08/04/2026
Quoi de plus vrai ?
Mes chers archers,
La mémoire de l’archerie ne repose point dans les parchemins seuls, ni dans les trophées accrochés aux murs des salles. Elle vit en vous. Dans vos gestes répétés, dans vos silences au pas de tir, dans ce respect que vous portez à l’arc comme à ceux qui l’ont tenu avant vous.
Chaque flèche tirée est un écho. Un écho des anciens qui, avant vous, ont marché dans les allées, tendu la corde, retenu leur souffle. Vous croyez parfois tirer pour atteindre le noir… mais en vérité, vous tirez aussi pour ne pas rompre le fil.
Car ce fil est fragile.
Il ne se brise pas par le manque de force, mais par l’oubli.
Oublier pourquoi l’on salue.
Oublier pourquoi l’on attend son tour.
Oublier pourquoi l’on tire ensemble plutôt que seul.
La mémoire de l’archerie, ce n’est pas une nostalgie. C’est une responsabilité.
Elle vous oblige à transmettre sans déformer. À accueillir sans abaisser. À corriger sans humilier. Si vous ne faites que répéter des gestes sans en comprendre le sens, alors vous devenez des tireurs… mais vous cessez d’être des archers.
Souvenez-vous : un arc n’est qu’un outil.
Ce qui fait l’archer, c’est la mémoire qu’il porte et qu’il accepte de donner.
Alors je vous le dis sans détour : si vous venez seulement chercher la performance, vous passerez à côté de l’essentiel.
Mais si vous acceptez de vous inscrire dans cette chaîne invisible, alors chaque tir aura du poids… même les plus imparfaits.
Gardez vivante cette mémoire.
Non pas en la récitant… mais en la faisant vivre, humblement, à chaque flèche.
— Dame Aline