Belgian Association for Tennis Development

Belgian Association for Tennis Development Depuis 1998 le Young Team est le moteur de la croissance des jeunes pousses du BATD, cette page est dédiée aux joueurs et professeurs concerné

15/06/2026

Editorial

Rien ne va plus ?

Après le dernier Roland-Garros au déroulement abracadabrantesque, remporté par Zverev pour sauver les apparences, la veillée d’armes de Wimbledon ne paraît pas moins déconcertante. Pendant la semaine écoulée, aucun des quatre meilleurs joueurs du monde n’a jugé opportun de mettre le nez à la fenêtre. Et la lecture des tableaux affichés, depuis ce lundi, à Halle et au Queens démontre que ces deux tournois, hier encore prestigieux, ne servent plus de passage obligé pour se présenter à Church road.
Pour un peu, on dirait que rien ne va plus. Certes, on ne peut oublier que Carlos Alcaraz soigne une blessure au poignet et qu’il a décidé, après son abandon à Barcelone, de faire l’impasse sur la saison bien courte sur herbe. On sait aussi que Novak Djokovic est capable d’aborder les épreuves du grand chelem sans préparation dans des compétitions de moindre importance : il l’a prouvé à Melbourne et même à Paris où il fut admirable, sous un soleil de plomb, cinq sets durant contre Fonseca. Mais que se passe-t-il dans le clan de Sinner ? Depuis son élimination prématurée à la Porte d’Auteuil, le champion italien a eu tout le temps (en principe…) de se remettre de ses déboires. Et l’on imagine mal qu’il puisse reprendre son marteau – à moins qu’il s’agisse de sa faucille – en se présentant dans huit jours à Eastbourne, un ATP 250, afin de procéder à une ultime mise au point avant le défi qui s’impose à lui, sans doute peu satisfait d’avoifr dû se contenter, jusqu’à présent, de succès en Masters 1000. On prendra donc patience quelques temps encore avant d’être fixé sur l’état de santé du numéro un mondial.
De la même manière, on devra sans doute attendre Wimbledon pour savoir si Bergs continuera à faire de la montagne russe. Depuis le début de l’année, ses résultats vont en dents de scie. Le dernier d’entre eux est même pitoyable. Battu au premier tour à Hertogenbosch (où il était finaliste en 2025) par le noble inconnu McCabe (ATP 234), qui sauva deux b***es de match, Zizou a reculé de huit places dans la hiérarchie mondiale : le voici 48ème aujourd’hui. Il y a fort à craindre qu’il ne pourra profiter dans les jours à venir du tournoi de Halle pour redresser la situation puisqu’il devra faire face d’emblée à Fritz, qui vient de retrouver des couleurs à Stuttgart. Heureusement, ce n’est pas trop préoccupant pour l’Anversois d’adoption dans la mesure où il n’a plus le moindre point à sauver jusqu’à la mi-août, au Masters 1000 de Cincinnati, où il n’avait passé qu’un tour il y a douze mois.

08/06/2026

Editorial

Jeu de massacres

L’édition 2026 de Roland-Garros entrera sans nul doute dans les annales du tournoi car, comme jamais de mémoire dans l’ère professionnelle, on n’eut l’occasion d’assister à ce qui restera comme un incroyable jeu de massacres. Celles et ceux que l’on attendait in fine furent absents, éliminés pour la plupart en première semaine à l’instar d’Elena Rybakina, de Sinner ou de Djokovic. Les principales têtes de série tombèrent dans les deux tableaux au fil des journées, en donnant lieu à de formidables batailles (celle que le GOAT serbe perdit contre Fonseca fut sans doute la plus belle) qu’aucune des deux finales ne put égaler.
Certes, Alexander Zverev (le numéro 3 de l’ATP) sauva les apparences dimanche en remportant sa première victoire en grand chelem après trois tentatives manquées ; mais aurait-il affronté un joueur plus expérimenté que Flavio Cobolli (ATP 14), il serait sans doute rentré une fois de plus bredouille de sa campagne. Pendant une heure, il domina son adversaire ; mais, soudain, son tennis se délita alors qu’il servait à 6/1 et 3/3. Il perdit son engagement en commettant deux doubles-fautes – il en fit davantage sur ce seul match qu’au total des six tours précédents ! – et se fit embarquer dans un match en cinq sets d’une qualité moyenne, compensée seulement par l’indécision qui pesa longuement sur son dénouement. Tourmenté par une mise en jeu devenue irrégulière, comme elle le fut lors de sa finale perdue à l’US Open contre Thiem en 2020, miné par la tension née de l’obligation qu’il se faisait de s’imposer (Sinner, Alcaraz et Djokovic ne seront pas toujours aux abonnés absents…), il dut se vaincre lui-même en premier lieu. Et d’y avoir réussi fut son principal mérite, même si cette bataille fut facilitée par le tirage au sort : aucun des adversaires qu’il eut à écarter ne figurait dans le top 10. De fait, il passa les quatre premiers tours contre des joueurs classés au-delà de la trentième place , avant d’avoir à se mesurer avec Jodar et Mensik, respectivement 27ème et 26ème têtes de série.
Côté féminin, Mira Andreeva (19 ans et WTA 😎 ne fut pas mise à plus rude épreuve. La joueuse la mieux classée qu’elle dut affronter fut l’Ukrainienne Kostyuk (tête de série n° 15) ! La Russe Daria Schnaider lui fit la grâce supplémentaire de la débarrasser d’Aryna Sabalenka, alors que Coco Gauff n’était déjà plus en mesure de défendre son titre… Mais on ne saurait mettre le point final à cette chronique sans mettre l’accent sur le parcours éblouissant de Maja Chwalinska, sortie de l’ombre, en devenant la première joueuse à jouer la finale du tournoi après être sortie des qualifications ! Cette jeune Polonaise, qui a grandi dans l’ombre d’Iga Swiatek a enchanté tout son monde par la grâce de son tennis et la maîtrise de son jeu basé sur une merveilleuse touche de b***e ,quand toutes ces dames et demoiselles ont cédé, ces dernières années, à la tentation de se doter avant tout de la plus lourde frappe possible. Quel délice d’avoir vu cette jeune femme classée 104ème mondiale ( !) user de tous les coups (de l’amortie à la volée) et capable de profiter de toutes les zones du terrain pour déstabiliser ses rivales, Elise Mertens la première. Il ne lui restait plus qu’une marche à franchir ; mais que pouvait-elle réussir dans un vent souvent tourbillonnant et contre la marée haute d’Andreeva qui a remporté son premier titre majeur – et certainement pas le dernier.

01/06/2026

Editorial

Le chaos

A l’image des événements politico-militaires qui, ces dernières années, ont entraîné un désordre inconcevable dans le monde, ceux qui ont été enregistrés sur la planète Tennis au cours de la première semaine de Roland-Garros relèvent aussi du chaos. Il n’est point d’autre mot pour qualifier ce à quoi, médusés, les amateurs de cette discipline sportive ont pu assister au cours des jours derniers. Les têtes qui détenaient, hier encore, les leviers de commande (Sinner, Djokovic, Swiatek, Coco Gauss…) sont tombées sur l’ocre parisienne.
Au lendemain du forfait de Carlos Alcaraz, le tenant du titre qui s’est blessé au poignet lors du tournoi de Barcelone en avril dernier, la couronne était promise à Jannik Sinner. Après son échec à Melbourne, le numéro un mondial s’était employé à truster les Masters 1000 afin d’en détenir la collection complète. Mais la réussite de son entreprise, concrétisée in fine à Rome, ne laissait guère présager qu’un accident de parcours puisse le priver de la conquête d’un titre des plus importants qui lui manque. Et, bien qu’il s’en défende, en prétendant que le matin de son match contre Juan Manuel Cerundolo (ATP 56), il fut de toute évidence assommé par la canicule bien plus que par l’Argentin, le premier surpris d’avoir pu se tirer d’affaire alors que, mené 6/3 6/2 et 5/1, il se trouvait au seuil de la porte de sortie.
Mais qu’à cela ne tienne ! Pour qu’un semblant de l’ordre ancien fût préservé, Novak Djokovic (toujours à la recherche si compliquée d’un 25e titre en grand chelem) demeurait fidèle au poste. Pendant deux sets, il joua comme à ses plus beaux jours contre Joao Fonseca ; il les remporta d’ailleurs. Mais les audaces juvéniles du Brésilien (souvent incroyablement chanceux en fin de match), ajoutées aux effets progressivement dévastateurs de la canicule pour les jambes du Serbe, modifia le cours des choses sans que le combat perde en intensité. La bataille fut grandiose restera, dans l’histoire du tournoi, comme l’une des plus belles jamais jouées, tant sur le plan technique que sur celui du scénario puisque le GOAT mena encore 3/1 au cinquième set avant de s’incliner avec une admirable équanimité.
A la veille des huitièmes de finale, on peut se demander à bon droit qui pourrait croquer les marrons tirés du feu par des joueurs peu destinés jusqu’à ce jour à ceindre la couronne de la Porte d’Auteuil. L’heure d’Alexandre Zverev, très discret (mais efficace jusqu’à présent) serait-elle enfin arrivée ? Une chose est certaine, les Belges n’auront pas voix au chapitre puisque Raphaël Collignon, leur dernier représentant, a été éliminé samedi au tie-break du cinquième set de son match contre Matteo Arnaldi. Le Liégeois ne put fournir une prestation comparable à celle qui lui avait valu de s’imposer deux jours plus tôt contre Ben Shelton ; mais il démontra une aptitude à ne se laisser décourager par rien – ce qui lui sera très utile à présent que son classement lui impose de se frotter au circuit principal.
Enfin, comment ne pas regretter qu’Alexander Blockx ait vu son parcours interrompu par une entorse de la cheville dont il fut victime à l’entraînement : il se prit les pieds dans une bâche en fond de court, comme David Gofin il y a quelques années sur le central. Pourquoi ne pas tenir cdes bâche sur les côtés du terrain, comme cela se pratique à Wimbledon ? Les joueurs pourraient ainsi toujours les tenir dans leur champ de vision et éviter d’y tomber. De même ces plots publicitaires devant les chaises des juges de ligne constituent un véritable danger – dénoncé par Martina Navritilova – comme l’a démontré l’accident dont fut victime la joueuse turque Zyenep Sonmez, d’ailleurs contrainte à l’abandon.

18/05/2026

Editorial

Veillée d’armes

Dimanche, Jannick Sinner a remporté le seul Masters 1000 qui manquait à son palmarès : celui de… Rome ! La tâche lui a été facilitée dans la mesure où Carlos Alcaraz, son vainqueur de l’an dernier, manquait à l’appel en raison de la blessure au poignet dont il fut victime le mois dernier au tournoi de Barcelone. Mais on retiendra plutôt que le (très grand) champion local, qui joua devant le Président de la République et Adriano Panatta – le dernier vainqueur transalpin de l’épreuve, il y a… 50 ans –, éprouva de sérieuses difficultés à se tirer d’affaire avant de relever le défi qui se posait à lui et cela bien qu’il n’ait perdu qu’un set en cours de route.
Ce set, Sinner dut l’abandonner à Medvedev. Le Russe, après avoir été laminé au début de leur demi-finale, fit bientôt figure de vainqueur potentiel tant son adversaire parut à la peine par la suite : le numéro un mondial ne put masquer une défaillance physique et fut heureux de voir le match interrompu par une pluie providentielle. Il n’en a pas fallu davantage pour que les commentateurs rappellent, à la veille de Roland-Garros, que l’intéressé n’a jamais gagné jusqu’à présent un match qui dépassait les quatre heures de jeu… Est-ce à dire que tout ne soit pas joué dès à présent, comme d’aucuns le croyaient dès lors que le tenant du titre sera une nouvelle fois absent ? Se pourrait-il aussi que Djokovic, battu en finale à Melbourne, en janvier dernier, après une longue absence des courts, sorte à nouveau de sa boîte à Paris, animé par le désir de rafler un 25ème titre en grand chelem ? Ce sont en tout cas deux questions que pose la terre battue en cette veillée d’armes.
Pour se préparer au rendez-vous de la porte d’Auteuil, où Goffin, a obtenu une wild-card pour disputer les qualifications, Zizou Bergs a mis le cap, la semaine dernière sur Valence pour y disputer un Challenger. Troisième tête de série, il n’y a pas brillé. Il se fit éliminer par le Paraguayen Adolfo Vallejo (ATP 84), au lendemain d’une victoire à la Pyrrhus de plus de trois heures contre Bautista-Agut. Ce n’est pas de nature à remettre notre compatriote sur rails après ses défaites au premier tour des Masters 1000 de Madrid (Cilic) et de Rome (Atmane). Il tentera néanmoins, ces prochains jours, de se refaire une santé à Hambourg (ATP 500), où il pourrait retrouver Auger Aliassime qu’il avait battu en janvier à l’United Cup de Sydney.
Pendant ce temps, Raphaël Collignon, qui a repris vaille que vaille la compétition à Bordeaux (un Challenger 175), s’est s’incliné dimanche au tie-break de la dernière manche (5/7 6/1 7/64) de la finale contre le gaucher argentin Juan Manuel Cerundolo (ATP 79). Le voici à présent en route pour Genève où l’an dernier, Djokovic remporta le centième titre de sa carrière. Quant à Alexander Blockx, il a pris la sage décision de se reposer un peu et de retourner à l’entraînement avant de disputer son premier Roland-Garros, après sa belle campagne du printemps qui l’a durablement installé dans le top 50.

11/05/2026

Editorial

Des menaces

Ces dames et messieurs qui courent le monde, de tournoi en tournoi de tennis pour gagner leur vie à la force du poignet – grâce à un talent incontestable qui suscite tant de grands élanx d’enthousiasme dans les stades – ne se mouchent pas du pied. Il y a un an, quelques-uns des meilleurs d’entre eux avaient adressé un courrier jugé courtois, autant par les expéditeurs que par les destinataires, aux organisateurs des quatre grands chelem pour leur réclamer un meilleur traitement pécuniaire. Ils souhaitaient bénéficier d’un soutien pour leurs soins de santé ainsi que d’une amélioration de leur retraite. Insatiables, ils sollicitaient par surcroît une distribution de 22% des recettes, sous forme de bourses, au lieu des 15 % actuels.
Depuis peu, le ton est monté. Lors d’une conférence de presse tenue à Rome en marge du tournoi qui s’y joue actuellement, la numéro un mondiale, Aryna Sabalenka, s’est lâchée. Excédée de ne pas voir le dossier progresser, elle a déclaré : « A un moment donné, il faudra en arriver à un boycott des grands chelems, si c’est la seule solution pour défendre nos droits ».
Jusqu’à présent, les représentants de ces tournois ont répondu que, d’année en année, ils ont veillé à investir pour améliorer le confort des joueurs et que les montants distribués n’ont cessé d’augmenter : ces douze derniers mois – pour ne citer que l’exemple de Wimbledon –, ils sont passés de quelque 53 millions d’euros à plus de 62 millions. En 1968, au début de l’ère professionnelle, le vainqueur de l’épreuve (Rod Laver) reçut 2000 £ et Billie King 750 £. En juillet, les têtes couronnées empocheront la même somme : la bagatelle de 3,5 millions d’euros. Il y a de quoi, semble-t-il, se préparer un avenir supportable pour les meilleurs joueurs qui au fil d’une carrière, amassent quelques millions de dollars et peuvent envisager de s’assurer par la suite de substantiels revenus grâce à leur réputation et aussi à leurs compétences recherchées par les Fédérations et les jeunes professionnels qui leur succèdent.
Bref, les revendications gargantuesques des champions en exercice ont de quoi paraître abusives à leurs admirateurs et admiratrices. Et d’aucuns ne manqueront d’ailleurs pas de rappeler à Mlle Sabalenka et consort, que Wimbledon se tira fort bien d’affaire en 1973 quand 81 des meilleurs joueurs mondiaux boycottèrent le tournoi pour soutenir Nikola Pilic que la Fédération yougoslave avait suspendu à la suite de son refus de défendre les couleurs de son pays en coupe Davis. Le succès populaire n’en fut pas moins assuré autour des courts de Church road sur lesquels l’athlète d’Etat, le Tchécoslovaque Jan Kodes, imposa sa loi.

04/05/2026

Editorial

Une irruption

Alexander Blockx se souviendra toute sa vie du mois d’avril 2026 qui aura coïncidé avec son irruption dans le gratin du tennis mondial. L’année dernière, il avait attiré l’attention en fin de saison, en se qualifiant pour le tournoi « Next Gen » (disputé à Djedda) qui lui valut d’atteindre la finale remportée aisément par l’Américain Tien (ATP 23 !). Cette belle campagne de l’Anversois, marquée précédemment par deux victoires en Challenger (Oeiras et Bratislava), ajouta sans conteste à la ravissement engendré par les remarquables résultats de l’équipe belge de coupe Davis, obtenus par Bergs et Collignon.
Au début de cette année, Blockx (ATP 115) pouvait donc à bon droit songer à faire son entrée dans le top 100, d’autant que, pour son retour à la compétition, début janvier, il remportait le Challenger 125 de Canberra en battant le jeune Espagnol Jodar (6/4 6/4) qui, depuis lors a fait également parler de lui. Malheureusement, quelques jours plus t**d, au troisième tour des qualifications de Melbourne, il se blessait au dos et il dut remiser ses ambitions pour quelque temps. De fait, s’il fit ensuite d’honnêtes résultats au Challenger de Lille (il accéda à la finale, au terme de laquelle il s’avoua vaincu par Van Assche – ATP 120), il se loupa lors de la tournée printanière aux Etats-Unis, aux Masters 1000 d’Indian Wells et de Miami.
C’est assez dire que personne ne pouvait raisonnablement s’attendre, en ce printemps, à le voir aligner des résultats époustouflants qu’il vient de forcer. Prenant le risque de s’inscrire aux qualifications du Masters 1000 de Monte-Carlo, au lieu de s’assurer de quelques points dans un Challenger, comme celui de Monza que Collignon remporta, il aligna des performances qu’il n’est pas donné à n’importe qui de réaliser. Il élimina Shapavolov, avant de sortir Cobolli (ATP 16) et de succomber face à de Minaur. La semaine suivante, il s’alignait à Munich. Un deuxième tour perdu (6/4 7/6) contre Ben Shelton, le vainqueur de l’épreuve, lui valut néanmoins le plaisir de devancer Collignon dans la hiérarchie belge.
Et voici qu’aujourd’hui, il devance même Zizou Bergs après une décade prodigieuse dont il fut le premier à dire qu’il n’aurait jamais pu en imaginer le déroulement incroyable. Certes, il faillit passer à la trappe lors du premier tour joué contre le Chilien Garin qui, à la relance, disposa de deux b***es de match ; mais, par la suite, il provoqua un véritable carnage dans le tableau. Tombèrent les uns après les autres Nakashima (ATP 32), Auger Aliassime (5), Cerundolo (20) et Ruud (15). Las, en demi-finale, la marche fut trop haute : Zverev se montra aussi impérial qu’impuissant le surlendemain quand il se fit corriger, pour la neuvième consécutive par Sinner.
Le prochain rendez-vous de Blockx, que voici 36ème mondial ( !), est pris cette semaine à Rome où, à la suite de plusieurs défections, il est entré dans le tableau final. Payera-t-il ses efforts des derniers jours ou parviendra-t-il à améliorer encore ses positions ? Ces questions deviennent presque sans objet du fait que son année est d’ores et déjà réussie.

27/04/2026

Editorial

Nulle revanche

Jannik Sinner n’aura pas l’occasion de prendre sa revanche sur Carlos Alcaraz qui, l’an dernier, lui avait infligé une défaite mémorable à Roland-Garros – comme celle de McEnroe contre Lendl, en 1984 – à la suite d’une remontée invraisemblable. En effet, le double tenant du titre, blessé au poignet lors du tournoi de Barcelone, a déclaré forfait à Paris. Il préfère ne pas précipiter son retour afin de ne pas compromettre la suite de sa saison qu’il peut à bon droit considérer dès à présent sauvée puisque, au mois de janvier, il a remporté à Melbourne la seule levée du grand chelem qui manquait encore à son palmarès.
Est-ce à dire que la quinzaine de la porte d’Auteuil manquera de sel ? Le numéro un mondial du moment verra sans doute sa tâche facilitée ; mais il est bien payé pour savoir que la terre battue ne lui vaut pas les mêmes satisfactions que les surfaces dures sur lesquelles ses adversaires l’affrontent sans nourrir la conviction qu’ils possèdent une véritable chance de l’emporter. De plus, aussi bien que quiconque, il sait que la prudence s’impose, tour après tour, avant de soulever un trophée… Il a d’ailleurs subi un rappel à l’ordre, lors de son entrée en lice au Masters 1000 de Madrid dont l’épilogue est attendu en fin de cette semaine. Bye au premier tour, il s’est fait malmener par le Français Benjamin Bonzi (ATP 104) et ne se tira d’affaire que de justesse 6/76 6/1 6/4.
Pendant ce temps, côté belge, Zizou Bergs ne retrouve toujours pas l’état de forme qui fut le sien pendant l’United Cup, qui devait lui servir de préparation à ce que fut son calamiteux Melbourne. Circonstance atténuante, il a souffert de la hanche ces derniers temps, mais cela n’explique guère la défaite qu’il a subie contre Cilic, malgré le gain de la première manche (4/6 6/3 6/4). Par contre, Alexander Blockx continue à faire parler de lui. En 2025, il avait paru bien timide au cours de son simple de coupe Davis joué à Hasselt contre le Chilien Garin, victorieux 7/5 6/1. Cette fois, il fut conduit au bord de sa perte, mais il sauva deux b***es de match sur son service à 4/6 4/5 et 15/40 avant de renverser son adversaire tout comme, au tour suivant l’Américain Nakashima (ATP 32) qui avait pourtant pris un excellent départ (3/6 6/3 6/4). Ce lundi, il devra se mesurer à Félix Auger-Aliassime, le cinquième joueur mondial : l’expérience ne pourra que lui être profitable.

20/04/2026

Editorial

Maigre moisson

A la veille du Masters 1000 de Madrid, la moisson effectuée par les joueurs belges n’a pas été abondante. Nos demoiselles, qui s’étaient montrées sous leur meilleur jour la semaine précédente à Ostende en Billie King’s Cup, sont restées très discrètes cette fois. Elise Mertens, à Stuttgart (WTA 500), a passé un tour avant de de faire impitoyablement éliminer (1/6 6/3 6/0) par la future finaliste Karolina Muchova (WTA 12). Quant à Greet Minnen, dont on pensait qu’elle avait engrangé un fameux capital de confiance en apportant le point décisif de la qualification contre la jeune Américaine Jovic (WTA 16), elle n’a guère faire long feu à Oeiras (WTA 125) où, dès le deuxième tour, la Croate Petra Marcinko (20 ans et 74ème mondiale) la fit capituler sans peine (6/2 6/4).
Comme Hanne Vandewinkel et Jeline Vandromme avaient largement payé de leur personne ces derniers temps et décidé de recharger leur batterie, on serait resté sur notre faim si une bonne nouvelle n’était venue de Floride. Margaux Maquet, qui s’y promène depuis une quinzaine de jours (plus paisiblement que l’armée américaine au-dessus ou au large de l’Iran), a frappé un joli coup. Sortie des qualifications, elle a remporté son premier tournoi ITF 15 en défaisant Emery Combs (6/0 6/3) qui avait reçu une « wild-card » et dont on sait seulement qu’elle participait à sa première compétition professionnelle. Ce succès de notre compatriote, qui a commencé l’année au 1083ème rang de la hiérarchie mondiale, ne relève toutefois pas d’un bienheureux hasard. Il faut noter que, huit jours plus tôt, à Bonita Springs, elle avait déjà forcé l’accès aux demi-finales, comme précédemment à deux reprises à Monastir en février et une fois en mars à Gonesse.
Quant aux messieurs ? Zizou Bergs ne s’est pas montré à son avantage à Munich (ATP 500). Il ne laissa pas plus de chance à un invité des organisateurs que Flavio Cobolli ne lui en accorda ensuite. Il fut balayé (6/2 6/3) par un adversaire qui retrouve seulement le niveau auquel il évolua lors du tour final de la dernière coupe Davis. Par contre Alexander Blockx a montré qu’il ne craint plus grand monde, même s’il n’est pas encore en mesure de battre tout le monde. Dans la capitale bavaroise, lui aussi, il a donné en tout cas beaucoup de fil à retordre à Bill Shelton (ATP 6) qui, soit dit en passant, a remporté le titre. L’Anversois réussit à soutenir une fameuse bataille de service qui, dans la deuxième manche ne connut son épilogue qu’avec le 18ème point ; et il disposa même de deux b***es de set, d’avant de succomber à la troisième b***e de match. Il n’est pas sans intérêt de souligner que ce sont ses amorties exceptionnelles – invraisemblables même – distillées sur de points déterminants en fin de partie qui en ont orienté le dénouement.
On ajoutera que les récents résultats de Blockx lui valent aujourd’hui de prendre la deuxième place dans le classement belge, devant Raphaël Collignon qui s’est contenté, depuis son retour de sa tournée américaine, de sauver les points qu’il avait gagnés au Challenger de Monza il y a douze mois, au lieu d’essayer d’en gagner d’avantage à Monte-Carlo et à Munich ou Barcelone.

13/04/2026

Editorial

Bonne pêche


En novembre 2001, l’équipe belge formée par Kim Clijsters et Justine Henin remportait la Fed Cup (rebaptisée aujourd’hui Billie Jean King Cup) et s’installait sur le toit du tennis féminin mondial. Cette victoire fut sans lendemain car les deux joueuses choisirent de privilégier leur carrière et on ne saurait leur donner tort dans la mesure où, à tour de rôle, elles occupèrent la première place du classement de la WTA. Certes, après leurs exploits, la Fédération belge put encore compter sur des joueuses dignes de la représenter ; mais, au fil du temps, son équipe représentative connut de douloureuses relégations jusqu’à l’année dernière quand nos compatriotes réussirent, en Bavière, à reprendre pied dans le groupe mondial sous la houlette de Wim Fissette.
On ne s’attendait guère pour autant à ce qu’elles puissent se distinguer, comme elles viennent d’y réussir la semaine dernière à Ostende. De fait, le tirage au sort leur avait imposé d’affronter l’équipe américaine très nettement supérieure sur la papier, en dépit du retour d’Elise Mertens (tentée, semble-t-il, de participer aux prochains Jeux Olympiques et donc contrainte de défendre au moins une fois les couleurs de son pays avant le rendez-vous de Los Angeles), après trois ans d’absence. Suffisance ou non de la part de Coco Gauff (WTA 3), de Jessica Pegula (WTA 5) et d’Amanda Anisimova (WTA 6), toutes trois restées sous leur tente, Lindsay Davenport a dû présenter une équipe B sur la Reine des plages. Bien sûr, Iva Jovic (WTA 16) et McCartney Kessler (WTA 48) faisaient bonne figure ; mais la cadette des deux, à peine sortie de l’adolescence, a paru manquer cruellement d’expérience sur terre battue. Dans le match d’ouverture qu’elle livra contre Hanne Vandewinkel, elle tenta de faire prévaloir sa force de frappe ; mais la Limbourgeoise ne se laissa guère impressionner et sa régularité fit bientôt la loi.
Le deuxième point de la rencontre revint à Elise Mertens, non sans un coup de pouce offert par le hasard. Au milieu de la manche décisive (à 3/3), McCartney Kessler fut contrainte à l’abandon en raison de douleurs dorsales. Dès lors, l’horizon s’éclaircissait pour les joueuses belges et ce n’est pas la perte du double, que la faiblesse au service de Magali Kempen précipita, qui suffit à l’obscurcir. Par contre – comment ne pas le reconnaître ? – on trembla quelque peu en apprenant que Greet Minnen, dont le début de saison fut compliqué, se vit confier la responsabilité de remplacer sa chef de file, peu encline à tenir sa place en raison de bobos dont elle craignait qu’ils ne s’aggravent. On eut tort de s’inquiéter, même si, dans la première manche, elle eut à jouer un tie-break alors qu’elle avait pris une avance substantielle à 4/1 et 0/40 à la relance. En supportant les échanges et en faisant preuve d’une agressivité du meilleur aloi chaque fois que l’occasion s’en présentait, elle prit à son tour le dessus sur Iva Jovic et apporta ainsi sa pierre à l’édifice : l’équipe belge disputera donc la phase finale de l’épreuve au mois de septembre à Schenzhen, en Chine.
Et, pendant ce temps, Jéline Vandromme (qui sera sans nul doute du voyage) remportait le tournoi ITF 75 de Calvi, sans perdre un set, une semaine après sa victoire à Nantes ! Classée 342ème en janvier dernier, la voici montée dès à présent au 189ème rang de la hiérarchie mondiale, n’ayant qu’un seul point à défendre jusqu’au mois d’août !

06/04/2026

Editorial

Dommage…

A peine venait-il d’annoncer qu’il mettra fin à sa carrière sur le circuit international lorsque s’achèvera cette saison, David Goffin reprenait-il le chemin des courts ; et, samedi dernier, il remportait sa première victoire de l’année en qualifications du Masters 1000 de Monte-Carlo pour lesquels il a obtenu une wild-card. Ce succès (2/6 6/3 6/3), il l’a remporté aux dépens d’Ignacio Buse que l’on connaît mal, bien que ce jeune Péruvien de 22 ans ait pu, en montant sur terrain, considérer qu’il serait en mesure de prendre sans grande difficulté la mesure de son adversaire. Ne venait-il pas, quelques jours auparavant, à Marrakech, de battre un certain Martteo Berettini (7/6 6/7 6/4) et d’atteindre son meilleur classement : ATP 59 ?
Fort de ce succès, David crut, selon toute probabilité, à la possibilité réelle d’atteindre le tableau final. Las, contre l’Américain Emilio Nava (ATP 104, mais 74ème à la mi-mars !) il s’inclina sur le fil : 6/3 6/76 7/62. Dommage, assurément ! Mais le Liégeois s’est prouvé qu’il est toujours capable de réussir encore de belles choses, surtout qu’il a tenu la distance en livrant deux longs matches assez compliqués en l’espace de vingt-quatre heures. Cerise sur le gâteau, cela représente, pour les organisateurs des tournois qui lui accorderont dorénavanet une invitation, la garantie que David restera le joueur sérieux (et agréable à regarder) qu’il a toujours été.
Son élimination malheureuse ne doit cependant pas occulter la satisfaction pour le tennis belge d’être représenté sur le rocher monégasque. Alexander Blockx a passé l’épreuve des deux tours de qualifications en écartant l’Italien Francesco Maestrelli (ATP 114) et, dans la foulée, le très expérimenté Damir Dzumhur (7/63 6/2). Le joueur bosniaque, diplômé en sciences politiques par l’université de Sarajevo, possède toujours un rang enviable (ATP 74), après avoir été classé 23èmeil y a huit ans déjà ; ce n’est donc pas un mince exploit que le finaliste de la dernière Next Gen a signé.
Deux autres bonnes nouvelles ont été enregistrées en ce week-end pascal par la FRBT. A Nantes, Jeline Vandromme a remporté son premier tournoi ITF 50. Sur la liste des engagées, la Brugeoise devait être première tête de série des qualifications dont elle fut dispensée. Entrée dans le tableau final, elle afficha rapidement ses prétentions en renvoyant la deuxième tête, l’Ukrainienne Veronika Podrez, à ses chères études. Et en finale, menant 3/2 40/15, elle bénéficia de l’abandon de l’Allemande Mona Barthel, qui fut WTA 23 en 2013.
Enfin, on se doit de mentionner la victoire de Michael Geerts au tournoi ITF 25 d’Heraklion, où il ne fut mis sérieusement en difficulté qu’au… premier tour.

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