Corinne De Leenheer- réveilleuses d'âmes

Corinne De Leenheer- réveilleuses d'âmes Autrice et poétesse rebelle, j’explore le féminin sacré et ouvre un nouvel espace de réflexion sur la place des femmes aujourd’hui.

Fragment de vie: Je vis entre les voilesIl m’est souvent arrivé, dans le passé, de chercher le moment exact où tout a co...
05/02/2026

Fragment de vie: Je vis entre les voiles

Il m’est souvent arrivé, dans le passé, de chercher le moment exact où tout a commencé. Cette sensation de percevoir la vie autrement que le reste du monde.

Mais chaque fois que je remonte le fil, je tombe sur la même évidence : il n’y a pas eu de "commencement". Il n'y a pas eu d'état A et puis un état B.

Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours perçu autrement.
Pas mieux. Autrement.

Petite enfant, je ressentais déjà des choses que les adultes autour de moi ne nommaient pas encore.
Des tensions dans l’air.
Des bascules à venir.

Des phrases que je disais sans comprendre pourquoi, et qui, plus t**d, trouvaient une forme dans la réalité.
Je parlais de choses qui n’existaient pas encore dans l’incarné.

Ou pas encore pour eux. Mais pour moi, oui.
C’est ainsi qu’est né le surnom: Petite sorcière.
C'était un surnom parfois tendre, parfois moins.
De la part de ma grand-mère, c'était comme si c'était naturel, avec ce sourire si beau qu'elle avait en me regardant.
De la part de certains membres de la familles ou proches, c'était plutôt sec, parfois moqueur.
Plutôt comme une manière de ranger ce qui dérange sans avoir à l’écouter.

Une façon de dire :
« Tu vois trop. Tu sais trop. Tu ressens trop. »
Je n’avais pourtant aucune vision "spectaculaire".
Pas d’anges. Pas de voix tonitruantes.

Seulement cette sensation constante d’être placée juste avant… ou entre.... plein de choses.
Comme si je vivais toujours dans les seuils.

Et pendant longtemps je n'ai pas su que tout le monde ne vivait pas la même carte du monde que moi. Je pensais que toute personne vivait "comme moi". Ce n'est qu'en commençant l'école primaire que je l'ai découvert.

Parce que chez moi, c'était naturel. Dans ma famille proche.
Je pressentais la mort avant qu’elle ne frappe.
Je sentais la vie quand elle cherchait encore son chemin.
Je percevais les moments où quelque chose se défaisait, même si tout semblait encore tenir.

Les seuils humains aussi.
Chez les gens, je sentais les nœuds.
Les zones figées. Les blessures. Les maladies.
Les endroits où l’énergie ne circulait plus, bien avant que les mots ne s’effondrent ou que les corps ne lâchent.

Et puis il y a eu les seuils plus vastes.
Ceux qui ne concernent pas une personne, mais un monde.
Je me souviens très précisément de cette scène, enfant, à l’école.
Un pays voisin. Un mur. Je n’en connaissais pas l’existence.
Personne ne m’en avait parlé.

Plusieurs années avant que cela ne se produise ( j'ai commencé à le dessiner en 1984 - à 5 ans-, j’ai dit, avec l’évidence tranquille des enfants qui ne doutent pas encore de leur perception : « Un mur qui sépare en deux le grand pays d'à coté va tomber lorsque le portail des morts sera ouverts puis refermé. Les gens vont le faire tomber et monter dessus et ils seront heureux après»
Je ne savais pas pourquoi je le disais. Je le savais.

Quand le mur de Berlin est réellement tombé, je n’ai pas ressenti de surprise.
Seulement cette sensation familière :
ah… voilà. Nous y sommes. Je me souviens de le voir à la TV avec mes parents. Et bien évidemment.... après on m'a regardée autrement. A la maison, à l'école aussi.

Ce n’était pas de la prédiction. C’était une lecture du champ.
Depuis toujours, je vis ainsi : pas dans un monde à un seul voile,
mais dans une superposition de réalités.

Et c’est très difficile à expliquer à quelqu’un qui n’a connu que cela.
Comment décrire l’eau à un poisson ?

Je n’ai jamais vécu dans un monde “plein”, compact, linéaire.
Pour moi, la réalité a toujours été poreuse.
Stratifiée. Traversée de courants invisibles.

Il y a ce qui se voit.
Et il y a ce qui circule en dessous, à côté.

Les flux. Les zones mortes. Les accélérations. Les ralentissements.
Ces pulsations, partout, tout le temps.

Je ne regarde pas les scènes humaines comme un spectacle.
Je regarde le tissu qui tient la scène, ou qui la défait.
Les transitions me parlent plus que les événements.
Le juste avant. Le juste après.
Le moment où quelque chose cède sans bruit.

C’est là que je vis.
Et cela s’est accentué au fil des années.

Ma naissance d’abord. Grande prématurée. Réanimée à moins de 2 minutes de vie.
Des poumons trop immatures. Des pronostics sombres.
La couveuse. Les alarmes. Les attentes suspendues.
Je n’étais pas censée rester, c'est ce que disaient les médecins.

Puis plus t**d, adulte, il y a eu d’autres passages.
Deux réanimations.
Deux moments où le fil s’est tendu jusqu’à presque rompre.

À chaque fois, cette sensation s’est approfondie :
je ne revenais pas “comme avant”.

Chaque retour affinait la perception.
Comme si le voile devenait plus fin.
Comme si l’entre-deux-mil devenait plus naturel.

Je revenais à chaque fois avec des "connaissances", comme si j'avais téléchargé et installé et intégré un nouveau driver pour lire le monde, les mondes.

Je n’ai jamais eu l’impression de “revenir de l’autre côté”.
Plutôt celle de rester entre tous les côtés, les voiles.
Entre les mondes. Entre les rythmes. Entre les narrations.

Je sais quand un système est à bout de souffle.
Je sens quand une époque s’effrite avant même que ses symboles ne s’écroulent.

Je perçois, aujourd’hui encore, que nous sommes dans un espace précis : un seuil sociologique, civilisationnel, énergétique.
Cela fait plusieurs années que j'en parle et qu'on se moque doucement de moi.

Quelque chose se prépare. Dans les couches de ce monde.
Nous sommes au seuil d'un très grand changement civilisationnel.
Tant dans la connaissance de l'histoire de l'humanité, que dans sa sociologie.

Je n’ai pas besoin de le proclamer.
Je le ressens comme on ressent la marée avant qu’elle ne monte.
Et dans quelques semaines/mois, à peine, le grand mouvement va s'enclencher partout sur ce monde. Je veux dire, pas les soumonces que l'on peut déjà percevoir dans les montées de "violence" actuelle....

Aujourd'hui on me dit combien c'est précieux cette façon que j'ai de transmettre la trame, le non-systémique, le mystique.
Mais il m'a fallu beaucoup de temps pour pour accepter de porter cette "lucidité", cette façon de "vivre".
Finalement cette manière d’être.

Je ne vis pas “ailleurs”.
Je vis dans les interstices. Dans les passages.
Dans les zones que peu regardent parce qu’elles n’offrent ni certitude, ni décor. Ou qui ne leur sont pas encore révélées.

Je ne regarde pas le monde depuis la scène.
Je regarde la trame.

Et parfois, lorsque j’écris, lorsque je parle, lorsque je partage ces fragments personnels, ce n’est pas pour expliquer.
C’est pour déposer une reconnaissance.
Pour celles et ceux qui, depuis toujours, sentent sans savoir comment le dire.

Pour celles et ceux qui ont toujours vécu entre deux respirations du monde.
Pour celles et ceux qui n’ont jamais connu un seul voile.
Pour celles et ceux qui se sentent encore forts seuls dans leur façon d'être au milieu des voiles.
Je n’ai pas appris à naviguer entre les mondes.
Je n’ai jamais connu autre chose.

Et aujourd’hui, je ne cherche plus à traduire cette manière d’être.
Je ne cherche plus à la rendre acceptable, compréhensible, rassurante.

Je me tiens là où je me suis toujours tenue.
Entre les souffles. Entre les récits.
Entre ce qui meurt et ce qui n’a pas encore de nom.

Je n’annonce rien.Je ne préviens pas. Je ne persuade pas.
Je demeure. Je tiens la fréquence. Je tiens l'axe.

Et parfois, dans ce demeurer, quelque chose se reconnaît.

Une femme lit, et son corps se détend sans qu’elle sache pourquoi.
Une autre sent que ce qu’elle a toujours vécu n’était pas une erreur.
Une autre encore comprend qu’elle n’a jamais été “à côté”, seulement ailleurs que là où on lui demandait d’être.

Alors je continue à écrire depuis cet endroit.
Pas pour influencer une trajectoire, ce n'est pas mon rôle.
Pas pour guider, ce n'est pas ma posture.
Mais pour tenir la trame, le champs de vision ouverts.

Car le monde ne se transforme pas toujours par le bruit.
Il se transforme aussi par celles qui restent.

Celles qui perçoivent avant.
Celles qui sentent quand le tissu se relâche.
Celles qui vivent déjà dans l’après, alors que l’avant s’effrite encore.
Qui en parlent, sans peur.

Je ne suis pas en avance sur le monde.
Je suis là où il pulse depuis toujours.
Entre les voiles.

Corinne De Leenheer

Je suis en congés jusqu'à fin janvier. Je prends une pause bien méritée puis je déménage mi janvier. Pour vos demandes, ...
22/12/2025

Je suis en congés jusqu'à fin janvier.
Je prends une pause bien méritée puis je déménage mi janvier.
Pour vos demandes, merci de privilégier la communication par mail. Je vous lirai à mon retour.

Les commandes de livres se déroulent sur ma boutique en ligne, lien en commentaire.

Douces fêtes de fin d'année 🎄✨️🌹
Corinne

25/11/2025

Coup de gu**le ou peut-être un coup d'âme en cette journée dédiée aux violences faites contre les femmes.❤️‍🔥👇

🌊 Je me tenais face à l’océan, à Porto, et j’ai ressenti son énergie me raconter des histoires…et m'offrir sa bénédictio...
22/09/2025

🌊 Je me tenais face à l’océan, à Porto, et j’ai ressenti son énergie me raconter des histoires…et m'offrir sa bénédiction

Elles ne venaient pas comme un murmure lointain, mais comme un souffle immense, une respiration millénaire qui portait la mémoire de tout ce qui avait traversé ses flots.
Le vent, chargé d’embruns, me soufflait des récits que je n’avais jamais lus, pas de cette facon,mais que mon âme semblait reconnaître.

J’ai étudié l’histoire du Portugal puisque j’y ai vécu. Mais depuis que je laisse revenir le subtil, je m’autorise à naviguer entre les mondes. Alors, parfois, des éclats surgissent. Des flashs. Je re-vis des moments d’histoire comme si j’y étais. Le temps d’un instant, je ne suis plus dans ce voile-ci, mais dans l’autre.

Ce sont ces moments où l’on croit que je suis perdue dans mes pensées. Mon compagnon me le dit souvent. Mais en vérité, je ne suis pas ailleurs : je suis partout. Je traverse. Je recueille. Je navigue entre les époques par le biais de souvenirs qui viennent s'incarner en moi le temps d'un souffle. De ce côté du moins,car de l'autre côté... je vis des années de sensations, d'apprentissage.
Je garde ces expériences comme un trésor. Quelque chose de trop précieux pour être gaspillé. Mais parfois, je décide de les partager.
F***e ? Et pourquoi pas ! C'est merveilleux.

Ce jour-là, l’océan m’a montré les silhouettes frêles des caravelles portugaises, ces navires de bois et de voiles, lancés dans l’inconnu.
Le soleil brûlant, le vent, les vagues vertigineuses, les nuits calmes, le goût du sel. La faim. L'espoir.
Elles quittaient les rives de Porto et de Lisbonne avec la peur au ventre, mais le cœur brûlant de foi et de désir. Elles s’élançaient au-delà des limites imaginées, guidées par les étoiles, offertes au souffle des vents.

Ces hommes ne cherchaient pas à dominer l’océan : ils se livraient à lui, le reconnaissant comme un guide, un maître, un initiateur.
Ils savaient leur fragilité, et c’est cette humilité qui ouvrait les routes marines.
L’Atlantique devenait alors allié, révélant ses courants, ses îles secrètes, ses horizons infinis.
C'était la confiance absolue en la nature, les astres et une foi inébranlable. Même au cœur des plus grandes tempêtes.

Puis, dans ce même souffle, j’ai senti la mémoire plus lourde des trois sœurs : Olympic. Titanic. Britannic.
Trois géants d’acier, trois temples d’orgueil, trois illusions d’invincibilité.
Eux ne demandaient pas la permission de passer. Ils ne s’inclinaient pas devant la mer. Ils croyaient la contenir, la dompter, la traverser comme si elle n’était plus qu’un décor. Et l’océan, patient, les a repris.
Non pas par vengeance. Non pas par cruauté. Mais par rappel.
Rappel que la mer n’est pas un couloir, mais une divinité vivante.
Rappel que rien de ce que l’homme construit contre le Vivant ne demeure.

Alors j’ai compris. L’océan n’est ni ennemi, ni allié par essence. Il est miroir.
Il reflète l’intention de ceux qui s’y abandonnent.
— Aux navigateurs humbles et audacieux, il offre des routes vers l’inconnu, des étoiles à lire, des terres nouvelles.
— Aux bâtisseurs orgueilleux, il rappelle la loi de l’impermanence, et reprend ce qui n’a pas été offert avec respect.

Face à lui, je me suis sentie minuscule et infinie à la fois.
Minuscule comme un grain de sable balayé par la marée.
Infinie comme une étincelle d’âme capable d’entendre le chant secret des vagues.

Et il m’a soufflé encore :
« Je suis l’eau, mémoire du monde.
Je porte vos prières et vos excès.
Je peux vous ouvrir des routes insoupçonnées ou vous engloutir en une nuit.
Je ne punis pas, je révèle.
À toi de choisir si tu viens à moi en conquérante orgueilleuse ou en pèlerine. »

Alors, dans mon silence intérieur, je lui ai répondu :
Je viens à toi avec amour. Je viens à toi avec humilité. Je viens non comme une conquérante, mais comme une pèlerine. Non comme une maîtresse, mais comme une apprentie.

Et dans ce souffle, quelque chose en moi s’est apaisé. J’ai su que l’océan n’était pas là pour m’effrayer, mais pour m’enseigner.
Non pas me promettre l’insubmersible, mais m’apprendre à consentir à être portée.
Non pas m’offrir des certitudes, mais m’ouvrir à l’infini.

Et aussitôt, j’ai ressenti sa réponse.
Une vague d’acceptation m’a enveloppée.
Un amour vaste, sans condition, est venu me balayer de son immensité.
Comme si chaque mouvement d’eau retirait doucement ce qui n’œuvrait plus pour mon plus grand bien, comme si la mer me lavait des poids invisibles que je portais encore.
Il y a eu un apaisement profond. Puis, presque dans le même mouvement, une insufflation : l’océan déposait en moi une énergie nouvelle, une force tranquille, comme un souffle qui disait : « Repars légère, repars vivante. »

🌊 L’océan, face à Porto, m’a rappelé que sa loi est celle de la vie elle-même :
— Parfois douce, berçante, nourricière.
— Parfois déchaînée, imprévisible, brutale.
Toujours mouvante. Toujours changeante. Toujours vraie.

Il enseigne que rien ne dure figé, que tout est cycle, marée, recommencement.
Il enseigne que la puissance n’exclut pas la tendresse, et que la tendresse n’exclut pas la puissance.

Après avoir déposé mes petites morts à Notre Dame de la Bonne Mort, accepté de faire de ma vie un acte de bonté avec la reine au miracle des roses et avoir relié aux archétypes sacrés de diverses cultures telles que Innana, Marie-Madeleine, Anaïtha, Neith Nut et Astraea... voilà que l'océan m'offre un nouveau souffle.

Et moi, qui porte dans ma chair une connexion particulière à l’élément eau, je sais que cet enseignement me traverse depuis toujours.
L’eau m’a façonnée, m’a initiée, m’a parfois brisée pour mieux me redonner vie. Elle est le miroir dans lequel je me retrouve, encore et encore.

Je la sens dans mon corps comme une mémoire ancienne : dans mes larmes qui lavent et consacrent, dans mon sang qui a porté la douleur et la vie, dans mes rêves où je marche au bord des rivières invisibles. Elle m’habite comme une matrice secrète. L’eau me rappelle que je suis faite d’elle, que mon âme a toujours été une voyageuse de ses courants.

✨ L’océan ne m’apprend pas à vaincre : il m’apprend à vivre.
À respirer avec lui, à me souvenir que je suis faite des mêmes marées, des mêmes flux, des mêmes profondeurs.

Ce voyage était bien plus qu’une semaine de vacances loin de la routine, c'est la vie elle-même qui m'a permis d'être et d'accepter qui je suis dans toute mon infîme immensité.

Corinne De Leenheer

❤️‍🔥❤️‍🔥 ANNONCE IMPORTANTE ❤️‍🔥❤️‍🔥Murmures de mon âme – une naissance décalée à mi-octobreJe t’écris pour t’informer d...
20/09/2025

❤️‍🔥❤️‍🔥 ANNONCE IMPORTANTE ❤️‍🔥❤️‍🔥
Murmures de mon âme – une naissance décalée à mi-octobre

Je t’écris pour t’informer d’un petit ajustement dans la sortie de mon roman.
Murmures de mon âme devait paraître en cette fin septembre, mais les flux actuels chez BoD demandent un peu plus de patience. Je n'ai pas encore reçu l'exemplaire test d'impression.

👉 Le livre sortira finalement et approximativement à la mi-octobre.

Ce délai supplémentaire est très certainement porteur de sens :
l’automne est la saison du dépouillement et de la vérité nue.

C’est le moment parfait pour accueillir ce récit, écrit comme une traversée initiatique.

Tes précommandes, ton soutien et ta confiance sont pour moi un souffle.
Merci de tout cœur d’être là, de croire en ce livre et en sa vibration.

📖 Murmures de mon âme – L’Appel et l’Abîme
Nouvelle date de sortie :approximativement mi-octobre 2025

Je t’en reparlerai bientôt avec des extraits, des images et des invitations.
En attendant, je t’envoie toute ma gratitude et ma lumière.

PS: Afin d'ajuster ma commande de stock n'hésites pas à le commander [ lien dans les commentaires]

Avec amour, Corinne De Leenheer
Couverture par Eiwa Arts

Pendant des siècles, les femmes ont détenu des savoirs essentiels :celui des corps, des plantes, des cycles, des naissan...
07/09/2025

Pendant des siècles, les femmes ont détenu des savoirs essentiels :
celui des corps, des plantes, des cycles, des naissances, de la mort et des mystères de l’âme.

Elles étaient guérisseuses, sages-femmes, chamans, prêtresses.
Elles transmettaient par la parole, par le geste, par la mémoire vivante.

Et puis, on les a dépossédées.
Chassées des universités quand les sciences se sont institutionnalisées.
Écartées de la médecine quand elle s’est professionnalisée sous autorité masculine.
Réduites au silence quand l’Église a interdit leurs cultes, leurs rituels, leurs paroles.
Diabolisées, brûlées, ridiculisées — parce qu’un savoir qui échappe au contrôle est un danger.

Le patriarcat n’a pas seulement réduit les femmes au silence : il s’est emparé de leurs connaissances pour les retourner contre elles.
La médecine qui pathologise le corps féminin.
Les sciences qui effacent les découvertes des chercheuses.
Les religions qui effacent les déesses et les prophétesses.

Aujourd’hui, ce savoir refait surface.
Chaque fois qu’une femme écoute son intuition, elle reprend une souveraineté.
Chaque fois qu’une femme soigne avec des plantes, elle se relie à une mémoire ancienne.
Chaque fois qu’une femme écrit, prie ou guide, elle restaure une lignée interrompue.

Reprendre nos savoirs n’est pas un geste ésotérique.
C’est un acte politique.
C’est un acte sacré.
C’est affirmer que la connaissance ne doit plus être confisquée, mais incarnée.

Parce qu’un monde qui coupe les femmes de leurs savoirs est un monde amputé. Et un monde où elles se relèvent est un monde qui se guérit.

Et vous ? Quels savoirs portez-vous en vous — hérités, oubliés, ou retrouvés — que le monde a besoin d’entendre à nouveau ?

Corinne De Leenheer

Le maternité était sacralisée lorsqu'elle servait le patriarcat. Et on l’a salie, quelques fois diabolisée dès qu’elle é...
05/09/2025

Le maternité était sacralisée lorsqu'elle servait le patriarcat. Et on l’a salie, quelques fois diabolisée dès qu’elle échappait à ses règles.

La “mère respectable” était celle qui enfantait pour son mari, pour sa lignée, pour la société.
Elle était célébrée tant qu’elle restait docile, tant que ses enfants nourrissaient les guerres, les champs, les églises.

Mais la femme qui donnait la vie en dehors du cadre patriarcal était, elle, condamnée.
La mère célibataire rejetée.
La guérisseuse qui choisissait quand donner la vie brûlée.
La femme qui refusait d’enfanter traitée de sorcière, d’égoïste, d’“incomplète”.
Celle qui décidait seule de son corps jugée indigne, impure, dangereuse.

On a fait croire aux femmes que la maternité était sacrée uniquement quand elle servait l’ordre établi.
Et on a sali la maternité libre, la maternité choisie, la maternité créatrice de chemins nouveaux.

Aujourd’hui encore, ce poids reste là : trop de femmes se sentent coupables d’être mères “autrement” — trop jeunes, trop âgées, seules, indépendantes, ou même de ne pas être mères du tout.

Le féminin sacré vient fissurer cette logique.
Il dit que la maternité n’appartient pas à l’État, ni à l’Église, ni à la société.
Il dit que chaque femme est souveraine de son corps, de sa vie, de ses choix.
Il dit que la maternité est sacrée quand elle est libre, choisie, incarnée dans l’amour et non dans la contrainte.

Être mère n’est pas un devoir. Être mère, c’est un pouvoir.
Et c’est pour cela que la maternité libre dérange encore : parce qu’elle brise la plus vieille chaîne du patriarcat.

Et vous ? Comment vivez-vous la maternité — ou le choix de ne pas l’être — comme un acte de liberté ?

Corinne De Leenheer

❤️‍🔥Une femme douce qui refuse de céder est plus dangereuse qu’une armée.Je ne crois pas que crier plus fort que le patr...
03/09/2025

❤️‍🔥Une femme douce qui refuse de céder est plus dangereuse qu’une armée.

Je ne crois pas que crier plus fort que le patriarcat soit la solution.

Je ne crois pas que la violence répare la violence.

Et je ne crois pas que les féminismes radicaux, qui hurlent et clivent, fassent avancer les femmes.

Ils font parfois plus de mal que de bien, car ils nous enferment dans la même logique de confrontation qui nous a déjà broyées.

Il existe une autre voie.
Une voie que l’on a longtemps méprisée, car elle ne ressemble pas à une guerre.
Cette voie, c’est la douceur.

La douceur n’est pas la soumission.
C’est l’art de tenir debout sans se briser.
C’est le courage de rester ouverte là où d’autres se ferment.
C’est la puissance tranquille qui ne cherche pas à écraser mais à transformer.

Les sociétés patriarcales ont méprisé la douceur parce qu’elles savaient qu’elle était révolutionnaire.
Elles ont préféré glorifier la force brute, la conquête, l’agression.
Elles ont qualifié la douceur de faiblesse, de naïveté, d’“attitude féminine”… pour mieux la dévaloriser.

Mais la vérité est là : une femme douce qui refuse de céder est plus dangereuse qu’une armée.
Parce qu’elle ne joue pas le jeu de l’oppression.
Parce qu’elle incarne un autre modèle de pouvoir.
Parce qu’elle fissure les murs sans même frapper.

La poésie, la prière, la tendresse, le soin, l’écoute, l’amour ne sont pas des refuges. Ce sont des armes silencieuses. Elles déstabilisent tout système fondé sur la peur.

Être douce et puissante, c’est :

– Écrire un livre qui transforme la conscience de celles qui le lisent.

– Lire à voix haute une prière qui apaise et élève.

– Transmettre un rituel qui répare les lignées.

– Guider une femme à oser respirer sans demander la permission.

– Écouter profondément, jusqu’à ce que l’autre ose enfin dire sa vérité.

– Enseigner que le corps féminin n’est pas une faute, mais un sanctuaire.

– Créer un espace où d’autres peuvent briller, sans se sentir en danger.

La douceur est une révolution.
Et chaque femme qui ose rester douce tout en tenant sa place prouve que le patriarcat ne gagnera pas.

Et vous, quel acte de douceur choisirez-vous comme arme ?

Corinne De Leenheer

On nous a appris que septembre devait être un grand reboost. La fameuse " rentrée ".Rentrée dans l'enfermement....Comme ...
01/09/2025

On nous a appris que septembre devait être un grand reboost. La fameuse " rentrée ".
Rentrée dans l'enfermement....
Comme si la vie reprenait d’un coup.
Comme si nos corps devaient se remettre à courir parce qu’un calendrier l’a décidé.

Mais le vivant, lui, dit autre chose.
Regarde les arbres : ils se délestent.
Regarde la lumière : elle décroît doucement.
Regarde ton corps : il aspire à engranger, à remercier, à se reposer.

Septembre n’est pas un mois de démarrage.
C’est un mois de récoltes, d’équilibre, de gratitude.
Forcer nos âmes à l’élan quand tout en nous appelle au repli, c’est marcher à contre-courant du sacré.
Et c’est ainsi que naissent la fatigue, le décalage, la sensation de “ne pas être assez”.

Ce que l’on appelle “reboost” en septembre n’est pas naturel.
C’est une construction politique, scolaire, économique.
Un rythme imposé qui a domestiqué nos saisons intérieures.
Mais nous ne sommes pas obligées de jouer ce jeu.
Nous ne sommes pas obligées de céder à cette demande de pic d’énergie.

✨ Car la véritable souveraineté commence dans le fait de suivre son énergie intérieure.
Dans la capacité à dire non aux injonctions collectives.
Dans l’audace de ralentir quand le monde impose la course.
Dans le choix d’écouter le souffle de la Terre plutôt que le bruit du calendrier.

Nos cellules se souviennent.
Elles savent que l’élan véritable renaîtra avec la montée de la sève, avec le printemps, avec la germination.
Pas maintenant. Pas en septembre.

Alors, toi qui te sens fatiguée, toi qui te crois “en ret**d” ou “pas assez motivée”, sache-le : tu n’es pas en défaut.
Tu es en train de marcher avec le Vivant.
Et c’est peut-être ça, la vraie puissance : ne pas laisser les structures dicter ton rythme, mais laisser ton âme décider du tempo de ta danse.

✨ « Septembre n’est pas une injonction au sprint.
Tu as le droit de ralentir.
Tu as le droit de marcher à ton souffle.
La souveraineté commence là : dans le courage de suivre ton énergie intérieure. »

— Corinne De Leenheer

Se dire  “sorcière” dans ce monde, c'est un acte politiqueChaque fois qu’une femme sort du cadre, elle risque encore d’ê...
01/09/2025

Se dire “sorcière” dans ce monde, c'est un acte politique

Chaque fois qu’une femme sort du cadre, elle risque encore d’être traitée de sorcière.

Ne pas être obéissante.
Ne pas rester sage.
Ne pas se taire.
Ne pas cacher sa colère.
Ne pas excuser son désir.
Ne pas s’excuser d’être “trop”.

Pendant plus de 400 ans, l’Europe a traqué et brûlé ces femmes-là.
Pas parce qu’elles volaient sur des balais, mais parce qu’elles dérangeaient.
Elles savaient guérir avec les plantes.
Elles savaient accompagner les naissances et les morts.
Elles savaient vivre libres, hors des règles imposées.

Des centaines de milliers de femmes effacées pour une raison simple : elles ne rentraient pas dans le moule du patriarcat.

Aujourd’hui encore, le mot “sorcière” reste utilisé pour réduire au silence.
Une femme qui dérange l’ordre établi ? Sorcière.
Une femme qui exige trop ? Sorcière.
Une femme qui ne demande plus l’autorisation ? Sorcière.

C’est pour cela que ce mot est politique. Parce qu’il raconte l’histoire de toutes celles qu’on a voulu détruire pour avoir refusé d’obéir. Parce qu’il est encore une arme pour ridiculiser, faire peur, discréditer.

Mais reprendre ce mot, aujourd’hui, c’est un acte de souveraineté.
C’est se souvenir que brûler une femme libre n’a jamais éteint sa flamme.
C’est dire haut et fort que ce qui hier faisait peur est aujourd’hui notre force.
Car le feu qui les a consumées est aussi celui qui éclaire encore nos pas.

Si hier elles ont brûlé nos corps, aujourd’hui c’est à nous d’embraser le monde de nos voix. Prêtes à rallumer le feu ?

« Nos corps se souviennent de ce que l’Histoire a tenté d’effacer. »Nous portons dans nos ventres et nos os les mémoires...
30/08/2025

« Nos corps se souviennent de ce que l’Histoire a tenté d’effacer. »

Nous portons dans nos ventres et nos os les mémoires de nos lignées.
Les silences imposés à nos mères.
Les renoncements arrachés à nos grand-mères.
Les humiliations, les colères étouffées, les désirs brisés.

L’Histoire officielle n’en parle presque pas.
Mais le corps, lui, n’a rien oublié.
Il garde la trace de chaque blessure, de chaque interdiction, de chaque parole avalée de force. Il se souvient des bûchers, des serments de silence, des violences couvertes par le mot “devoir”.

C’est pourquoi tant de femmes, aujourd’hui, sentent encore cette fatigue profonde, cette gêne à prendre leur place, ce tremblement quand elles osent parler trop fort.
Ce n’est pas seulement “leur” peur. C’est la mémoire collective qui vit dans leurs cellules.

Et ce souvenir s’exprime aussi dans nos maux :
l’endométriose qui brûle les ventres,
les cycles irréguliers ou douloureux,
les syndromes comme le SOPK,
les anémies, les fausses couches, les douleurs chroniques.
Tous ces cris du corps qui disent : “Je porte plus que ma propre histoire.”

Et pourtant, pendant des décennies, la médecine a minimisé, nié, ret**dé la reconnaissance de ces souffrances.
Combien de femmes ont entendu : “C’est normal d’avoir mal”, “c’est dans votre tête”, “soyez moins stressée”.
Ces phrases, comme des héritages du patriarcat, prolongent le silence et la culpabilité.

Le féminin sacré, ce n’est pas une croyance ésotérique. C’est un chemin de réparation.
Chaque rituel, chaque prière, chaque reliance est un acte qui murmure au corps : “Tu peux à nouveau respirer. Tu peux à nouveau danser. Tu peux à nouveau enfanter ta vérité.”

Guérir nos lignées, ce n’est pas réécrire le passé. C’est transmuter dans nos corps les chaînes invisibles que d’autres ont voulu serrer autour de nous. Et c’est aussi préparer nos filles, nos petites-filles, à marcher plus libres.

Je crois profondément que chaque femme qui ose se reconnecter à son corps sacré agit non seulement pour elle, mais pour toutes celles qui l’ont précédée et pour toutes celles qui viendront.

C’est cela, la puissance du féminin sacré : une guérison qui traverse le temps.

Alors, osez écouter vos corps.
Osez dire non.
Osez consulter autrement.
Osez créer vos propres rituels de réparation.
Parce qu’un corps qui se libère devient un corps qui ouvre la voie.

Corinne De Leenheer

« Certaines disent que le féminin sacré est passé de mode, ou n’a été qu’un effet de mode. C’est faux. C’est même tout l...
28/08/2025

« Certaines disent que le féminin sacré est passé de mode, ou n’a été qu’un effet de mode. C’est faux. C’est même tout le contraire. »

S’il revient aujourd’hui, ce n’est pas parce que les femmes s’ennuient et cherchent une tendance spirituelle. C’est parce que des figures longtemps effacées remontent à la surface, comme des mémoires collectives qui refusent d’être oubliées.

– Les sorcières, sages-femmes, guérisseuses, libres dans leurs savoirs et leurs choix, brûlées pour avoir incarné l’indépendance.

– Les déesses, reléguées à l’ombre quand le patriarcat a imposé un dieu unique masculin, alors qu’elles portaient les archétypes de la création, de la souveraineté et de la puissance cyclique.

– Marie-Madeleine, réduite à une pécheresse par l’Église alors qu’elle était une apôtre, une enseignante, une voix spirituelle puissante.

– Inanna en Mésopotamie, déesse de l’amour et de la guerre, déchue lorsque les panthéons masculins ont pris le dessus.

– Isis en Égypte, symbole de la maternité et de la résurrection, progressivement occultée par des figures masculines.

– Coatlicue chez les Aztèques, mère créatrice et destructrice, transformée en figure monstrueuse pour effrayer.

– Les anciennes prêtresses africaines, garantes des savoirs spirituels et médicinaux, marginalisées et diabolisées avec la colonisation.

Leur retour aujourd’hui n’est pas une nostalgie. C’est une réparation. Et surtout, un besoin urgent de rééquilibrer une société mutilée d’une moitié d’elle-même : le féminin.

Le féminin sacré n’est pas une mode.
C’est une révolte radicale et ancestrale.
Chaque femme qui se relie à ces archétypes se reconnecte à une part d’elle-même qu’on avait voulu effacer.

Et c’est peut-être pour cela qu’il dérange : parce qu’il ouvre la porte d’un monde où l’histoire n’est plus écrite par une seule moitié de l’humanité.

Corinne De Leenheer

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