tête, donc, voila, je me lance.
Premièrement, est-ce que l’entraîneur de cette équipe avait fait part aux parents de comment il allait utiliser ses joueurs en début de saison ? Si la réponse est oui, et que l’entraîneur a respecté ce qu’il avait dit, je ne vois pas pourquoi aujourd’hui les parents sont surpris de ça. Si au moment de l’annonce, les parents ont été outrés de ça, ils auraient pu faire une plainte au hockey mineur ou même décider de quitter cette équipe et de jouer au niveau inférieur (mais, ça, c’est rare). Peut-être que rien de tout ça n’a été annoncé non plus, mais si c’est le cas, il faudrait questionner l’organisation. Chaque entraîneur de hockey mineur devrait avoir une politique de temps de glace qu’il fait signer aux parents en début de saison. C’est souvent ça qui fait qu’un entraîneur est apprécié ou non, c’est sa capacité à être juste et à respecter ses engagements de début de saison et être équitable avec tous les joueurs de son équipe. Comme dirait un bon ami, ‘’ one set of rules‘’.
Aucun joueur ne devrait avoir droit à un passe droit et, ce, même si c’est le meilleur joueur de ton équipe.
Une autre réflexion qui m’est venue au sujet de cette situation c’est que y’a une partie de moi qui peut comprendre ce coach d’avoir voulu gagner. C’est normal de vouloir gagner! Ceci dit, je ne sais pas quel âge ce coach a, ni son niveau d’expérience, mais, est-ce possible que la situation ait dépassé ses compétences? Faut pas se le cacher, ce n’est pas évident aujourd’hui de gérer 20 jeunes. Parlez en aux professeurs !!
À chaque année les parents se croisent les doigts pour gagner la loterie de l’entraîneur, celui qui sera compétent en hockey et capable de gérer les jeunes. C’est triste , mais c’est comme ça, nous n’avons pas assez de bons candidats pour diriger nos équipes. Pourquoi ?? L’argent ! Heureusement je connais des gens qui travaillent fort afin que la situation change , mais on ne peut pas penser avoir un Martin St-Louis sur le banc pour 7200$, 10000$ ou 22000$ par année. Nous voulons donc que l’entraîneur de notre enfant soit connaisseur, un bon pédagogue, humain , drôle, qu’il fasse des excellentes pratiques et qu’il soit disponible sans vraiment qu’on le rémunère bien ! On me dit souvent qu’on devrait copier tel ou tel programme des USA ou de l’ Europe pour l’implanter ici. Oui c’est vrai que ça serait super mais les programmes qu’on me nomme coûtent entre 25000$-35000$ par année. Les entraîneurs de ces programmes gagnent 70000-100000$-150000$ US avec un logement et une voiture. Je crois donc que la solution est simple, augmenter la facture hockey aux parents et embaucher de meilleurs entraîneurs. En disant ceci je vais recevoir plein de commentaires comme quoi je suis fou et que les gens n’ont pas les moyens. Cependant, est-ce que cette affirmation est réellement vraie? Ce que je constate c’est que les gens sont tellement insatisfaits du développement de leur jeune, qu’ils sont prêt à payer plusieurs milliers de dollars pour des écoles d’hockey et des programmes, comme le mien. Prenez cette argent là, mettez là dans vos organisations, qui elles pourront engager des entraîneurs qualifiés et compétents qui sauront developper vos jeunes à la hauteur de vos attentes.
Ainsi, après une vraie bonne saison intense de 8 mois , les jeunes en auront réellement fait assez et pourront mettre leur équipement de côté, afin de faire place à un deuxième sport, car oui les jeunes québécois font trop de hockey.
Troisièmement, je me permets de me prononcer sur comment un coach peut parfois donner des temps de glace inégaux, sans pour autant créer de la grogne chez les parents ou de la déception chez les joueurs. Oui, il y a eu des matchs où, quand je coachais, certains joueurs jouaient moins, ou pas du tout, dans les 2 dernières minutes d’une période ou en prolongation, mais jamais au détriment de leur intégrité. Tout était expliqué, tout était bien fait. Si je demande à tous mes anciens joueurs, je crois qu’une très très grande majorité se rappelle de moi comme étant un entraîneur qui a marqué leur vie par ma bonne humeur , ma joie de vivre, ma passion du sport, mes connaissances du hockey et les valeurs que je leur ai transmises et non pas comme étant le coach qui 5 fois dans l’année lui a pas fait jouer 2-3-4 minutes. Chaque entraîneur devrait être capable de vendre à chacun de ses joueurs l’importance qu’il a dans son équipe. Une fois que le jeune se sent apprécié, aimé et valorisé dans son rôle, il va grandir et progresser. Ça n’a rien à voir avec le temps de jeu.
En terminant, la morale de cette histoire, selon moi, c’est d’avoir une communication claire en début d’année, avec les joueurs et avec les parents, et de tenter de développer un lien de confiance tout au long de l’année. Le hockey c’est le plus beau sport du monde, c’est une école de vie et ça donne lieu à des histoires d’amitié, chez les jeunes mais aussi entre les parents. On gagne et on perd ensemble et ça crée des souvenirs incroyables. C’est ce qui compte au final!