16/07/2021
[Présentation générale]
Qu’est-ce que Chō-Ryū ?
Il s’agit d’un courant d’escrime japonaise (kenjutsu) proposant des principes techniques, tactiques et biomécaniques variés d’utilisation d’armes blanches japonaises.
Loin d’être un système martial complet pensé pour l’époque contemporaine, Chō-Ryū est une création moderne (2020) d’un Belge, pratiquant d’arts martiaux : A. Ilbert.
Un courant moderne pensé pour compléter l’expérimentation martiale individuelle des passionnés d’arts anciens en quête de pragmatisme dans leur escrime et disposant déjà de bases techniques solides dans ce domaine.
D’où vient la création de Chō-Ryū ?
Comme son nom l’indique, l’observation d’un animal a donné naissance au mouvement clé de ce courant : le papillon. Plus précisément, le battement d’aile d’un papillon et son évolution dans l’espace ont inspiré l’idée qui amènera la création du kata central de ce courant : Chō no Tachi.
Un arbre pousse rarement au milieu du désert. Il en va de même ici, le fruit de nombreux enseignements et expériences a donné les bases techniques permettant la conception des mouvements étudiés.
L’idée venait également de l’envie du créateur de Chō-Ryū de partager certaines réflexions, certains mouvements, nés de la rencontre de ses différentes pratiques d’escrimes au fil des années : iaïdo (ZNKR-iaï + Muso Shinden Ryu), kendo, kenjutsu (Tenshin Shoden Katori Shinto Ryu), escrime médiévale européenne (13e siècle et 15e siècle)… Mais également d’autres arts à mains nues (Karaté Tokitsu-Ryu, aïkido…).
Comment résumer le cœur du courant ?
Il s’agit, tel le papillon, de voler librement d’un élément à l’autre. Laisser le corps et l’esprit s’exprimer autour d’un concept d’écoute de son corps. Cette liberté est avant tout morale : refuser le dogmatisme pour lui privilégier l’écoute de la sensation et les tests pragmatiques. Une technique doit fonctionner dans la configuration pour laquelle elle a été conçue.
Plus techniquement, des appuis légers, des écarts réduits, une mobilité tranquille mais erratique, chaotique pour l’opposant mais fluide et harmonieuse pour le pratiquant. Un engagement fort sur les coupes décisives et certaines positions, contrebalancé par un « flottement » plein de densité dans l’approche.
L’esprit léger, le corps léger, le papillon vole de ses grandes ailes. Lorsqu’il se pose, ses pattes multiplient les pas, toujours prêt à s’envoler…
Est-ce valable comme création ?
Créer quelque chose est souvent très mal vu dans le monde des arts martiaux japonais, à fortiori lorsqu’on touche aux arts anciens non-sportifs tels que le kenjutsu.
Il faudrait pouvoir se targuer d’une soixantaine d’années de pratique, d’une reconnaissance au sein d’une fédération, d’avoir idéalisé, déifié un maitre auprès duquel on aurait étudié de longues années, pour pouvoir simplement envisager la possibilité d’une réflexion technique sortant des cadres établis…
Vous l’avez deviné, cette approche dogmatique ne rencontre pas nos convictions sur la possibilité d’utiliser sainement une expérience de plusieurs années et de divers apprentissages techniques variés afin de proposer des pistes de réflexion.
Nous sommes intimement convaincus qu’un regard neuf et une audace technique étaient les éléments communs de l’évolution du paysage technique des bushis japonais ayant connu les temps troublés des guerres.
Chō-Ryū n’est pas une solution miracle, n’est pas un système infaillible. Il s’agit d’un modeste complément destiné à faire réfléchir le pratiquant. Un répertoire technique et tactique dont la nature est de donner quelques outils à tester lors de combats.
Le mot de la fin
Si vous êtes curieux, n’hésitez pas à nous contacter, de nombreux cours particuliers et stages peuvent être organisés afin de faire découvrir notre courant à ceux qui souhaitent agrandir leurs horizons martiaux.