20/08/2024
DÉBUTONS LES COURS D'ARTS MARTIAUX SUR LE BON PIED
Une nouvelle saison débutera bientôt et il est toujours important de prendre quelques instants pour expliquer aux élèves le protocole d'ouverture et de fermeture d'une séance et d'expliquer les règles du dojo. Voici quelques observations:
1. L’organisation d'un dojo est à l’image de la société où chaque individu a une place particulière qu’il se doit de reconnaître, d’accepter et d’assumer entièrement. Ainsi, dans un dojo, on retrouve des doryo, les karatékas qui ont débuté l’entraînement en même temps; il y a aussi les sempai, c’est-à-dire les anciens; et enfin, le sensei principal ou les sensei qui l'assistent.
2. On débute le cours par une courte méditation et des salutations. Il est bon d'en clarifier la signification. Ces rituels proviennent du confucianisme, du bouddhisme et du shintoïsme, dont les rapports sont assez complexes. Ces rapports sont associés, par exemple, à la vénération religieuse, à la piété filiale envers les membres de la famille (vivants ou décédés), au maître décédé, etc.
3. Les salutations entre le maître et les élèves doivent se comprendre à partir d’une perspective strictement hiérarchique et immuable qui cautionne les agissements entre les individus.
4. La fonction hiérarchique est une caractéristique de la culture japonaise dans son ensemble qui fonde son éthique sur l’ordre naturel. Comme un pratiquant de karaté traditionnel risque de rencontrer , un jour ou l'autre, des maîtres japonais, il est bon, qu'il ait une idée de la manière de bien se conduire, car c'est le sensei de l'élève qui a de forte chance d'être tenu pour responsable.
5. Si le système hiérarchique japonais n'est pas mis en contexte, il risque aussi de soulever des questions, voire des conflits. Je me permets cette piste de réflexion:
Au Québec, par exemple, je fus un enseignant en éthique et en culture religieuse. J’avais la responsabilité d’enseigner la Charte des droits de la personne qui affirme que la valeur des rapports sociaux s’inscrit en terme «d’égalité». Malheureusement, plusieurs Québécois ont mal interprété ce précieux document qui souligne l’importance d’un principe d’égalité en «valeur et en dignité», mais pas en statut! La nuance est importance dans nos rapports sociaux. En d'autres mots, il y a une nette différence entre le statut d’un instructeur et celui d’un élève débutant. Dans la vie comme au dojo, on doit moduler son comportement et la manière de s’adresser à l’autre en reconnaissant sa place dans une structure sociale.
6. Voici, par exemple, les règles de mon dojo que j'explique aux élèves.
L’étude du karaté-do n’est possible que dans la confiance et le respect envers son professeur, ses partenaires ainsi que dans l’application stricte des règles écrites et non écrites du dojo. C’est grâce à l’étiquette que nous pouvons pratiquer en toute sécurité, développer le respect et discipliner notre caractère et nos tendances agressives.
1. Pratiquez dans l’esprit BUTOKU
2. Saluez en entrant et en sortant du dojo.
3. Arrivez à l’heure. Entrez dans le dojo avec une tenue vestimentaire correcte. Si vous êtes en re**rd, faites le protocole et attendez l’ordre de vous joindre au groupe.
4. Venez au dojo pour recevoir un enseignement sur le karaté-do et pour travailler avec sincérité, du mieux que vous pouvez. Évitez de justifier ou de commenter vos erreurs. Acceptez humblement les conseils et les observations de l’instructeur et de vos sempai, en répondant simplement «Hai!» ou «Merci!».
5. Évitez d’argumenter, de donner votre opinion sur les composantes techniques et théoriques, sans y avoir été invité et posez des questions lors des périodes prévues par l’instructeur.
6. Adressez-vous à l’instructeur en utilisant le terme ''sensei''.
7. Saluez vos partenaires avant et après un exercice.
8. Portez une attention particulière à votre tenue vestimentaire.
9. N’essayez pas de corriger ou d’enseigner une technique en présence direct du sensei ou sans en avoir reçu l’autorisation.
10. Réglez vos cotisations selon les dates prévues.