18/01/2026
Hier soir, on allait simplement voir un match de football.
Un match comme tant d’autres : RAEC Mons - UR Namur. Rien d’exceptionnel, rien de tendu. Juste l’envie de retrouver notre tribune, nos chants et nos couleurs.
En approchant du stade, un premier malaise s’installe. Des véhicules de police partout, des policiers en nombre impressionnant.
On se regarde, un peu surpris. Pourquoi autant de police pour ce match-là ?
Namur n’est pas un rival historique, aucune menace particulière n’a été annoncée.
On hausse les épaules et on continue. Après tout, on est là pour le football.
Puis vient l’entrée de la tribune 2.
Et là, tout bascule.
La police bloque l’entrée et nous explique que, pour entrer, il faut se faire photographier, carte d’identité à la main, flash en plein visage.
Pas de discussion. Pas d’explication claire.
« Ce sont les consignes », nous dit-on.
Étonnés, nous nous arrêtons, nous nous questionnons, puis prenons la décision de refuser d’être traités comme du bétail.
Non à ce traitement arbitraire, digne des pires régimes totalitaires, rappelant tristement des pratiques que l’on pensait révolues.
Nous refusons aussi parce que cela va à l’encontre de nos convictions.
Parce que nous nous battons pour nos droits en tant qu’ultras. Parce qu’accepter ce genre de mesures, c’est accepter que demain tout devienne normal.
Certains rient nerveusement, d’autres sont choqués, humiliés. Personne ne comprend vraiment ce qui se passe.
Parce qu’on veut entrer.
Parce qu’on veut être là pour le club.
Autour de nous, la file s’allonge.
Des habitués.
Des jeunes.
Des familles.
Des femmes et des enfants, parfois à peine âgés de 11 ans.
Des gens calmes, venus simplement encourager leur équipe.
Un à un, on nous demande de passer devant l’objectif. Carte d’identité en main, nous entrons dans l’album photo collector
« 1910 by Police Mons-Quévy ».
Plus de 200 personnes sont ainsi censées subir ce traitement, et ce, à 20 minutes du coup d’envoi.
Mais nous avons refusé.
Refusé d’être fichés, intimidés, criminalisés.
Lorsqu’il y a des erreurs ou des failles de sécurité, nous n’en sommes pas automatiquement responsables.
C’est trop facile de rejeter systématiquement la faute sur les supporters, à domicile, dans leur propre ville, simplement venus boire un verre et assister à un match. Nous sommes capables d’assumer nos erreurs quand il y en a, mais jamais des mesures disproportionnées, injustifiées et imposées sans dialogue.
Prendre des mesures aussi drastiques témoigne d’une incompétence manifeste. Et même si c’est dans le but d’identifier certaines personnes… n’y a-t-il pas d’autres moyens que de prendre en photo tous les supporters voulant se rendre dans le kop ?
Les victimes collatérales ont été nombreuses : ces contrôles effectués sans discernement, uniquement parce que certaines personnes étaient identifiées ou assimilées à un groupe donné, illustrent une méthode non seulement injuste, mais aussi ridicule et indigne d’une gestion sérieuse de la sécurité.
Ce soir-là, nous ne nous sommes pas sentis supporters, mais criminels.
Et pourtant, nous ne le sommes pas.
Le temps passe.
Le match commence sans nous.
Dehors, on attend. Puis nous décidons de nous positionner d’un autre côté.
Nous ne sommes pas parfaits.
Aucun groupe de supporters ne l’est.
Mais Mons 1910, ce sont avant tout des gens présents à chaque match.
Des gens qui ont soutenu leur club quand plus personne n’y croyait.
Des gens qui ont accompagné la renaissance du RAEC Mons sans jamais faillir.
Nous aimons cette ville.
Nous défendons son identité, son histoire, ses couleurs.
Et hier soir, cette identité a été piétinée.
Être traité comme du bétail, photographié à la chaîne, sans raison claire, sans dialogue, ce n’est pas normal.
Ce n’est pas ce que le football devrait être.
Ce n’est pas ce que mérite une tribune vivante.
Nous ne sommes ni des criminels,
ni des numéros,
ni des photos dans un dossier.
Nous sommes des supporters.
Des passionnés.
Des gens qui aiment leur club et leur ville.
Vous avez gâché une soirée qui devait être une fête.
Mais vous n’éteindrez jamais ce qui nous anime.
Notre passion est plus forte que votre répression.
Mons 1910.