22/08/2026
A quel moment ?
La semaine dernière, pas très loin de la cinquantaine, j’ai assisté à un concert dont la moyenne d’âge commençait à 50 ans. Je me suis déhanchée, ai chanté à tue-tête sur des rythmes de mon enfance, mon adolescence et ma jeune vie d’adulte. J’étais parmi des gens décomplexés, le regard de l’autre n’avait plus d’importance, j'ai vu des gens prendre du plaisir et j'en ai pris aussi. J’ai dansé n’importe comment, j’ai chanté en yaourt et je m’en fous, au grand désespoir de ma fille de 13 ans. Mais cela m’a questionnée aussi. Faut-il attendre la cinquantaine pour être soi, pour être libre, pour s’autoriser à être ?
Et puis je me suis dit …
A quel moment me suis-je oubliée ?
A quel moment ai-je arrêté de respirer et ai-je décidé d’avancer en apnée ?
A quel moment le regard des autres m’a semblé plus important que mon propre regard ?
Pendant de nombreuses années, je me suis évertuée à tout bien faire, à être la meilleure maman, la meilleure compagne, la meilleure collègue, la meilleure amie, la meilleure cuisinière, … la seule avec qui je n’ai pas été la meilleure … moi-même.
J’ai cherché la reconnaissance à l’extérieur, à plaire, à être aimée. J’ai ramé, tu as déjà essayé de ramer en apnée ? Je me suis auto-épuisée. J’ai même bu de l’alcool pour être plus à l’aise dans certaines circonstances où j’avais l’impression de ne pas être à la hauteur. Mais à la hauteur de qui ? De quoi ?
Aujourd’hui, j’ai compris que l’amour que l’on se porte est plus important que tout le reste. Je n’ai plus besoin d’être aimable pour mériter ma place. Je me demande si, quelque part, mon cerveau n'a pas fini par associer le fait d'être pleinement moi à un danger : celui de ne pas être acceptée. Est-ce dangereux d’avoir de l’humour, d’être perchée, de chanter en yaourt ? Comme l’impression d’être, en permanence, vigilante au regard des autres.
Quand ai-je oubliée d’être moi ?
Quand ai-je étouffé ce grain de folie pour entrer dans le rang ?
Quand ai-je oublié ce qui me passionnait ?
Quand ai-je soufflé sur ma propre flamme ?
On croit souvent que ce sont les autres qui nous éteignent, les autres qui ont le pouvoir, j’ai compris que mon cerveau pouvait être mon plus grand illusionniste. Il m’a fait croire que je n’étais pas assez pour être.
J’ai travaillé sur moi pour me re-connecter à qui je suis, à ce qui me passionne, à ce qui me ressource, à ce que je peux apporter. J’apprends encore chaque jour à poser mes limites, à rassurer mon cerveau sur les dangers qu’il perçoit partout.
J’ai remarqué que nous étions beaucoup de femmes à vouloir en faire des caisses pour essayer d’être reconnues. Je sais à présent que la seule avec qui j’ai le droit d’en faire des caisses c’est moi-même. Alors je me fais rire, je prends soin de mon corps et de ma tête, je me fais plaisir avant de faire plaisir aux autres et surtout j’essaie d’être un exemple pour mes enfants pour qu’à leur tour, ils n’éteignent pas leur propre flamme.
J'ai compris certains mécanismes qui m'ont conduite à m'oublier. Je les vois davantage aujourd'hui et j'apprends encore à faire autrement.
Et toi, tu l’entretiens comment ta flamme ?