08/09/2026
Depuis ma rencontre avec mon Shifu Li HangCheong, tout a changé…
Et quand je dis « tout a changé », ce n’est pas une formule.
Je vous explique pourquoi.
En entrant dans son système, j’ai compris que nous passions à un niveau supérieur de compréhension et de travail.
Il ne s’agit plus simplement d’apprendre davantage de techniques, d’accumuler des réponses ou d’ajouter des mouvements à ce que l’on connaît déjà.
On change de niveau parce qu’on change de manière de travailler.
En Chine, ou plus précisément dans son système, on n’intègre pas simplement des techniques ou des suites de mouvements.
On habitue le corps à se développer.
À développer ses capacités.
Ses mécanismes.
Sa structure.
Ses connexions.
Ses sensations.
Et, progressivement, sa compréhension profonde du système.
C’est là que la différence devient énorme.
On ne cherche plus seulement à apprendre quoi faire.
On développe le corps pour qu’il comprenne comment agir, pourquoi agir et surtout quand agir.
Mais cette évolution ne signifie absolument pas abandonner la tradition.
Bien au contraire.
Cet enseignement plonge profondément dans les racines, l’esprit et le savoir traditionnel transmis au fil des générations.
Parce que passer à un niveau supérieur ne signifie pas inventer quelque chose de nouveau pour paraître moderne.
Cela signifie parfois revenir beaucoup plus profondément dans ce qui était déjà là.
Comprendre ce qui se cache derrière les formes.
Derrière les mouvements.
Derrière les noms.
Derrière les principes.
La tradition n’est pas là pour figer la pratique dans le passé.
Elle nous permet de comprendre d’où vient le système, pourquoi certains principes existent et quel esprit accompagne leur transmission.
Préserver les racines ne signifie pas reproduire aveuglément.
C’est comprendre suffisamment profondément ce qui nous a été transmis pour pouvoir réellement le faire vivre.
Dans notre enseignement, le Wing Chun n’est donc pas une collection de techniques à mémoriser, ni de beaux montages vidéo sans véritable structure, ni encore des suites de techniques prémontées.
C’est une manière d’explorer le mouvement, le contact, l’adaptation et le timing, tout en restant connecté aux principes, à l’esprit et au savoir traditionnel qui constituent les racines de l’art.
Les noms comme Tan Sau, B**g Sau ou F**k Sau sont des repères.
Ils servent à orienter l’attention et à faciliter la transmission.
Mais ils ne sont jamais des formes figées à reproduire mécaniquement.
Un mouvement n’existe pas par son nom.
Il existe par la situation qui l’appelle.
Et c’est précisément là que l’on commence à entrer réellement dans le système.
Lorsque l’on cesse de chercher quelle technique placer,
pour commencer à laisser le corps répondre à ce qu’il reçoit.
Les anciens pratiquants observaient le corps et la nature :
comment la structure soutient l’équilibre,
comment la puissance circule sans tension inutile,
comment le contact révèle l’intention.
Ils ont donné des noms pour transmettre ces observations,
non pour les enfermer.
Derrière ces noms se trouvent donc une expérience, une compréhension et un savoir accumulés et transmis de génération en génération.
C’est aussi cela, respecter la tradition :
ne pas seulement conserver la forme extérieure,
mais chercher à comprendre ce qu’elle contient.
Aujourd’hui, nous poursuivons dans cette même direction.
À travers les formes, le Chi Sau et les différents exercices,
nous développons la capacité à sentir, à ajuster et à répondre
de manière simple, naturelle et efficace.
Ici, un B**g Sau n’est pas simplement « correct » ou « incorrect ».
Il apparaît lorsque la pression ou l’opportunité l’exige,
et disparaît lorsque la situation change.
Ce qui compte n’est pas la posture,
mais la relation vivante avec ce qui est présent.
Notre enseignement met l’accent sur :
• une structure stable mais adaptable
• une écoute fine du contact
• une réponse naturelle plutôt qu’un contrôle forcé
• la compréhension par l’expérience directe
• le développement des mécanismes du corps
• le respect des racines, de l’esprit et du savoir traditionnel
Et c’est pour cela que je parle aujourd’hui de passer à un niveau supérieur.
Pas parce que nous connaissons plus de techniques.
Mais justement parce que nous cherchons à dépendre de moins en moins des techniques préparées.
Le véritable niveau supérieur n’est pas d’avoir cent réponses.
C’est de développer un corps capable de trouver la bonne réponse.
Les formes et les exercices sont des outils,
pas des objectifs en soi.
Ils créent un cadre permettant de développer
la sensation, le timing et la clarté du mouvement.
Mais ils sont également les gardiens d’un savoir.
Ils nous relient à ceux qui ont pratiqué, expérimenté, compris et transmis cet art avant nous.
Le Wing Chun que nous transmettons
ne cherche donc ni à rester prisonnier du passé,
ni à abandonner ses racines au nom de la modernité.
Il cherche à faire vivre la tradition.
À préserver son esprit et son savoir,
tout en développant un corps capable de comprendre, de sentir et de s’adapter à ce qui se présente réellement.
Entrer dans ce système, c’est franchir une porte.
On ne regarde plus seulement le Wing Chun comme un ensemble de mouvements à apprendre.
On commence à comprendre ce qui les fait naître.
Et à partir de là,
la pratique prend une tout autre dimension.
Parce qu’au-delà des noms, des techniques et des styles,
l’essence du Wing Chun se trouve dans le mouvement juste,
au bon moment,
en lien direct avec la réalité du combat.
Conserver les racines.
Comprendre les principes.
Développer le corps.
Dépasser la technique.
Et faire vivre l’art.