16/04/2023
La catastrophe de la mine souterraine de zinc de Perkoa au Burkina Faso : un an après!
16 avril 2022 - 16 avril 2023 : voilà un an que la catastrophe de la mine de Perkoa a eu lieu. Il s'agit de la première catastrophe au niveau d'une mine industrielle au Burkina Faso (si je ne me trompe).
En rappel, le 16 avril, la mine de zinc de Perkoa située dans la province du Sanguié a connu une grande pluie engendrant une inondation de ladite mine, piégeant de ce fait 8 mineurs à l'intérieur. C'était le début d'une crise qui a abouti à une catastrophe. Le Burkina Faso, dont l'or est le premier produit d'exportation, avec plusieurs mines en exploitations venait de connaitre sa première catastrophe dans le secteur. Suite, à cette situation exceptionnelle, le Gouvernement s'est saisi du problème et une commission de crise a été mise sur pied. Cette commission était chargé de la communication de crise mais aussi a contribuer à appuyer les efforts de recherche et de sauvetage des 8 mineurs.
Hélas! Malgré les différents efforts et après 66 jours de recherches intensives, les 8 personnes piégées ont été retrouvées mortes.
Tout a été dit et entendu! Des questions de fond ont été posées: comment en est-on arrivé à cette situation? Comment la mine a pu être inondée?
Bref, toutes les questions étaient en suspens et je pense que d'autres demeurent toujours. Si les catastrophes minières sont légions dans le monde (Turquie, Chine, Ukraine etc.), celles des inondations des mines souterraines à partir des eaux de surfaces ne sont pas une chose courante (Il en au eu en Chine certes).
Dans la dynamique de cette crise, un procès a eu eu lieu 5 mois après, soit le 14 septembre 2022. Des condamnations ont été prononcées et la société a été relaxée. Quelque semaines après, la société a annoncé la fermeture prochaine de la mine, toute chose qui est définitive aujourd'hui.
Les conséquences directes et indirectes de cette catastrophe sont entre autres : des pertes en vie humaine, la fermeture de la société, les pertes d'emplois, les pertes de devises etc. Autant dire qu'une catastrophe peut engendrer plusieurs conséquences quand une gestion rationnelle n'est pas faite.
Du reste, pour les personnes qui s'intéressent à la gestion des risques et des catastrophes, voici les principales questions qu'on peut se poser:
i) quelles leçons avons tiré de cette crise?
ii)Pouvons-nous dire aujourd'hui que des dispositions ont été prises pour éviter ou atténuer éventuellement une telle situation sur une autre mine?
iii)Les dispositions relatives à la prévention des risques ont-elles été améliorées?
Voici autant de questions qui méritent une réflexion un an après. Ce que l'on peut dire c'est que fondamentalement rien n'a changé.
Or, en règle générale, les crises et les catastrophes donnent des leçons qui doivent être capitalisées pour les intégrer dans le cycle de gestion des risques.
Dans bien de pays, les leçon apprises au niveau des catastrophes ont contribué à améliorer le dispositif juridique et le cadre de réponse.
Par contre dans nos contrées, on fait de la gestion sans gérer au vrai sens du terme. Autrement, on se contente d'apporter des réponses d'urgences sans apprendre de nos erreurs pour se préparer ultérieurement.
En la matière, les catastrophes des inondations au Burkina Faso, surtout celle du 1er septembre 2009 nous édifie à suffisance. Un évènement de cette même ampleur à Ouagadougou aura des conséquences plus importantes que celles de 2009 en ce sens que rien n'a été fait jusqu'à ce jour.
Si les crises sont inévitables, les catastrophes peuvent l'être mais pour cela, il suffit d'appliquer les règles de la gestion des risques. Ces règles forment un cercle partant de l'identification, la planification, la préparation, aux enseignements en passant par la réponse et le circuit reprend.
Apprendre des erreurs et insuffisances d'hier pour se préparer ultérieurement est une bonne façon d'atténuer les risques et leurs impacts.
NB: j'ai une pensée pour toutes les victimes de cette catastrophe du 16 avril 2023!
Bon dimanche à tous!