09/02/2023
Le « un contre un », apprendre à construire le partenaire
Optimiser la co construction
Dans l’enseignement du « un contre un » l’apprentissage et le développement des choix tactiques individuels ne doivent pas se limiter au porteur de b***e. Joueur débutant, « le porteur de b***e » est parfois dans l’incapacité de résoudre les problèmes posés par l’action duelle. Pour éviter la perte de b***e et favoriser la production efficace de la continuité du jeu « offensif », le rôle du partenaire du porteur de b***e est primordial. Il doit se sentir engagé et responsabilisé dans l’action collective dans le but de comprendre les actions et les choix du partenaire. Cette démarche permet aux deux acteurs, le joueur en duel et son partenaire, de développer un réseau de communications d’actions motrices qui favorisent l’action duelle et la conservation collective du ballon. C’est le début de l’apprentissage du « pouvoir être » relationnel.
Observons un jeune joueur qui , en situation de duel, tente de jouer le partenaire et ne réussit pas.
Faut-il lui apprendre à s’organiser sur le plan « structuro postural » en dispensant une approche codifiée, ou le formateur guide, informe, corrige, et impose une « gestuelle » hors de son environnement de performance, pour la réinvestir après en situation de match. Faut-il continuer à lui dispenser cette pédagogie « fermée » avec ses itinéraires balisés, complètement quadrillés, ou les réponses motrices sont souvent connues d’avance…
Je ne pense pas. Il faut, dès le plus jeune âge, dispenser cet apprentissage « complexe » en situation contextualisée, ou la performance motrice s’articule autour de la relation entre le joueur, l’environnement et les tâches à accomplir. Apprendre à lire la conduite du partenaire, ne peut s’acquérir que sur la base d’un travail en opposition. C’est dans cet espace dynamique que l’enfant « agissant », apprend tout en exprimant ses émotions, à construire l’expression de sa logique motrice.
Auto organisation cognitive
Dans la méthode L. E. D le joueur débutant apprend en premier à développer la capacité « perceptive » qui lui permet de « s’informer » dans l’espace où se trouve l’adversaire, (espace proche), discerner la position du futur partenaire, (espace éloigné) et situer la cible à atteindre et à défendre. Cette prise d’info dans des situations ou l’incertitude et l’évolutivité sont parties prenantes développe chez le jeune joueur une « vue opératoire » qui correspond à ce qu’il voit, et peut faire en temps réel.
C’est dans ce système de jeu, que le jeune joueur à partir du processus « perception décision » s’approprie en toute liberté d’action les savoirs spécifiques « spontanés » liés aux actions d’opposition / collaboration.
Module d’apprentissage : « un contre un «, apprendre à construire le partenaire.
Objectif spécifique : Augmenter la fenêtre perceptive en apprenant à lire et interpréter les informations liées à la situation prioritaire : le duel, tout en utilisant par séquence la vision périphérique pour situer la position du partenaire.
Espace de jeu
Longueur 20m Largeur 12
Deux buts : un grand but, 5 mètres le large, défendu par un gardien, un petit but de 2 ,50 m, sans gardien.
Une ligne médiane divise le terrain en deux zones une offensive, une défensive.
Organisation de départ
4 joueurs : A et B s’opposent en duel « un contre un ».
A attaque le grand but défendu par le gardien C.
B attaque le petit but, sans gardien.
D est le joueur partenaire du joueur A, il évolue hors espace jeu, le long de la ligne de touche.
Consignes de jeu
°°°° C’est le joueur D (partenaire) qui engage par une passe, au joueur A son coéquipier, le début de la séquence et les ballons sortis. Quand le ballon sort côté but défendu par le gardien c’est ce dernier qui réengage le ballon à son partenaire B. Dans ce cas de figure le joueur adversaire se positionne dans sa moitié défensive et ne peut engager le duel que lorsque son adversaire touche le ballon.
Pour comprendre les problèmes que peuvent rencontrer les jeune joueurs « acteurs » de ces situations, ils doivent être confrontés aux différents rôles : joueur en duel avec un partenaire, joueur en duel sans partenaire ; joueur gardien ; joueur partenaire. Une rotation des joueurs aux différents postes s’impose.
Variables didactiques
Le joueur B peut utiliser le gardien comme partenaire.
Le joueur partenaire (D) change de côté à chaque passe à son partenaire.
Objectif d’apprentissage prioritaire .Développer l’équipement « perceptif et réflexif » pour jouer avec l’autre.
Taches perceptives spécifiques du porteur de b***e
L’action que le joueur porteur de b***e entreprend ne peut être comprise que dans un rapport à l’adversaire, à lui-même et au partenaire, il doit,
°°°° développer une meilleure vision et compréhension des placements et déplacements de son adversaire direct, et du joueur partenaire
°°°°apprendre tout en tenant compte de l’incertitude que crée la situation duelle à discerner les possibilités comportementales et anticipatives des actions futures du partenaire.
°°°° intégré dans ses actions visuelles l’emplacement du but à atteindre, et du but à défendre.
Taches perceptives spécifiques du partenaire
L’action que le joueur partenaire entreprend est un « guide » en tant que déclencheur d’échange de b***e
°°°° il doit créer les conditions de la réussite d’être partenaire, par des placements et déplacements afin d’être « accessible », et pouvoir devenir éventuellement réceptionneur.
°°°° il doit apprendre à percevoir et interpréter « l’incertitude » créée par la situation duelle et tenir compte des pouvoirs « d’agir » du partenaire porteur de b***e.
Développement de l’intelligence situationnelle, voir, lire le jeu, décider…
Les joueurs impliqués dans cette situation apprennent à scanner l’environnement afin de percevoir et capter les différentes informations qui se dégagent de l’espace de jeu. Associé à la pression qu’engendre l’action duelle, cela rend la situation très riche en apprentissages cognitifs Dans cet environnement authentique, la prise d’information, le décider de faire, et la concrétisation de la décision, favorisent la découverte des problèmes et permet à l’enfant de les solutionner en fonction de ses ressources avec prise d’initiative et spontanéité.
Dans une forme de lâcher prise technique, l’enfant est « joueur acteur » de ses réponses constituées d’ajustements inconscients. Pas d’actions modélisées, programmées, téléguidées par un formateur impatient d’intervenir… trop tôt. Place à l’auto gestion motrice, aux constructions gestuelles personnelles, intuitives, créatives et originales. Place à la pédagogie du foot en liberté…
Le rôle du formateur
°°°° Être présent pour assurer les règles fondamentales qui régissent le foot.
°°°° Concevoir des situations contextualisées porteuses de problèmes appropriés au développement de l’objectif pédagogique recherché.
°°°° Observer sans jugement de valeur quelles actions motrices l’enfant maitrise de manière spontanée, répétitive et préférentielle.
°°°° Laisser l’enfant découvrir son identité motrice à travers l’appropriation intime de sa technique, qui s’appuie sur ses points forts et sur ce qu’il sait faire naturellement.
Il s’agit d’une démarche innovante qui interpelle, je comprends vos interrogations. J’espère simplement, avoir déclencher votre curiosité qui vous incitera peut être, à intégrer à titre « d’expérimentation » la philosophie d’apprentissage de la méthode L.E.D.
Juste envie de partager
Affaire à suivre...
José Huynen
Football de rue .be