15/06/2026
Editorial
Rien ne va plus ?
Après le dernier Roland-Garros au déroulement abracadabrantesque, remporté par Zverev pour sauver les apparences, la veillée d’armes de Wimbledon ne paraît pas moins déconcertante. Pendant la semaine écoulée, aucun des quatre meilleurs joueurs du monde n’a jugé opportun de mettre le nez à la fenêtre. Et la lecture des tableaux affichés, depuis ce lundi, à Halle et au Queens démontre que ces deux tournois, hier encore prestigieux, ne servent plus de passage obligé pour se présenter à Church road.
Pour un peu, on dirait que rien ne va plus. Certes, on ne peut oublier que Carlos Alcaraz soigne une blessure au poignet et qu’il a décidé, après son abandon à Barcelone, de faire l’impasse sur la saison bien courte sur herbe. On sait aussi que Novak Djokovic est capable d’aborder les épreuves du grand chelem sans préparation dans des compétitions de moindre importance : il l’a prouvé à Melbourne et même à Paris où il fut admirable, sous un soleil de plomb, cinq sets durant contre Fonseca. Mais que se passe-t-il dans le clan de Sinner ? Depuis son élimination prématurée à la Porte d’Auteuil, le champion italien a eu tout le temps (en principe…) de se remettre de ses déboires. Et l’on imagine mal qu’il puisse reprendre son marteau – à moins qu’il s’agisse de sa faucille – en se présentant dans huit jours à Eastbourne, un ATP 250, afin de procéder à une ultime mise au point avant le défi qui s’impose à lui, sans doute peu satisfait d’avoifr dû se contenter, jusqu’à présent, de succès en Masters 1000. On prendra donc patience quelques temps encore avant d’être fixé sur l’état de santé du numéro un mondial.
De la même manière, on devra sans doute attendre Wimbledon pour savoir si Bergs continuera à faire de la montagne russe. Depuis le début de l’année, ses résultats vont en dents de scie. Le dernier d’entre eux est même pitoyable. Battu au premier tour à Hertogenbosch (où il était finaliste en 2025) par le noble inconnu McCabe (ATP 234), qui sauva deux b***es de match, Zizou a reculé de huit places dans la hiérarchie mondiale : le voici 48ème aujourd’hui. Il y a fort à craindre qu’il ne pourra profiter dans les jours à venir du tournoi de Halle pour redresser la situation puisqu’il devra faire face d’emblée à Fritz, qui vient de retrouver des couleurs à Stuttgart. Heureusement, ce n’est pas trop préoccupant pour l’Anversois d’adoption dans la mesure où il n’a plus le moindre point à sauver jusqu’à la mi-août, au Masters 1000 de Cincinnati, où il n’avait passé qu’un tour il y a douze mois.