10/08/2021
"Les récits de Jaco" le retour
« Vous écoutez Musique 3, il est 8h3… nous continuons avec une programmation toute en douceur… » Purée, pourquoi, ai-je mis Musique 3 sur mon réveil ? J’avais besoin d’un Rammstein, AC-DC, DEF LEPARD ou autres Parkway Drive. Peut-être que cela aurait été inapproprié pour réveiller mon épouse. Bon, on verra plus t**d pour la musique. En ce 31 juillet, c’est le jour de Kasterlee. Premier marathon en cette année 2021 où nous participons. Et le SKC est présent en force. Trois jeunes et six adultes : pas mal non ? Kasterlee, cela se mérite : 14 kilomètres de canal avec trois portages aux écluses, suivi par un quatrième portage long de…1200 mètres ! Oui, des dingues : 1,2 kms à courir avec son bateau sur une p*ste cyclable entre le canal de Bocholt vers Herentals et la petite rivière Kleine Nete. Pour ce quatrième portage, tout est quasi permis pour s’aider à transporter le kayak : monter des roulettes sur le pont pour laisser glisser l’arrière du bateau alors qu’on le tracte en tenant l’avant dans la main, s’équiper de sangles pour faciliter le portage, ou tout simplement le mettre sur l’épaule et tenter d’avancer le plus vite possible, en se débrouillant avec les bras. Vous l’aurez compris : Kasterlee ce n’est pas une mince affaire. Les néerlandophones ont une expression pour ce marathon : « Niet voor de softies », « pas pour les mollassons ».
On se retrouve tous vers 11h30 à l’arrière du superbe bâtiment en bois du K*K (rien à voir avec les cagoulards aux USA), le Kastelse Kayak Klub. Près de deux cent membres dans un club à la belle ambiance, les hangars ventilés laissent rêveur. Les bateaux s’alignent parfaitement. Une belle salle de muscu est également présente, avec do**hes, sanitaires et un club house avec un grand bar.
Autour une vaste pelouse accueille des portants kayaks permanents et une splendide pelouse qui pour l’occasion servira de terrain de camping pour ceux qui viennent de loin. Toute la belle équipée du SKC se retrouve peu avant midi en ces lieux. Les deux remorques sont alignées. La plus grande commencent à accueillir les kayaks des participants aux 21 kilomètres. La plus petite est réservée aux bateaux des plu jeunes qui pourront s’affronter sur le parcours de 7 kilomètres en remontant eux aussi la Kleine Nete. Ils sont vaillants ces jeunes ! Les jeunes justement, Clément, Robin et Louise sont prêts à en découdre. En attendant le départ vers les lieux d’embarquements respectifs, ils découvrent aussi les lieux. Le K*K a bien fait les choses en louant un château gonflable. Les petits s’en donnent à cœur joie, mais nos trois jeunes ne dédaignent pas une partie de rigolade sur les boudins gonflés. Les adultes (Quentin, Christophe, Philippe, Bernard, Lulu et votre serviteur) attendent le briefing prévu pour midi. En matière de briefing…pas grand-chose, juste les collants des numéros à récupérer et à placer sur l’avant gauche du bateau. Vers 13h00, un léger stress pointe. C’est leur de grimper dans les voitures pour rejoindre les deux point s de départ. Marie, l’épouse de Quentin emmènent nos trois jeunes à Bobbejaanland. Euh, non ! Bobbejaanland est juste au point de départ des jeunes, mais il s’agit d’une autre montagne russe que nos jeunes vont affronter. La Kleine Nete est bien haute. Ici aussi les pluies ont laissé des traces et le courant est bien présent. Tout comme les algues qu’il va falloir dépasser et ne pas laisser planter la pagaie entre celles-ci. Les adultes ont rejoint le canal Herentals-Bocholt. Encore une demi-heure à attendre avant le start. Le vent est fort et il sera de face sur les 14 kilomètres. L’eau du canal est loin d’être un miroir et les vaguelettes sont bien présentes alors que pas un seul bateau ne circule. Cela s’annonce « coton » pour nous tous. Malgré les rires, et la bonne ambiance, une certaine inquiétude pointe. On voit Christophe hésité longuement dans le choix de sa pagaie. Et que faire pour les pieds ? Chaussettes, slash, pantoufle de surf… Tout le monde tente de se préparer au mieux. Véro, la compagne de Philippe nous encourage, tout comme Ryan sera l’opérateur photos de cette journée. 13h50, le départ est dans 10 minutes, tout le monde embarque. Et la surface du canal se transforme en lessiveuse. Même pour ce court échauffement, l’équilibre est précaire. Faire demi-tour ressemble à une belle épreuve et le cardio s’emballe déjà. Purée, qu’est ce je fais ici ?
Il est temps de s’aligner. Les « furieux » sont chaud à l’avant, Quentin a choisi une belle place du côté droit, il est aligné avec les meilleurs, je me glisse relativement derrière lui. Toute cette première ligne avance légèrement. Le starter annonce : « achteruit achteruit » « reculez-reculez ». Evidement personne ne recule, et finalement le starter avance d’une dizaine de mètres et lance le départ en toute précipitation. La concentration est à son comble. Tenir, tenir, il faut tenir. Après une quinzaine de seconde, une première vague vous prend par l’arrière et tourneboule le bateau. Quelques secondes plus t**d, c’est une seconde vague qui remonte et par après, il n’y a plus aucune régularité. L’eau est un chaotique, le kayak réclame toute l’attention pour avancer en ligne droite. Les furieux sont partis dans un sprint infernal. J’arrive à garder Quentin dans le coin de l’œil droit. Je me focalise sur la technique et la poussée des jambes pour garder l’équilibre. De temps à autres des pointes de bateaux apparaissent dans mon champ de vision puis disparaissent. Pas le temps de m’en occuper. Par contre je voudrais bien savoir où en sont Christophe, Bernard et Lulu. Juste avant de se mettre à l’eau, on se disait que l’enfer durait 10 minutes puis que cela se calmait. J’espère qu’ils s’en sortent bien. Si je tourne la tête, je suis sûr que je vole au jus. Pas envie, tant p*s, je reste focus sur l’avant. Dans ce whirlpool bath de l’enfer, on ressent parfois comme une houle qui emmènent le kayak vers l’avant sur quelques dizaines de mètres mais rien de régulier, et tout de suite après cela secoue joyeusement le prunier. J’ai toujours Quentin dans le coin de l’œil, j’arrive doucement à remonter au niveau de son bateau et à prendre sa vague. Ouf, un peu de répit, même si avec le vent, à chaque fois qu’il sort sa pagaie de l’eau, je prends une jolie do**he. Le confort d’être sur sa vague est bien trop précieux. On arrive très vite au premier portage après 2500 mètres. Les furieux débarquent quasiment à la porte de l’écluse, je prends une autre option, sur la droite près d’un bosquet. Pas top pour sortir, je perds quelques secondes. Je vois Quentin qui sort aux pieds de l’écluse et commence à courir vers l’aval. Je suis sa trace et l’on se retrouve quasiment ensemble à pagayer après l’embarquement. Cette fis je veux absolument lui apporter mon soutien. Durant les 4 kilomètres qui suivent on alternera joyeusement : une fois lui devant, une fois moi devant. Quelle sensation merveilleuse que de savoir que je peux lui être un peu utile. Il faut dire que le vent est vraiment costaud. De temps à autres je jette un œil sur la montre Polar qui enregistre la distance et le cardio. Gloups, je suis bien dans le rouge quasiment en permanence, et pourtant le corps tient sans trop de difficultés. Je me concentre sur la technique, j’essaie d’assurer au maximum l’équilibre avec la poussée des pieds. Je me concentre sur la rotation du tronc en écartant la pâle loin du bateau. Pas de chance pour Quentin, à chaque fois je lui balance un demi saut d’eau en sortant la pagaie de l’eau. Le deuxième portage arrive et nous restons ensemble. Quentin accélère bien en courant alors que je me traine un peu, mais j’arrive à récupérer quelques secondes en embarquant. Le troisième tronçon affiche 3 kilomètres. Le décor est joli en traversant petit port de plaisance mais de nouveau, il est difficile de regarder autour de soi tant l’eau est difficile. On se concentre. Sur tout ce parcours canal, il faut choisir : rester au milieu et prendre le vent en pleine poire, ou se mettre un peu à l’abri du vent près des berges, et là on subit les algues nombreuses dans lesquelles plongent les pagaies, et qui freinent le kayak… Purée, quelle misère ! Avec Quentin, nous restons plus au milieu, tant p*s pour le vent. Le rythme reste plus ou moins constant et on limite les dégâts, sauf que j’arrose toujours Quentin. Dernière écluse, le passage se fait plus en souplesse. Quentin vide une nouvelle son kayak et on se retrouve sous les portes pour les 3500 mètres de canal. On continue avec une belle alternance. J’ai l’impression de faire un sport d’équipe, comme si nous étions en K2. Gag. Le… dernier tronçon est avalé rapidement. Sur la droite un double ponton mobile. Facile pour sortir. Et là c’est le gros morceau : 1200 mètres de portage en ligne droite sur une p*ste cyclable. Et là c’est costaud. Kayak à l’épaule, il n’y a plus qu’à…bien galérer pour essayer de courir. Je pars quelques secondes avant Quentin qui me rattrape rapidement et me dépasse avec cette belle déclaration : « Mais qui est-ce qui à proposer de participer à ce truc ? » Euh… je ne sais pas. Euh oui, les Brusseleirs du SKC. Et je le vois qui s’éloigne avec aisance. Il me prend 10 mètres, 20 mètres, 50 mètres, 100 mètres puis facilement 200 mètres. Il bifurque à droite devant Bobbejaanland et rejoint la Kleine Nete. Il a la gentillesse de m’attendre et de m’encourager. Je lui dis de foncer. En effet sur le Kleine Nete il est pratiquement impossible de rester dans la vague de quelqu’un. Déjà il faut remonter le courant, la rivière n’est pas large et les algues sont omniprésentes. Tout cela s’annonce bien compliqué. La rivière est jolie et tortueuse. Mais tous les 10 mètres il faut jouer du bassin pour secouer le kayak et enlever les algues qui se collent à la pointe du bateau. Et tout cela pendant 7 kilomètres. Quelques passages sous-bois, d’autres en traversant des plaines dégagées. Le niveau de l’eau est assez haut et le regard peut de temps à autres apercevoir les champs et prairies alentours. Quentin s’éloigne gentiment. Il double un concurrent que je garde en ligne de mire. Après 6 kilomètres de remonter j’arrive à rejoindre ce conçurent et à le dépasser. J’accélère encore mais comme un idiot, je ne fais pas attention à une branche en partie sous la surface et je plante mon kayak dedans. Evidement, je me retrouve au jus ! Scheide !!! Quelle triple buse, je me dis. A moins de 400 mètres de l’arrivée, je dois vider le bateau et tenter de remonter dedans. Je m’appuie sur ladite branche… qui casse évidemment, et re-ma roche dans la flotte. Pfffff, j’aime bien la nage en eaux vives, mais pas quand je fais du kayak. Je perds encore une ou deux minutes avant de remonter dans le bateau et de faire un dernier petit sprint pour rejoindre l’arrivée….mouillé, mais HEUREUX. Peu de temps après, c’est Christophe qui arrive suivi de près par Bernard, Philippe peut Lulu. A peine débarquer, j’essaie de savoir comment cela s’est passé pour les jeunes. Nos trois champions ont tout donner. Bravo à eux, car ils repartiront chacun avec une médaille. Chapeau ! Quelle merveilleuse épreuve. L’accueil au K*K est toujours aussi sympa. Et l’ambiance est vraiment agréable. On se retrouve autour d’une boisson à profiter d’un rayon de soleil, pendant la remise des médailles. Ensuite ce sera la route retour. C’est sûr, ce soir, tout le monde dormira bien. Merci à Marie, Véro, Rayan, les accompagnants et photographes du jour. Merci à Christophe, Quentin, Bernard, Philippe et Lulu pour leur participation et leur bonne humeur. Le SKC était présent en nombre. C’est TOP ! A l’année prochaine ? Bien sûr !