Le dressage tendre avec Lélia

Le dressage tendre avec Lélia Des cours de dressage équestre alliant la tendresse, le partage mais avec une juste tension, une attention.

23/08/2026

Petite grande surprise aujourd'hui... Lindo, le petit cheval qui a forcé ma porte il y a 2 ans m'a montré combien la résilience et la réparation sont possibles.

Il est arrivé cabossé par la vie (pas de jugements, il a eu un parcours que je pense chaotique): multiples tendinites aux 4 membres, plus particulièrement aux postérieurs où suspenseurs et fléchisseurs étaient atteints.
Des boulets énormes et qui touchaient le sol.
Des papiers faits juste avant son départ d'Espagne et qui le disent alezan de 8 ans... Il est noir et a plutôt 16 ans.
Une langue quasi sectionnée qui raconte qu'il a été attaché par la lange.
Des abcès ++ aux pieds
Et un corps qui compense comme il peut.
Un cheval profondément gentil et qui a trouvé comment gérer les situations compliquées: il arrête de respirer, comme ça, il devient invisible.
Etant moi-même dans une situation qui me prend beaucoup d'énergie, je passe un contrat avec lui: je lui offre le gîte et le couvert, les soins de base et surtout du temps pour se réparer, dans son corps et dans sa tête.
Tous les 2 mois, Véronique Viot pose ses mains expertes et surtout délicates pour l'aider. C'est compliqué au début, parce que le chantier est immense mais surtout Lindo ne dit ni oui, ni non: il ne respire pas, il est "invisible".
Toutes les 6 semaines, Eloïse, la super pareuse, corrige ses pieds, avec progression, on ne peut pas aller vite, tout est fragile. Rien que brosser la fourchette fait saigner.

De mon côté, je le laisse tranquille, l'idée étant que je puisse le toucher sans qu'il montre le moindre signe d'inquiétude, même mieux, qu'il montre son accord. Je le fais juste quand je nourris, une caresse et je repars.
Il met plus de 6 mois à se poser, à se dire que c'est peut-être ici qu'il va rester, qu'il va trouver, enfin, l'apaisement.

Côté allures, il n'arrive même plus à trotter et si il tente le galop, il tombe...

Les mois passent, j'essaie un peu de longe... Il est très hésitant, sage mais au bord de la panique, je dois mesurer jusqu'à ma respiration, le rendre confiant.
Bon, y rien qui tient ensemble, on dirait un cheval démonté et mal remonté.

On a le temps.

Cet été, je trouve une mademoiselle qui a envie de faire "pas grand chose" avec lui mais donner un peu de temps et d'amour.
Lindo est preneur et commence à montrer qu'il a envie de faire plaisir, il s'ouvre peu à peu...
Au bout de 2 mois, elle est dessus, il marche et fait une ou deux longueur de trot. On sent vraiment qu'il prend sur lui pour faire confiance et que je reste une référence: il hésite, il me regarde, je lui souris et je lui fais signe qu'il peut y aller... Il se détend et il m'écoute.

aujourd'hui, je le prends à la longe (après presque un an sans longe)... Et je sens immédiatement qu'il est là, partant et confiant.
Il faut rester prudente bien sûr, le mental reste fragile, mais on y va.
Et là, il me sort des trots pleins d'énergie mais sans panique, juste bien en avant, un peu courant, je laisse aller et au bout de quelques tours, je parviens à canaliser l'énergie pour la transformer en travail juste.
Il me montre en une fois tous ses bons côtés: un cheval énergique mais à l'écoute. Il a du mal à canaliser son énergie pour faire un petit trot, mais il passe au pas à la moindre demande vocale.
Il descend et étire son encolure vers l'avant, le dos bouge, ça engage à fond... Waouw!!!! Je découvre le cheval sous les cicatrices.
Et surtout, il ne boite pas!
Il est moins à l'aise à droite, mais il y a encore beaucoup de boulot ostéo à faire.

Bien sûr, on n'en fera pas un cheval de Grand Prix, mais quand il est arrivé, personne n'aurait imaginé capacité de récupération, ni le voir avec les 4 pieds qui touchent le sol correctement.

Lindo me montre aujourd'hui qu'avec principalement du temps, un environnement correct, une alimentation adaptée, un minimum de soins et une énergie bienveillante, un cheval peut revenir de très loin et redonner sa confiance et sa générosité.

15/08/2026

Obtenir la coopération du cheval... Oui, c'est possible.
Pour plein de petits soucis divers et variés ma jument est au repos depuis.... longtemps.
Je décide de la remettre tout doucement au travail en commençant par la longe, tout en sachant qu'elle déteste la longe.
Alta aime la précision, pardonne peu et réagit très très vite.
Donc à la longe, pas question d'être à 20cm de la place parfaite, pas question de faire la moindre faute d'intonation... Sinon, c'est "je suis là, je suis plus là".
En plus, on sort d'une pointe de fourbure, elle n'est pas encore tout à fait carrée, mais il faut qu'elle bouge.

Aujourd'hui, 4ème séance de longe de la semaine.
J'arrive avec le caveçon dans la prairie (pas moyen de se tromper sur le sens de ma visite: on va bo**er), j'appelle Altanera, elle lève la tête et arrive au grand trot.

Une vraie joie et pour plusieurs raisons:
-Alta est contente de me voir
-Contente aussi d'aller bo**er
-Ok avec l'idée que ce sera de la longe.
-Elle ne boite pas en arrivant vers moi
-elle a de l'énergie et se sent bien pour trotter

Donc, super séance de longe, avec une jument toujours aussi précise mais disponible et généreuse.
Par contre, faut même pas que j'essaie de la quitter des yeux (même pour chasser une mouche sur mon bras): elle s'arrête net.

Tout cela pour dire que l'accueil que vous réserve votre cheval en dit long sur sa disponibilité et son envie de partager un moment avec lui.

Et réflexion du jour: bannissez de votre vocabulaire le mot "travail".
On ne "travaille" pas un cheval. On passe un moment avec lui, on fait des choses, faciles ou pas, fatigantes ou pas, mais ce n'est pas du travail.
Vous n'êtes pas en train de faire un terrassement pour votre terrasse, de négocier un dossier avec un client, de nettoyer une maison ou tout autre activité professionnelle.
Et même si votre métier c'est de monter à cheval, c'est votre travail, pas celui du cheval.

11/08/2026

C'est l'été, il fait chaud et c'est compliqué de monter pendant les heures "normales": entre la chaleur et les mouches, c'est trop inconfortable pour tout le monde.

J'ai décidé de me rendre disponible à des horaires décalés pour que vous puissiez continuer à monter.
Je suis donc disponible à partir de 7h du matin et le soir jusqu'à 22h.

07/08/2026

Si on parlait des mauvais traitements.
Alors je ne vais pas faire une intervention supplémentaire sur les dénonciations, tout à fait justifiées et que je défends, sur les violences évidentes que l'on voit lors de certaines compétitions ou certains "entraînements".

Je vais parler des "petits" mauvais traitements, ceux qui vont abîmer sournoisement un cheval, mais l'abîmer réellement et qui pourront se réparer... En sachant qu'une tasse cassée et recollée ne sera jamais qu'une tasse réparée, parfois plus solide et parfois plus jolie mais néanmoins réparée, c'est à dire soignée, cajolée, aimée.
Une tasse que l'on aime pas, on la jette quand elle est ébréchée, si on prend le temps et le soin de la réparer, on y met de l'amour et de la tendresse.

Il y a les "petits" mauvais traitements par méconnaissance, même si ceux-ci deviennent compliqués à pardonner car, de nos jours l'information se bouscule derrière nos écrans.

Accepter que son cheval soit mal ferré et/ou mal paré (je ne veux pas faire ici un débat sur le bien fondé ou pas du fer), c'est un petit mauvais traitement par méconnaissance ou par facilité "moi, les pieds, je ne m'en occupe pas, j'y comprends rien".

Accepter que son cheval n'aie pas une alimentation qui respecte son intégrité physique, c'est un petit mauvais traitement, nourrir un cheval avec un aliment qui ne lui convient pas parce qu'il est allergique ou que cet aliment est du fast food, ça ne devrait plus exister.

Accepter que son cheval vive sans sortie quotidienne longue (lâcher 1/2h en piste, ce n'est pas une sortie), c'est un petit mauvais traitement, un cheval devrait avoir plusieurs heures de sorties quotidiennes mais sans s'ennuyer dehors: mettre un cheval dans un pré tondu sans ombre et plein d'insectes, c'est de la maltraitance et il est normal que le cheval "n'aime pas être dehors et préfère son box".

Accepter que son cheval soit monté avec du matériel inadapté, c'est un petit mauvais traitement, vous ne feriez pas une balade d'une heure en talons aiguilles ou avec un pantalon qui vous irrite les cuisses.

Alors, bien sûr que l'équitation et la possession d'un cheval sous-entend que l'on doit faire des concessions et qu'on ne peut pas offrir tout pour que ce soit idéal (sachant que le mieux est aussi l'ennemi du bien), il faut que ces concessions, ces choix soient réfléchis, pensés longuement et puissent être remis en question.

Et que, évidemment, il y aura toujours un cheval qui vous dira "oui, oui, c'est parfait, mais moi, ça ne me convient pas"... Et il faudra chercher d'autres solutions.

Continuons ensemble d'être les cavaliers et les cavalières de demain qui obtiendront de leurs chevaux bien plus que ce qui était attendu parce que le cheval sera disponible, serein et dans les meilleures conditions possibles pour offrir ce qu'il a de meilleur avec la générosité incroyable qui est celle de tous les chevaux.

Avec une dédicace spéciale à Icar, Despert et Lindo pour leur résilience, avoir cherché la propriétaire qui leur convient et assuré la formation des humains autour d'eux.

07/06/2026

C'est très banal mais la qualité et la justesse de l'apprentissage sont tellement importantes!

J'ai, dans ma cliente, 2 espagnols au modèle et au parcours très différents.

Le premier, assez grand et "moderne", a 7 ans, un équilibre naturel très correct et un bon mental.
Sa propriétaire travaille très léger, a adapté le travail en fonction de mes conseils, surtout pour le contact.
Elle a envie d'apprendre le piaffer.
Mmmh, je crains que ce soit un peu tôt dans le travail mais je décide de "prendre la température" de la disponibilité du cheval.
Je remercie encore une fois le Colonel Christian Carde pour ses conseils et ses encouragements.
Et j'essaie de mettre en application les-dits conseils.

Et là, directement, la réponse du cheval est juste!!!
Il ne piaffe pas, bien sûr, mais il lève un pied puis l'autre, dans le calme, très serein.
Je ne demande pas 20 foulées évidemment. J'en demande 2... Ca roule, je finis sur 4 foulées.
A aucun moment le cheval n'a montré de l'inquiétude ou du stress, il a juste répondu à une demande légère.
Parfait!

Le second, est plus petit et un peu râblé, il a 12 ans et sa propriétaire actuelle l'a depuis 1,5 ans à peu près.
Là, c'est une autre histoire. C'est un cheval qui manque un peu de "peps" et qui a été bousculé dans sa vie d'avant.
Dans l'espoir de lui donner du "peps", le prof courait derrière le cheval avec une chambrière... Résultat des courses, un cheval derrière toutes les aides, complètement "embouti", n'ayant aucune envie de faire plaisir et surtout l'envie d'être ailleurs.
Les 6 premiers mois, on a juste essayé qu'il retrouve du plaisir à être monté, qu'il apprenne à s'étendre vers le mors et se porter seul vers l'avant.
Depuis on réintroduit le travail peu à peu (le galop commence seulement à aller).
J'ai donc, dans l'idée de mobiliser l'arrière-main, regardé ce que le piaffer donnerait chez lui.
Mon dieu, une catastrophe.
Déjà, il a fallu lui expliquer qu'il n'allait pas mourir si je m'approchais avec une cravache.
Puis quand j'ai demandé le piaffer, il s'est quasi assis et a trépigné des antérieurs, les postérieurs restant collés dans le sol... J'ai compris que c'était ce qu'on lui avait appris.
C'est tellement dommage car ce petit cheval a un bon équilibre (maintenant) et toutes les qualités nécessaires pour répondre aux demandes.
Il faut donc que je reparte de zéro, que je lui apprenne à mobiliser un postérieur puis l'autre à la demande, que je refuse tout ce qu'il veut me proposer d'autre, qu'il comprenne que c'est simple et facile.

Entourez-vous des bons professionnels, qui vont vous aider à tirer le meilleur du cheval en fonction de ses capacités et en prenant le temps.
Si vous sentez que "ça ne le fait pas", changez d'instructeur, parce qu'une mauvaise expérience pour un cheval peut représenter des mois de travail pour "effacer l'ardoise et y écrire de nouvelles choses".

le rollkür, le LDR (low deep rond), l'encapuchonnement, l'enfermement, le "serré dans la nuque",...Tous ces termes provo...
28/05/2026

le rollkür, le LDR (low deep rond), l'encapuchonnement, l'enfermement, le "serré dans la nuque",...

Tous ces termes provoquent la même chose chez le cheval: de la douleur et des lésions irréversibles (retenez bien cela: des lésions irréversibles).

Alors, aujourd'hui, tout le monde a compris (sauf quelques ignares, pardonnez du mot) que le rollkür est néfaste.

Mais certains pensent encore trop souvent que "mettre un cheval en main" consiste à forcer un peu le truc pour le faire céder.
-Oui, mais je le fais juste un peu en début de séance et après, il est gentil.
-Oui mais, je voudrais bien qu'il soit plus ouvert, mais je suis obligé, sinon, il sort de la main et creuse le dos
-Oui, mais sinon, il a peur de tout et je ne le tiens pas
-Oui, mais c'est pour qu'il travaille son dos.
-Oui, mais les grands cavaliers, ils montent comme ça, pourquoi pas moi.

Je pourrais encore en sortir plus dans ce florilège d'excuses.
La première image montre un cheval qui n'est pas derrière la verticale... il n'est donc ni en rollkür, ni encapuchonné, ni LDR.
Il est "serré dans l'encolure".
On voit clairement sur ce schéma, l'étirement des cervicales hautes (tendon nuchal sur exploité), l'écrasement des cervicales basses, la compression anormale qui bloque respiration, circulation sanguine et déglutition, l'impact est présent aussi dans le dos où les apophyses se rapprochent dangereusement (kissing spines); même la propulsion est altérée.

C'est donc une attitude vraiment néfaste.
La seconde image permet de mieux comprendre ce que je décris sur la première image.

Les cavaliers commencent à comprendre cette histoire de ligament nuchal et des cervicales hautes, mais ce n'est que la partie cachée de l'iceberg.
Il y a quantité d'autres pathologies qui se développent à toute vitesse si un cheval n'est pas travaillé dans la justesse.

Nous aimons tous et toutes nos chevaux et nous voulons le meilleur pour eux.
La meilleure chose que l'on peut offrir à son cheval dans le travail, c'est le confort.
Et ce confort passe par la compréhension de l'impact de notre façon de travailler son cheval.
Une partie de ce confort se situe dans le choix du matériel, l'autre partie dans la qualité du contact et la qualité de l'attitude demandée au cheval.

"Placer" son cheval ce n'est pas mettre son chanfrein à la verticale.
Avoir un cheval placé, c'est permettre, par la qualité du contact et la justesse du travail, au cheval de venir dans une position idéale pour porter un cavalier et exécuter les figures qui lui sont demandées sans jamais dépasser son niveau de connaissance et sa capacité physique.

L'überstreichen?Quelle est la définition de l'überstreichen?"L'überstreichen consiste à relâcher les rênes en déplaçant ...
27/05/2026

L'überstreichen?
Quelle est la définition de l'überstreichen?

"L'überstreichen consiste à relâcher les rênes en déplaçant les deux mains vers l'avant le long de l'encolure du cheval pendant quelques foulées, démontrant ainsi que le cheval est en équilibre. Durant ce relâchement, le tempo, l'équilibre et la posture du cheval doivent rester inchangés. On peut également tester la connexion diagonale (jambe intérieure sur rêne extérieure) et la flexion en relâchant uniquement la rêne intérieure pendant quelques foulées, tout en suivant une courbe. L'objectif est de conserver la même flexion et le même équilibre pendant le relâchement. Dans les deux cas, les rênes sont ensuite reprises doucement."

C'est un exercice que l'on rencontre dans les reprises de dressage mais qui a un réel intérêt dans le travail quotidien du cheval.
Pour avoir la certitude que le cheval se porte et est capable de garder son tempo si les mains ne sont plus là pour soutenir, maintenir.

Je vois souvent des chevaux qui ont une meilleure attitude pendant l'über qu'avant ou après.
Je suis toujours surprise que les cavaliers ne se posent pas plus de question sur cet exercice et sur les problèmes qu'il révèle.

Encore une fois, je vais parler du contact: l'über souligne en fluo la qualité du contact.
-Le cheval qui perd son attitude prouve un équilibre géré faussement par les mains

-Le cheval qui accélère montre un manque d'équilibre mais surtout une erreur dans les bases de l'équitation: relâcher le contact ne devrait jamais être une autorisation à accélérer, c'est une grosse erreur dans l'utilisation et l'apprentissage des aides!

-Le cheval qui sort de la main démontre que le "placer" n'est acquis que par la force, sans tenir compte de la perméabilité, de la capacité à engager et à s'équilibrer. La main n'est pas là pour "placer" le cheval, elle est là pour recevoir une attitude juste, pas pour la prendre.

-Le cheval qui ralentit et/ou perd l'allure, cela signifie que le cheval ne se porte pas en avant avec aisance, équilibre et énergie
-Le cheval qui arrache les rênes montre clairement son inconfort par rapport à un contact trop sévère ou mal géré.

Et enfin:

-le cheval qui est mieux pendant l'über qu'avant ou après, il essaie d'expliquer à son cavalier que les choses se passent mieux quand le cavalier est moins figé, moins directif, plus prévis et plus délicat.

L'überstreichen n'est pas un exercice qu'on bâcle vite fait pendant sa reprise, il a un intérêt primordial dans le travail du cheval!!!

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