Mes grandes traversées

Mes grandes traversées Aventures, bivouacs et découvertes dans le monde. Donner un sens à chaque pas pour la bonne cause.

🏔️ OPÉRATION PYRÉNÉES — 37 JOURS. 883 KM. UNE CAUSE. 🎗️Il y a des chiffres qui paraissent presque irréels.883 km.De Hend...
01/09/2026

🏔️ OPÉRATION PYRÉNÉES — 37 JOURS. 883 KM. UNE CAUSE. 🎗️

Il y a des chiffres qui paraissent presque irréels.

883 km.
De Hendaye à Banyuls-sur-Mer.
D’un océan à une mer.

52 000 mètres de dénivelé positif.
L’équivalent de 6 fois l’ascension de l’Everest.

120 cols et sommets.

222 litres d’eau bu.

2 467 mètres d’altitude.
Le point culminant de cette aventure.

42°C au plus chaud.
27°C au plus frais.

322 heures et 28 minutes de marche.
Soit 13 jours, 10 heures et 28 minutes à avancer, presque sans interruption.

Et sur mes épaules… entre 18 et 21 kg.

Mais derrière ces chiffres, il y a surtout 37 jours de vie.

37 jours à me lever alors que mon corps me demandait de rester couché.

37 jours à avancer sous le soleil, sous la pluie, dans le brouillard, dans le vent et parfois au milieu des orages.

37 jours à souffrir.

À douter.

À rire.

À pleurer parfois.

À rencontrer des inconnus qui sont devenus des compagnons de route.

À découvrir des paysages capables de vous faire oublier, pendant quelques secondes, toute la fatigue accumulée.

Des sommets où je me suis senti minuscule.

Des vallées où j'ai cru ne jamais arriver.

Des nuits où dormir semblait impossible.

Des matins où remettre le sac sur mes épaules demandait déjà un effort.

Et pourtant… j'ai continué.

Parce que cette traversée n'était pas simplement une aventure personnelle.

Elle avait un sens.

🎗️ Derrière chaque kilomètre, il y avait une pensée pour ceux qui affrontent le cancer.

J'ai traversé les Pyrénées avec mes jambes.

Mais cette aventure, je ne l'ai jamais traversée seul.

Derrière chaque kilomètre, il y avait vos messages.

Vos encouragements.

Vos dons.

Vos sourires.

Vos histoires.

Toutes ces personnes qui, parfois sans même le savoir, m'ont donné la force de continuer lorsque mes jambes, elles, n'en voulaient plus.

Alors oui…

883 km ont été parcourus.

52 000 mètres ont été gravis.

37 jours sont derrière moi.

Mais le combat, lui, n'est pas terminé.

🎗️ La traversée s'arrête à Banyuls-sur-Mer.
L'engagement, lui, continue.

Parce qu'au fond, ce n'était pas une histoire de kilomètres.

Ce n'était pas une histoire de sommets.

Ce n'était même pas une histoire de performance.

C'était une histoire de sens.

Transformer mes pas en soutien.

Ma fatigue en message.

Mes kilomètres en espoir.

Et ma traversée en un petit morceau de cette immense lutte contre le cancer 🎗

Et tant qu'il restera un pas à faire…

il restera toujours une raison d'avancer.

Merci à toutes celles et ceux qui ont marché avec moi, de près ou de loin.

Opération Pyrénées est terminée.
Mais le combat continue. ❤️🎗️

Je serais ce week-end au Relais pour la Vie Libramont-Chevigny alors n'hésiter pas à venir marcher avec moi 💪🎗

🌅 Le dernier jour…Ce matin, le réveil a sonné à 6h.Pas pour marcher. Pas pour gravir un col. Pas pour avancer vers une n...
31/08/2026

🌅 Le dernier jour…

Ce matin, le réveil a sonné à 6h.
Pas pour marcher. Pas pour gravir un col. Pas pour avancer vers une nouvelle étape.

Aujourd’hui, je me suis simplement levé pour une dernière fois admirer le lever du soleil au-dessus de la Méditerranée. 🌊☀️

Demain, je rentre en Belgique.

C’est étrange de se dire que pendant plus d’un mois, chaque matin avait un objectif : avancer. Un pas après l’autre. Un kilomètre après l’autre. Jusqu’à cette Méditerranée.

Mais si l’aventure se termine, le combat, lui, continue.

Cette traversée, je ne l’ai pas faite uniquement pour atteindre la Méditerranée. Je l’ai faite pour porter un message, pour mettre mes pas au service d’une cause, et pour rappeler que face au cancer, chaque geste compte, chaque soutien compte, chaque espoir compte. 🎗️

Et même si mes chaussures vont bientôt retrouver leur place, la collecte, elle, continue.

👉 Il est toujours possible de soutenir l’aventure que j’ai réalisée et la lutte contre le cancer en faisant un don sur ma page projet.

https://events.relaispourlavie.be/fr-FR/project/mes-grandes-traversees-433e2f875

Il n’y a pas de petit don.
Chaque don compte. Chaque euro peut faire avancer le combat. ❤️

Merci à toutes celles et ceux qui m’ont accompagné pendant cette traversée, de près ou de loin.

Aujourd’hui, je profite simplement de ce dernier lever de soleil.

Demain, je rentre.

Mais le combat continue. 🎗️❤️

Merci.

Étape 37 — Le dernier pasIl est 5h30 lorsque mes yeux s’ouvrent.Pourtant, cette fois, quelque chose est différent.Il n’y...
26/08/2026

Étape 37 — Le dernier pas

Il est 5h30 lorsque mes yeux s’ouvrent.

Pourtant, cette fois, quelque chose est différent.

Il n’y a pas cette sensation habituelle du réveil. Pas cette petite mécanique bien huilée qui consiste à sortir du duvet, ranger mes affaires, remplir mes gourdes et commencer à marcher.

Ce matin, je sais.

C’est le dernier jour.

Dehors, la montagne est encore plongée dans la pénombre. L’air est frais, presque immobile. Le silence est immense. Après trente-six jours à entendre le vent, les torrents, les cloches des troupeaux, les orages et mes propres pas, ce silence me paraît presque étrange.

Je prends mon temps.

Je trouve un gros rocher, m’y installe et je regarde.

J’attends.

J’attends que le soleil apparaisse haut dessus de la méditerranée. J’attends que la lumière vienne doucement réveiller les montagnes. J’attends quelques minutes de plus, comme si le simple fait de rester assis pouvait ralentir le temps.

Les premières lueurs apparaissent.

D’abord timides.

Puis dorées.

Les crêtes se dessinent peu à peu, les vallées sortent de l’ombre et les montagnes prennent ces teintes chaudes que je connais maintenant si bien.

Mais aujourd’hui, je ne les regarde pas comme les autres matins.

Aujourd’hui, je les regarde une dernière fois.

Et puis je lève les yeux.

Je suis sur le dernier col.

Et devant moi…

il y a la Méditerranée.

Elle est là.

Immense.

Bleue.

Presque irréelle.

Après trente-six jours à avancer vers elle, elle occupe enfin tout l'horizon.

Je la regarde quelques minutes sans vraiment savoir quoi penser.

Pendant trente-six jours, j’ai marché vers cette mer.

Trente-six jours à monter.

À descendre.

À transpirer.

À avoir mal.

À douter.

À rire.

À rencontrer.

À découvrir.

Trente-six jours durant lesquels les Pyrénées ont été ma maison.

Et maintenant, elles s’arrêtent devant cette mer.

Je devrais être simplement heureux.

Et je le suis.

Je suis heureux parce que j’y suis presque.

Heureux parce que dans quelques heures, je serai à Banyuls-sur-Mer.

Heureux parce que je vais enfin pouvoir enlever ce sac de mes épaules.

Heureux parce que je vais retrouver les miens.

Les visages que j’ai imaginés pendant tant de journées.

Les bras dans lesquels j’ai envie de me blottir.

Les voix qui m’ont manqué.

Mais au milieu de tout ça, il y a quelque chose que je n’avais pas prévu.

Une immense tristesse.

Parce que je sais qu’en descendant cette montagne, quelque chose va se terminer.

Ces montagnes qui m’ont accueilli pendant trente-six jours vont bientôt être derrière moi.

Elles ont été mon réveil.

Mon refuge.

Mon terrain de jeu.

Mon adversaire parfois.

Mais surtout… mes compagnes de route.

Elles m’ont vu fatigué.

Elles m’ont vu douter.

Elles m’ont vu tomber.

Elles m’ont vu me relever.

Elles ont entendu mes silences.

Elles ont accompagné mes moments de solitude.

Elles ont vu mes joies et mes colères.

Elles ont reçu mes larmes que personne d’autre n’a vues.

Et aujourd’hui, elles me regardent partir.

Alors je reste encore là.

Je regarde la mer.

Puis je regarde derrière moi.

Et pour la première fois, je réalise réellement ce que je viens de faire.

850 kilomètres.

Des centaines d’heures de marche.

Des milliers de mètres de dénivelé.

Des milliers et des milliers de pas.

Et pourtant, lorsque je regarde cette montagne derrière moi, je ne vois pas une distance.

Je vois une histoire.

Je vois chaque matin où il a fallu trouver la force de sortir de ma tente.

Je vois les montées où mes jambes brûlaient.

Les descentes où mes pieds suppliaient d’arrêter.

Je vois la chaleur.

La pluie.

Les nuits d’orage.

Le vent qui faisait trembler ma tente.

Les moments où le brouillard m’empêchait de voir à dix mètres.

Je vois les nuits passées dans des refuges, des cabanes, sous ma tente.

Je vois les baignades improvisées dans les torrents.

Je vois les sommets qui m’ont coupé le souffle.

Je vois les rencontres.

Les rires.

Les repas partagés.

Les personnes qui n’étaient que des inconnus quelques heures auparavant et qui sont devenues des compagnons de route.

Et puis je pense à tous ceux qui étaient loin derrière ces montagnes.

À tous ces messages reçus.

À toutes ces personnes qui ont marché avec moi sans jamais poser un pied sur ce sentier.

Et surtout… je pense à ceux pour qui je suis parti.

À ceux qui livrent un combat qu’ils n’ont pas choisi.

À ceux qui affrontent le cancer.

À leurs familles.

À leurs proches.

À ceux qui se lèvent chaque matin avec une montagne devant eux, sans savoir combien de temps il faudra pour atteindre le sommet.

Parce que moi… ma montagne, je l’ai choisie.

J’ai choisi de mettre ce sac sur mon dos.

J’ai choisi de marcher.

J’ai choisi la difficulté.

J’ai choisi la fatigue.

J’ai choisi de repousser mes limites.

Mais eux… ils n’ont pas choisi leur montagne.

Et pourtant, chaque jour, ils se lèvent.

Ils avancent.

Parfois d’un grand pas.

Parfois d’un tout petit.

Parfois simplement en trouvant la force de faire un pas de plus.

Mais ils avancent.

Et c’est peut-être la plus grande leçon que ces Pyrénées m’auront donnée.

En montagne, on monte.

Puis on descend.

On gagne de l’altitude.

Puis on en perd.

Parfois, on arrive au fond d’une vallée et le sommet semble encore plus loin qu’avant.

On peut avoir l’impression de reculer.

Mais il y a une chose que j’ai comprise ici :

quand on est tout en bas, la seule direction possible est celle du sommet.

Et lorsque l’on arrive enfin en haut… on se retourne.

On regarde le chemin parcouru.

Et on comprend que chaque pas avait son importance.

Alors, si je devais laisser un seul message derrière ces 850 kilomètres, ce serait celui-ci :

Ne regardez pas la montagne entière.

Elle est trop grande.

Trop impressionnante.

Trop difficile à imaginer.

Regardez simplement le prochain pas.

Puis faites-le.

Et demain… faites-en un autre.

Parce qu’un pas ne semble être rien.

Mais des milliers de pas peuvent traverser les Pyrénées.

Et peut-être que des milliers de petits gestes peuvent, eux aussi, faire avancer la lutte contre le cancer.

C’est pour ça que j’ai marché.

Pas pour devenir un héros.

Je ne suis pas un héros.

Je suis simplement un homme.

Un homme qui a voulu donner du sens aux pas qu’il pose.

Un homme qui a voulu transformer sa fatigue en message.

Ses kilomètres en soutien.

Sa traversée en espoir.

Et si, pendant ces trente-six jours, j’ai réussi à faire réfléchir ne serait-ce qu’une personne…

À faire sourire quelqu’un…

À donner du courage à quelqu’un qui se bat…

À rappeler à quelqu’un qu’il n’est pas seul…

Alors tous ces kilomètres avaient une raison d’être.

Je regarde encore la Méditerranée.

Elle est là.

Si proche maintenant.

Et pourtant, pour la première fois depuis trente-six jours… je n’ai pas envie d’avancer.

J’ai envie de rester ici.

Encore un peu.

Parce que je sais qu’en descendant ce col, quelque chose va se terminer.

Les Pyrénées ne seront plus devant moi.

Elles seront derrière moi.

À Banyuls, je poserai mon sac.

Je retrouverai les miens.

Je serai heureux.

Terriblement heureux.

Mais je sais déjà qu’une partie de moi restera ici.

Quelque part entre ces sommets.

Dans une vallée.

Sur un sentier.

Au bord d’un col.

Dans le silence d’une cabane.

Dans le bruit d’un torrent.

Dans chaque lever de soleil observé avec mon sac sur le dos.

Dans cette montagne qui m’aura accompagné pendant trente-six jours.

Alors je prends une dernière inspiration.

L’air frais entre dans mes poumons.

Je regarde une dernière fois cette immensité.

Derrière moi, les Pyrénées.

Devant moi, la Méditerranée.

Entre les deux…

moi.

Et quelques pas.

Je me retourne une dernière fois vers ces géants de pierre.

Et cette fois, je ne cherche pas le prochain sommet.

Je leur dis simplement merci.

Merci pour chaque montée.

Chaque vallée.

Chaque douleur.

Chaque doute.

Chaque sourire.

Chaque rencontre.

Chaque leçon.

Puis je remets mon sac sur mes épaules.

Je prends mes bâtons.

Et je commence à descendre.

Je descends vers la fin.

Et peut-être que c’est ça qui me bouleverse le plus.

Après trente-six jours à rêver de cette arrivée…

je découvre que le plus difficile n’est pas toujours d’atteindre le sommet.

Parfois, c’est de savoir qu’il faut le quitter.

Merci les Pyrénées. ❤️

Merci pour ces trente-six jours.

Merci d’avoir été mon refuge, mon adversaire et ma compagne de route.

Merci de m’avoir fait souffrir.

Merci de m’avoir émerveillé.

Merci de m’avoir appris à écouter mon corps, à respecter la montagne et surtout à ne jamais sous-estimer la force d’un simple pas.

La Méditerranée sera la fin de mon chemin.

Mais j’espère que le sens de ces pas continuera bien au-delà.

Pour tous ceux qui se battent contre le cancer.

Pour tous ceux qui les accompagnent.

Pour tous ceux qui espèrent.

Pour tous ceux qui, aujourd’hui, regardent leur propre montagne en se demandant comment ils vont réussir à la franchir.

Un dernier pas.

Puis un autre.

Et encore un autre.

Toujours. ❤️

🏔️ OPÉRATION PYRÉNÉES — ÉTAPE 36La dernière nuit… entre la montagne et la mer6h50.J'ouvre les yeux.Aujourd'hui, quelque ...
25/08/2026

🏔️ OPÉRATION PYRÉNÉES — ÉTAPE 36

La dernière nuit… entre la montagne et la mer

6h50.

J'ouvre les yeux.

Aujourd'hui, quelque chose est différent.

C'est mon avant-dernier jour.

Après 35 jours à marcher, à grimper, à descendre, à douter parfois, à rire souvent et à me demander chaque soir ce que la montagne allait encore m'offrir le lendemain… Il ne reste presque plus rien.

Alors je veux profiter de chaque seconde.

Je prends rapidement mon petit déjeuner, replie mes affaires et boucle mon sac.

Direction Brouilla.

Les premiers kilomètres ne sont pas les plus spectaculaires.

Mais ils sont nécessaires.

Parce qu'aujourd'hui, j'ai encore un dernier rêve à réaliser.

Dormir une dernière fois sous les étoiles.

Et pas n'importe où.

Je veux trouver un endroit suffisamment haut pour poser ma tente, avec une vue sur la Méditerranée.

Une dernière nuit face à la mer avant de la rejoindre.

Après Brouilla, je poursuis vers Laroque-des-Albères.

Ce sera le dernier village que je traverserai avant l'arrivée.

Je prends le temps de manger et surtout de faire le plein d'eau.

Parce qu'après, plus de ravitaillement.

38°C.

30 kilomètres encore à parcourir.

Et surtout… 1 500 mètres de dénivelé positif.

Alors je remplis tout.

Les gourdes.

Les réserves.

Chaque goutte compte.

À 12h20, je commence l'ascension.

Et là… Les Pyrénées me rappellent une dernière fois qui commande.

Le sentier est raide.

Sec.

Poussiéreux.

Les pierres roulent sous les chaussures et la chaleur semble remonter directement du sol.

Par endroits, les marches naturelles atteignent presque 40 centimètres.

Chaque pas devient un petit combat.

Les jambes brûlent.

Le dos tire.

Les épaules protestent sous les presque 20 kilos du sac.

Mais je continue.

Pas après pas.

Lentement.

Régulièrement.

Sans regarder trop loin.

Juste le prochain caillou.

La prochaine marche.

Le prochain virage.

Et puis, vers 16h, j'arrive enfin au sommet.

Je lève la tête.

Et là…

Je reste sans voix.

Devant moi, les montagnes.

Derrière elles, des kilomètres de reliefs parcourus depuis plus d'un mois.

Mais au loin… Une ligne.

Parfaitement droite.

Parfaitement horizontale.

Une ligne que je n'avais encore jamais vue depuis le début de cette aventure.

La mer.

La Méditerranée.

Elle est là.

Enfin.

Après avoir passé des semaines à regarder des sommets, des vallées et des crêtes, mon regard rencontre enfin cet horizon immense qui semble ne jamais finir.

Je souris.

Peut-être même que je réalise seulement maintenant que c'est réel.

Je vais vraiment y arriver.

Mais je n'ai pas le temps de rester longtemps dans ce moment.

Je consulte ma balise.

Et le sourire disparaît.

Orages violents annoncés.

Je vérifie.

Je consulte Météo-France.

Confirmation.

L'orage arrive.

Et je suis exactement là où je ne voudrais pas être dans cette situation : sur une crête.

La montagne est magnifique.

Mais elle ne pardonne pas les erreurs.

Alors je repars.

Une première cabane.

Fermée.

Je continue.

La crête est pourtant incroyable.

D'un côté, les montagnes.

De l'autre, la Méditerranée.

Le soleil éclaire encore les reliefs et, au loin, la mer semble presque immobile.

J'aimerais m'arrêter.

Prendre une photo.

Profiter.

Mais aujourd'hui, la sécurité passe avant tout.

Je poursuis jusqu'au refuge non gardé de Tommy, construit par son propriétaire en mémoire de son chien disparu.

Un endroit minuscule.

Simple.

Mais précieux dans une montagne qui commence à gronder.

Je m'assieds.

Je réfléchis.

Est-ce que je dors ici ?

Je serais au sec.

À l'abri.

La décision semble logique.

Puis, une vingtaine de minutes plus t**d, un autre randonneur arrive.

Il me demande si je compte dormir ici.

Je lui réponds oui.

Il m'annonce alors qu'il n'a pas de tente.

Je réfléchis quelques secondes.

La montagne est magnifique.

Mais la sécurité n'est pas négociable.

Je lui laisse le refuge.

Je préfère dormir sous ma tente que laisser quelqu'un passer une nuit entière sans solution alors que les orages arrivent.

Mais je lui explique aussi quelque chose qui me semble essentiel :

on ne part pas en montagne en comptant sur la chance.

Un refuge peut être fermé.

Un itinéraire peut changer.

La météo peut basculer.

Et la montagne, elle, ne vous donnera pas forcément une seconde chance.

Il faut du matériel.

Il faut anticiper.

Il faut savoir renoncer.

Et surtout…

il faut respecter la montagne.

Alors je reprends mon sac.

Et je descends.

Vite.

Très vite.

Les presque 20 kilos sur mon dos transforment chaque pas en supplice.

Mes jambes n'en veulent plus.

Mon pied proteste.

Mais je dois trouver un endroit.

Maintenant.

Quelques kilomètres plus loin, je trouve finalement une petite zone.

Pas parfaite.

Pas vraiment idéale pour un orage, car je suis encore assez exposé et en ligne de crête.

Mais je n'ai plus le choix.

Je pose le sac.

Je déploie la tente.

Je jette mes affaires à l'intérieur.

Je gonfle mon matelas.

Et je me place dessus.

Au centre de la tente.

Accroupie sur la pointe des pieds.

C'est la position qui me permet de limiter au maximum les risques.

Puis… j'attends.

Le premier éclair déchire le ciel.

Puis un autre.

Le tonnerre arrive quelques secondes plus t**d.

Le vent se lève.

La pluie frappe la toile.

La tente tremble.

Puis soudain…

45 minutes de violence.

Le ciel semble exploser autour de moi.

Chaque coup de tonnerre résonne dans la montagne.

Le vent fait plier la toile.

Mais elle tient.

Encore.

Toujours.

Et finalement…

Le silence revient.

L'orage semble être passé.

Je suis épuisé.

34 kilomètres aujourd'hui.

Mon corps n'a plus rien à donner.

Je n'ai même pas la force de manger.

Ce soir, ce sera directement le duvet.

Mais dormir ?

Ce sera une autre histoire.

Pendant des heures, le vent continue de jouer avec ma tente.

Des bourrasques atteignent près de 60 km/h.

La toile se plie.

Se tend.

Claque.

Je reste allongé, immobile, à écouter cette montagne qui ne veut décidément pas me laisser partir facilement.

Et quelque part, ça me fait sourire.

Parce qu'après 36 jours… elle me ressemble presque.

Elle me pousse.

Elle me teste.

Elle m'oblige à m'adapter.

Mais elle ne m'a jamais empêché d'avancer.

Vers 2h du matin, enfin…

Le vent se calme.

Le silence revient.

Je ferme les yeux.

Et pour la première fois depuis longtemps, je ne pense plus au prochain col.

Je ne pense plus au prochain kilomètre.

Je ne pense plus à la météo.

Je pense simplement à demain.

Demain, il restera quelques kilomètres.

Quelques pas.

Quelques heures.

Et au bout… la Méditerranée.

Après 36 jours de montagnes, elle est désormais juste là.

Quelque part derrière moi, il y a l'Atlantique.

Entre les deux, il y a eu des centaines de kilomètres.

Des milliers de mètres de dénivelé.

Des douleurs.

Des chutes.

Des orages.

Des nuits difficiles.

Des rencontres magnifiques.

Des moments de doute.

Et des paysages que je garderai toute ma vie.

Mais demain… je tournerai la dernière page.

Je vais dormir.

Parce que demain matin… je vais terminer cette traversée 🌊🥰

🏔️ OPÉRATION PYRÉNÉES — ÉTAPE 35Il est 6h20 lorsque je me réveille.Tout le camping dort encore.Pas un bruit. Pas une voi...
24/08/2026

🏔️ OPÉRATION PYRÉNÉES — ÉTAPE 35

Il est 6h20 lorsque je me réveille.

Tout le camping dort encore.

Pas un bruit. Pas une voix. Seulement cette sensation particulière qui accompagne les premières minutes du jour, lorsque le monde semble encore hésiter entre la nuit et le matin.

Comme hier, je quitte ma tente et vais m'asseoir sur un banc.

Pendant près de 40 minutes, je profite.

De la fraîcheur.

Du silence.

Et de ce spectacle que la montagne m'offre presque chaque matin depuis 35 jours.

Le soleil apparaît doucement derrière les reliefs. Les premières lumières colorent le ciel de teintes dorées, parfois orangées. Les montagnes, encore plongées dans l'ombre, se dévoilent peu à peu.

Je reste là, sans rien faire.

Juste regarder.

Parce que je sais que ces moments-là sont comptés.

Puis il est temps de retourner vers la tente.

Je sais que le réveil d'Amaury ne va pas t**der à sonner.

Quelques minutes plus t**d, nous voilà tous les deux debout.

Nous replions nos affaires, remplissons nos gourdes, bouclons nos sacs.

Et aujourd'hui… nos chemins vont temporairement se séparer.

Pas parce que l'aventure est terminée.

Au contraire.

Il me reste une dernière envie.

Un dernier rêve.

Un dernier moment que je veux vivre avant de refermer ce chapitre.

Dormir une dernière fois en altitude, sur un col, avec la Méditerranée dans le paysage.

Après plus d'un mois passé à traverser les montagnes, je veux offrir à cette aventure une dernière nuit à leur sommet.

Amaury, lui, va rejoindre directement Banyuls-sur-Mer.

Il aura une mission importante : préparer mon arrivée, s'occuper du logement, récupérer les vêtements de rechange et les colis qui m'attendent…

Et surtout, être là mardi.

Pour m'attendre au bout du chemin.

Pour assister à cette arrivée que j'imagine depuis si longtemps.

Nous décidons donc de marcher ensemble jusqu'à Thuir.

Et rapidement, quelque chose me frappe.

Le paysage n'est plus celui que nous connaissions.

Les grandes montagnes sauvages commencent à laisser place aux paysages méditerranéens.

Nous traversons Corbère-les-Cabanes.

Un petit café.

Quelques minutes pour souffler.

Et autour de nous, tout respire déjà le Sud.

Les toitures aux teintes orangées.

Les villages aux pierres chaudes.

Le parfum des végétaux chauffés par le soleil.

Et surtout… ce vent chaud qui semble venir directement de la mer.

Les grandes forêts disparaissent peu à peu.

À leur place, les vignes et les vergers s'étendent à perte de vue.

Des kilomètres de rangées parfaitement alignées.

Du raisin, des nectarines, des kiwis…

La montagne m'a accompagné pendant plus d'un mois.

Mais aujourd'hui, elle commence à changer de visage.

La Méditerranée est proche.

Très proche.

Et je crois que mon corps le sait avant même que mes yeux puissent la voir.

À Thuir, nous mangeons ensemble une dernière fois.

Puis arrive le moment.

Nous nous séparons.

Amaury prend la direction de Perpignan.

Moi, je poursuis vers Villemolaque.

Deux directions différentes.

Deux chemins différents.

Mais une même destination finale.

Amaury me regarde partir.

Et pendant quelques secondes, je ressens ce drôle de mélange.

De la joie.

De l'excitation.

Un peu de nostalgie aussi.

Ces cinq jours ensemble sont passés à une vitesse f***e.

Mais maintenant, il faut continuer.

La chaleur est écrasante cet après-midi.

Le soleil tape directement sur les épaules.

L'air semble immobile.

Chaque pas fait chauffer un peu plus les chaussures.

Mais aujourd'hui, quelque chose est différent.

Je la sens.

La Méditerranée.

Je ne la vois pas encore.

Mais elle est là.

Quelque part derrière ces dernières collines.

Alors je marche.

Encore.

Toujours.

Avec cette sensation étrange d'être à quelques pages seulement de la fin d'une histoire qui en compte déjà des centaines.

J'arrive finalement à mon hébergement.

Ce soir, je m'offre un dernier peu de confort.

Une do**he.

Un bon moment pour laisser le corps récupérer.

Une salade rapidement avalée.

Et puis le silence revient.

Je m'allonge.

Et en fermant les yeux, je réalise quelque chose.

Tout a désormais une saveur de dernier.

Dernière nuit de confort avant le dernier col.

Dernier réveil dans les terres.

Dernière montée.

Dernière nuit en montagne.

Derniers pas avant de voir la mer.

Pendant 35 jours, les Pyrénées m'ont accompagné.

Elles m'ont fait transpirer.

Elles m'ont épuisé.

Elles m'ont parfois fait douter.

Elles m'ont offert des paysages que je n'oublierai jamais.

Des orages.

Des sommets.

Des vallées.

Des rencontres.

Des nuits glaciales.

Des nuits sous la pluie.

Des levers de soleil.

Des moments de solitude.

Des éclats de rire.

Et des moments où, seul face à l'immensité, j'ai compris à quel point nous étions petits.

Demain…

je retournerai une dernière fois là-haut.

Je monterai sur ce dernier col.

Et quelque part derrière les montagnes…

la Méditerranée m'attendra.

Alors ce soir, je ferme les yeux.

Demain sera différent.

Demain, je ne marcherai plus seulement vers un objectif.

Je marcherai vers la fin d'une aventure qui aura changé quelque chose en moi.

Bonne nuit.

Demain… on monte une dernière fois. 🏔️❤️

🏔️ OPÉRATION PYRÉNÉES — ÉTAPE 34Entre les eaux tranquilles et les montagnes brûléesIl est 6h30 lorsque mes yeux s'ouvren...
23/08/2026

🏔️ OPÉRATION PYRÉNÉES — ÉTAPE 34

Entre les eaux tranquilles et les montagnes brûlées

Il est 6h30 lorsque mes yeux s'ouvrent.

Le camping dort encore.

Autour de moi, tout est silencieux. Amaury dort paisiblement dans sa tente, tandis que moi, je m'installe quelques instants sur un vieux rondin de bois.

Je regarde les montagnes.

Au loin, elles semblent se réveiller doucement sous les premières lumières du matin. Les reliefs se dessinent peu à peu, les ombres quittent les vallées et le ciel devient progressivement d'un bleu profond.

Pas un nuage.

Je le sais déjà…

Aujourd'hui, il va faire chaud. Très chaud.

À 7h, Amaury émerge à son tour et nous commençons à ranger notre petit campement.

Aujourd'hui, 25 kilomètres nous attendent pour rejoindre le camping d'Ille-sur-Têt.

À 8h, nous prenons la route.

Les premiers kilomètres sont agréables. Nous suivons un petit sentier qui longe un canal.

Dans cette partie des Pyrénées, les canaux sont nombreux. Ils permettent de capter et de conduire l'eau des sources vers les prairies et les cultures. Une véritable toile d'eau qui traverse les paysages et permet à la vie de s'installer malgré la chaleur.

L'eau coule doucement à nos côtés.

Après des semaines passées à chercher des torrents, des sources et des rivières pour nous rafraîchir, ce petit filet d'eau devient presque un compagnon de route.

Nous atteignons rapidement Prades.

Pause café.

Quelques minutes assis, quelques gorgées brûlantes qui réveillent le corps et nous voilà repartis.

Le paysage change encore.

Nous quittons progressivement les montagnes pour avancer vers des reliefs plus ouverts. La route nous conduit finalement vers le lac de Vinça.

Et là…

Quelle différence.

Après les cols, les pierriers et les crêtes, nous découvrons une immense étendue d'eau posée au milieu des montagnes.

Ici, tout respire les vacances.

Pédalos, jeux gonflables, baignades, terrasses…

Les gens profitent du soleil.

Nous aussi, pour quelques instants.

Nous nous installons pour boire un verre, profiter de l'ombre et surtout réfléchir à la suite.

Car dans quelques jours, nous devrons être à Banyuls-sur-Mer.

Le grand jour approche.

Nous cherchons donc notre logement pour l'arrivée du 25 août.

Nous cherchons, nous comparons, nous réfléchissons…

Et tellement longtemps que finalement…

on oublie de manger. 😂

Tant p*s.

Il nous reste une dizaine de kilomètres.

On mangera plus t**d.

Nous reprenons la route.

Et puis soudain…

BIP ! BIP !

Une voiture nous klaxonne plusieurs fois.

Nous nous retournons.

Et là…

Alexia et Marc !

Impossible de retenir le sourire.

Après avoir partagé plusieurs journées de marche, des repas, des orages, des kilomètres et tellement de discussions, les retrouver ici, complètement par hasard, fait quelque chose.

Ils vont en famille et passent simplement dans le coin.

On s'arrête.

On discute.

On rigole.

Quelques minutes seulement…

Mais parfois, quelques minutes suffisent pour vous redonner de l'énergie.

Je leur promets une chose : je leur enverrai la photo de l'arrivée.

Puis chacun reprend sa route.

Nous aussi.

Et quelques kilomètres plus loin, le décor change brutalement.

Nous entrons dans une immense zone ravagée par les incendies de juillet.

Le contraste est saisissant.

Quelques heures auparavant, nous étions au bord d'un lac entourés de vie, de touristes, de couleurs et de mouvements.

Ici…

le silence.

Des montagnes entières sont noires.

Les arbres sont carbonisés.

Le sol est brun, gris, couvert de cendres.

Certaines maisons n'ont pas échappé aux flammes.

On avance dans ce paysage presque lunaire avec une sensation étrange.

Difficile de ne pas imaginer ce qu'était cet endroit avant le passage du feu.

Des forêts.

Des animaux.

Des odeurs de résine.

Des oiseaux.

De la vie.

Et maintenant, presque rien.

Pourtant…

En regardant attentivement, quelque chose attire mon regard.

Au milieu du noir, quelques petites pousses apparaissent.

Des plantes sortent timidement du sol.

Quelques buissons recommencent à prendre possession de l'espace.

La nature n'abandonne pas.

Elle ne fait pas de bruit.

Elle ne cherche pas à impressionner.

Elle recommence.

Doucement.

Centimètre après centimètre.

Et finalement, en regardant ces petites touches de vert au milieu du paysage brûlé, je ne peux m'empêcher de faire le parallèle avec cette aventure.

Parce que parfois, tout semble détruit.

Parfois le corps souffre.

Parfois le chemin devient difficile.

Parfois il faut changer d'itinéraire.

Mais tant qu'il reste une petite étincelle…

il reste quelque chose à construire.

Nous continuons.

La chaleur devient écrasante.

Le sac semble plus lourd.

Les kilomètres commencent à peser.

Mais l'arrivée au camping approche.

Et finalement, nous y voilà.

Nous posons les sacs.

Les chaussures sont retirées.

La do**he devient une priorité absolue. 😅

Puis vient enfin le repas.

Parce qu'après avoir traversé la moitié de la journée avec le ventre vide, il était temps !

Ce soir, pas besoin de discuter longtemps.

Nous rejoignons chacun notre duvet.

Le corps est fatigué.

Mais dans ma tête, une autre sensation prend doucement le dessus.

Nous approchons.

Après 34 jours de marche, après les Pyrénées Atlantiques, les Hautes-Pyrénées, l'Ariège et maintenant les Pyrénées-Orientales…

La Méditerranée n'est plus seulement une idée.

Elle est quelque part devant moi.

Et chaque pas qui reste m'en rapproche.

Demain, une nouvelle page.

Encore quelques kilomètres.

Encore quelques montagnes.

Encore quelques douleurs.

Encore quelques émotions.

Et surtout…

toujours cette ligne bleue au bout du chemin. 🌊🏔️❤️

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Forrières
6953

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