05/08/2026
POUR LA PREMIÈRE FOIS EN 400 ANS, DES POUSSINS D’OISEAUX MARINS NE SERONT PAS TUÉS CETTE SAISON
Sur une petite île isolée d’Écosse, une tradition vieille de plusieurs siècles vient d’être stoppée.
Cette année, la chasse annuelle au guga ne pourra pas avoir lieu sur Sula Sgeir, une île inhabitée des Hébrides extérieures.
Chaque été, cette chasse permettait de tuer des jeunes fous de Bassan — des poussins d’oiseaux marins — dans le cadre d’une tradition alimentaire locale pratiquée depuis environ 400 ans.
Mais cette fois, NatureScot a refusé la licence.
La raison : de nouvelles données indiquent que cette chasse pourrait avoir un impact défavorable sur les populations de fous de Bassan. Jusqu’à 2 000 jeunes oiseaux pouvaient être concernés par cette chasse annuelle.
Pour les associations de protection animale et de conservation, cette décision est un tournant.
Parce qu’un oiseau marin n’est pas seulement un chiffre dans une autorisation.
C’est un petit né sur une falaise.
Un animal qui n’a pas encore pris son envol.
Une vie encore fragile, dépendante de la colonie, du vent, de la mer et du temps.
Ce sujet reste sensible, car il touche aussi à une tradition locale ancienne. Mais la question posée aujourd’hui dépasse la tradition : que faire quand une pratique héritée du passé rencontre une biodiversité fragilisée ?
Les fous de Bassan, comme beaucoup d’oiseaux marins, subissent déjà des pressions importantes : grippe aviaire, changements dans les ressources alimentaires, perturbations marines et fragilité des colonies.
Cette année, au moins, ces jeunes oiseaux resteront sur leur falaise.
Ils ne sont pas “sauvés pour toujours”.
Mais ils ont obtenu une saison de répit.
Pour la première fois en quatre siècles, la tradition s’arrête.
Et sur les falaises de Sula Sgeir, des jeunes oiseaux auront simplement le droit de grandir.