08/09/2026
La philosophie de Julio Velasco, l'un des plus grands entraîneurs de l'histoire du volley-ball, repose sur un principe fort : « Le sport sert à apprendre à perdre ». Pour lui, la défaite n'est pas un manque de valeur personnelle, mais une étape incontournable de l'apprentissage et de la vie.Julio Velasco a identifié l'une des limites les plus profondes de la culture sportive italienne : lorsque vous gagnez, tout est célébré ; lorsque vous perdez, tout est remis en question. Après la défaite dans le break de la partie contre la Turquie en finale européenne, l'entraîneuse nationale de volley-ball a refusé de considérer l'argent comme un échec. L'équipe a fait des erreurs, mais n'a pas eu peur ou n'a pas arrêté de se battre. Un résultat négatif peut indiquer ce qui doit être corrigé, sans effacer la valeur d'une toute vie.
En Italie, cependant, le sport est souvent représenté comme un processus simpliste. Le gagnant devient un modèle infallible ; le perdant doit trouver quelqu'un à blâmer, se justifier ou effacer tout. Cette obsession avec un résultat clair empêche l'évaluation des performances, de la croissance et de la qualité du travail effectué. Cela confond également deux concepts très différents : perdre un match et avoir échoué.
Le problème se produit bien avant les sports professionnels. Les enfants et les adolescents sont souvent soumis aux attentes des adultes : les parents remettent en question les décisions des entraîneurs, les clubs poursuivent des résultats immédiats, et les environnements où jouer un peu est perçu comme une injustice. Ainsi, le sport cesse d'enseigner l'endurance, la discipline et le respect des rôles, et devient une demande constante de confirmation. Cependant, sa fonction la plus précieuse devrait être précisément d'apprendre à faire face à la limite, à accepter une décision et à recommencer après une déception.
Apprendre à perdre ne signifie pas s'accepter. Cela signifie analyser les erreurs sans les transformer en excuses, reconnaître la mérite de l'adversaire et maintenir la clarté même lorsque le résultat est douloureux. C'est la condition nécessaire pour construire des victoires durables, car seuls ceux qui ne sont pas détruits par la défaite peuvent utiliser cela pour s'améliorer. L'idée que la deuxième place est simplement "la première des perdants" ne signifie pas nécessairement qu'il s'agit d'une réussite.
La leçon de Velasco dépasse donc le volley-ball. Cela concerne une société qui prétend avoir des résultats immédiats et qui lutte pour reconnaître la valeur des processus, de mon expertise et de la continuité. Une véritable culture sportive ne célèbre pas la défaite, mais sait lui donner la bonne signification. La victoire reste l'objectif ; la défaite reste une possibilité inévitable. La différence est faite par la façon dont l'on concurrence, ce qui est compris après une chute et la capacité à revenir sur le terrain sans peur.